Approche holistique du cancer Partie 3 : Calmer l’inflammation et le stress oxydatif

Approche holistique du cancer Partie 3 : Calmer l’inflammation et le stress oxydatif

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Approche holistique du cancer

Partie 1 : Diète anti-cancer, jeûne et détoxification

Partie 2 : Soutenir son microbiote et renforcer son immunité  

> Partie 3 : Calmer son inflammation et son stress oxydatif

Partie 4 : Eviter la propagation du cancer et équilibrer ces hormones

Partie 5 : Gérer son stress et transformer ces émotions négatives en forces positives

Partie 6. Recommandations pratiques et exemple de prise en charge 

L’inflammation et le stress oxydatif sont deux mécanismes important dans la survenue d’un cancer. Une inflammation chronique stimule la production de radicaux libres hautement oxydants. Si nos défenses anti-oxydantes ne peuvent contrôler ces radicaux libres, notre organisme souffre de ce que l’on appelle le stress oxydatif qui peut causer des dommages à notre ADN et à nos mitochondries, et ainsi favoriser la survenue d’un cancer. L’alimentation est fortement concernée. En effet une alimentation dénaturée riche en sucres et en graisses inflammatoires associée à des apports insuffisants de végétaux favorise inflammation et stress oxydatif. À part l’alimentation, il existe de nombreuses causes liées à notre environnement favorisant des radicaux libres telles que les pesticides, l’alcool, la cigarette, le manque de sommeil, les produits chimiques, l’excès de poids, l’hyperglycémie, etc. Il est important de réduire le plus possible la formation de radicaux libres pour ne pas aggraver l’état inflammatoire et de stress oxydatif.

Concernant notre alimentation moderne pro-inflammation, elle peut être corrigée par une alimentation saine, pauvre en glucides et produits transformés, et riche en aliments antioxydants et anti-inflammatoires (polyphénols, oméga 3). Il faut garder en tête que lors d’une prise en charge du cancer, le maintien d’une inflammation chronique va favoriser une baisse de l’immunité, la résistance à la chimiothérapie, l’inhibition à l’apoptose, favoriser la prolifération tumorale, l’angiogenèse et les métastases (1). C’est pourquoi l’alimentation saine décrite ci-dessus doit être la première stratégie pour contrôler le stress oxydatif et l’inflammation. Les oncologues, quant à eux, sont souvent inquiets par la perte de poids durant la maladie et invitent leurs patients à manger en conséquence plus de glucides. Toutefois, la perte de poids durant le cancer (cachexie) est souvent due au cancer lui-même qui stimule la production de messagers de l’inflammation (IL-6) provoquant une perte musculaire, expliquée par la transformation par le foie (néoglucogenèse) des protéines du muscle en sucre pour nourrir le cancer. Dès lors, il n’est pas utile et même contre-productif d’exhorter les patients à manger plus souvent des aliments riches en glucides et en graisses inflammatoires, ce qui ne fait qu’aggraver la situation. En fait, durant cette phase de cachexie, il est important de maintenir des apports élevés d’acides aminés de haute qualité et de garder les apports de sucres bas (régime cétogène). Des études ont confirmé qu’une diète cétogène non seulement diminue la croissance des cellules cancéreuses, mais également réduit la cachexie induite par le cancer (2-4). Perdre du poids durant le cancer peut être également bénéfique si l’on perd du gras inflammatoire. Pour différencier une perte de poids normale d’une cachexie, il faut doser la CRP, les protéines et l’albumine dans le sang. Si les valeurs parlent en faveur d’une cachexie, il faut augmenter l’apport de protéines de bonne qualité et maintenir une diète cétogène, car l’augmentation d’une alimentation glucidique ne fera que stimuler l’agressivité des cellules cancéreuses. Il faut également favoriser la consommation de bonnes graisses anti-inflammatoires (viandes bios nourries au pâturage, poissons sauvages des mers froides, avocat, olive, etc.) et éviter toutes les huiles végétales à part l’huile d’olive pour les aliments crus et l’huile de coco pour la cuisson. Même les huiles végétales riches en oméga 3 ne sont pas conseillées, car, en raison de dysfonctions enzymatiques (delta 5 et 6), les transformations de ces huiles dans le foie sont inefficaces et il est préférable de prendre directement des huiles de poisson.

Les antioxydants, pour ou contre durant les traitements anti-cancers

La façon la plus simple de réduire le stress oxydatif est déjà d’éviter les facteurs de l’environnement produisant chez nous des radicaux libres (tabac, alcool, stress, pesticides, etc..) et secondairement de consommer des végétaux riches en antioxydants. L’organisme lui-même produit ces propres antioxydants (glutathion, coenzyme Q10, dismutase, etc.). Le glutathion est considéré comme l’antioxydant le plus puissant de l’organisme, jouant également un rôle dans notre métabolisme, dans la détoxification des carcinogènes à travers la phase II du foie et également dans la protection de notre ADN. Il est synthétisé dans notre corps à partir de 3 acides aminés : la cystéine, la glutamine et la glycine. La restriction calorique (via la voie du NrF2) et l’apport suffisant d’acides aminés permettent de maintenir des niveaux optimaux de glutathion. D’autre part, l’apport extérieur d’antioxydants provenant de la nourriture est également essentiel afin de combattre les effets délétères des traitements anti-cancers et également de combattre le cancer lui-même (5). Voici pourquoi il est important de consommer des aliments riches en antioxydants afin de gagner la bataille contre le cancer. Le sujet reste malheureusement controversé dans le monde de l’oncologie, car certains oncologues craignent que les antioxydants puissent interférer avec les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Ils semblent toutefois que cette crainte soit erronée et que diverses études médicales nous montrent que les antioxydants alimentaires peuvent même renforcer l’effet de la chimiothérapie, améliorer la survie des cellules saines et réduire les effets secondaires des traitements. Ainsi, la Dr Keith Block (directeur médical du Block Center for Integrative Cancer Treatment) et auteur du livre « Life Over Cancer » a évalué avec son équipe plus de 2 300 études traitant de ce sujet et a conclu qu’il n’existait aucune étude sérieuse montrant que les antioxydants pouvaient interférer avec une chimiothérapie. Au contraire, l’effet toxique de la chimiothérapie cause un stress oxydatif majeur laissant les patients avec des déficits importants en antioxydants, favorisant ainsi l’augmentation du niveau d’inflammation dans le corps. Toutefois, nous verrons que les antioxydants qui montrent un effet positif proviennent principalement des polyphénols qui sont des phytonutriments antioxydants et anti-inflammatoires de diverses plantes. Il est préférable de consommer les antioxydants via l’alimentation elle-même que par la prise de compléments alimentaires.

Les aliments antioxydants aux propriétés anti-cancer

L’approche métabolique du cancer nécessite donc de réduire le niveau d’inflammation et de stress oxydatif avec une alimentation thérapeutique. Les antioxydants sont présents dans les végétaux, les fruits, les épices, les oléagineux, les olives, le chocolat, le thé ou le vin. Ces plantes contiennent également des composés anti-inflammatoires, antimicrobiens, anti cancers et immun modulateurs qui peuvent aider pour combattre le cancer. Nous allons étudier ceux qui ont été le mieux documentés pour leurs effets anti-cancers.

Le resveratrol, les vertus d’un peu de vin rouge

Le resveratrol est un polyphénol présent dans certains fruits comme le raisin, la mûre, le chocolat amer et dans certaines plantes comme la renouée du Japon. On le trouve également dans le vin, ce qui semble expliquer les effets bénéfiques sur la santé d’une consommation modérée de vin rouge (french paradox). Des études récentes montrent des capacités du resveratrol à inhiber la prolifération des cellules cancéreuses dans différentes tumeurs. Il permet également d’améliorer la sensibilité des cellules cancéreuses à la chimiothérapie et radiothérapie (6-8). Afin d’amener du resveratrol dans notre organisme, on peut consommer des fruits rouges et/ou également boire 2 à 3 verres de vin rouge bio pendant la semaine avec (pourquoi pas) un peu de chocolat noir amer. La prise de complément alimentaire peut être également une alternative. Il faut préférer la forme trans qui est mieux assimilée.

La quercétine, vives les câpres et les oignons

La quercétine est un des plus puissants flavonoïdes connus justifiant de nombreuses recherches. C’est un puissant antioxydant et anti-inflammatoire. On le trouve en grande quantité dans les câpres, les pommes bio (préférer pommes vertes et sauvages, moins sucrées) et les oignons. On ne peut que conseiller de consommer quotidiennement l’oignon. Certains fruits rouges sont riches en quercétine comme les myrtilles, cassis, sureau noir et airelles. Faites attention à favoriser des provenances locales et bio. Les études sur la quercétine et ces capacités anti-cancéreuses sont nombreuses. De plus, comme le resveratrol, elle améliore l’efficacité de la chimiothérapie (9-11).

Le curcuma

Le curcuma est une épice du sud de l’Inde, utilisée depuis des siècles dans la médecine Ayurvédique, provenant de la racine de la plante Curcuma longa. Elle fait partie de la famille des Zingiberaceae comme le gingembre ou la cardamone. La curcumine est l’extrait de curcuma le plus étudié montrant des effets anti-cancers via de multiples voies biologiques (mutagénèse, régulation cellulaire, apoptose, métastase, etc.). La curcumine a montré des effets antiprolifératifs dans de nombreuses tumeurs. Il est préférable de prendre le curcuma dans sa forme complète (plutôt que la curcumine seule), car en plus de la curcumine, elle possède différents curcuminoides et des huiles volatiles qui ont également des propriétés anti-cancer. Il est conseillé de consommer au moins 1 c à café de curcuma de racine râpée ou de poudre pouvant être rajouté à des jus verts, des œufs au plat ou des légumes sautés, ou sous forme de Golden milk qui est une boisson tendance (Annexe C).

Le gingembre

La racine de gingembre est connue pour ces propriétés digestives et boire un thé au gingembre est connu pour réduire les nausées post-chimiothérapie. Le gingembre a également des propriétés anti-inflammatoires (inhibition Cox 2 et NF kappa-b) et antioxydants. Un extrait du gingembre, le zerumbone, a une action inhibitrice sur les gênes des cellules cancéreuses. C’est un agent anti-cancéreux de plus en plus étudié (12-14). Le gingembre peut être consommé avec des légumes lacto-fermentés (kimchi), sur du poisson ou râpé dans des jus ou de l’eau chaude comme tisane.

Les bonnes graisses anti-inflammatoires 

Notre alimentation est trop riche en graisses saturées et inflammatoires. La première étape est d’éviter tous les condiments avec des huiles telles que mayonnaise, sauce à salade prête, dips, etc. Il est également conseillé d’exclure les huiles végétales comme l’huile de maïs, de tournesol, soja, carthame, colza. Éviter les fritures, plats cuisinés, viennoiseries, etc… trop riches en graisses altérées. Choisir une huile d’olive bio, pressée à froid, de très bonne qualité, riche en polyphénols et antioxydants (hydroxytyrosol).

Il est conseillé plutôt de consommer régulièrement des poissons des mers froides riches en oméga 3 (sardines, maquereau, hareng, saumon sauvage). Le thon ou le requin est à éviter, car trop contaminé par le mercure. Les noix, les graines de Chia ou de lin, la mâche sont également des sources d’oméga 3 végétales intéressantes. Les omégas 3 sont de plus en plus étudiés pour leurs propriétés anti-cancer (+++)

 La poudre de cacao (crue sans sucres rajoutés)

Le cacao contient plus de polyphénols (catéchines, anthocyanidines, etc.) et d’antioxydants que le thé ou le vin rouge. Les polyphénols du cacao diminuent les enzymes et cytokines pro-inflammatoires et les phénols du cacao ont des effets anti- carcinogènes (15). La poudre de cacao contient également beaucoup de magnésium qui a des propriétés anti-inflammatoires.

Deux herbes communes antioxydantes et anti-cancer

Le romarin a diverses vertus anti-cancer. Cette plante est un puissant antioxydant (carnosol, acide rosmarinique) qui protège contre les cancers causés par des amines hétérocycliques générés par les viandes cuites à haute température. Des recherches ont montré également que le romarin a la capacité de stimuler les enzymes de détoxification du foie (glucuronidation) permettant de mieux éliminer les formes toxiques procarcinogène. Le thym a de multiples composants santé, dont le thymol, un puissant antibactérien qui protège également notre ADN et a divers effets anti-cancer. Une étude de 2012 publiée dans Nutrition and Cancer a montré que le thym induit un effet cytotoxique sur les cellules cancéreuses du sein. Des herbes fraîchement cueilles peuvent être adjointes à des œufs, légumes sautés, etc. Un repas n’est pas complet sans un peu d’herbes rajoutées.

Dr. A. D’oro

Références :

  1. Fueyo J « Linking inflammation and cancer : the unexpeczed SYK world » Neuro Oncol. 2018 Apr 9 :20(5) :582-583
  2. O Flanagan « When less may be more : calorie restriction and response to cancer therapy » BMC Med 2017 May 24 ;15(1) :106
  3. Chung HY « Rationale, feasibility and acceptability of ketogenic diet for cancer treatment » J Cancer Prev. 2017 Sep ;22(3) :127-134
  4. Nakamura K « A ketogenic formula prevents tumor progression and cancer cachexia by attenuating systemic inflammation in colon 26 Tumor-bearing mice » Nutrients 2018 Feb 14 ;10(2)
  5. Wang H « Plants vs. Cancer : a review on natural phytochemicals in preventing and treating cancers and their druggability » Anticancer Agents Med Chem. 2012 Dec ;12(10) :1281-305
  6. Jiang Z «  Resveratrol and cancer tretment : updates » Ann NY Acad Sci, 2017 Sep ;1403(1) :59-69
  7. Leon_Galicia I « Resveratrol decreases Rad51 expression and sensitizes cisplatin-resistant MFC-7 breast cancer cell » Oncol Rep. 2018 Mar 27
  8. Mieszala K « Expression of genes and proteins of multidrug resistance in gastric cancer treated with resveratrol » Oncol lett. 2018 Apr :15(4) :5825-5832
  9. Li S « Quercetin reversed MDR in breast cancer cells through down regulating P-gp expression and eliminating cancer stem cells mediated by YB-1 nuclear translocation » Phytoter Res. 2018 Apr 10
  10. Shu Y « Quercetin reverses the doxorubicin resistance of prostate cancer cells by downregulating the expression of c-met » Oncol Lett. 2018 Feb ;15(2) :2252-2258
  11. Lei CS « Effects of quercetin combined with anticancer drugs on metastasis-associated factor gastric cancer cells : in vitro and in vivo studies » J Nutr Biochem. 2018 Jan ;51 :105-113
  12. Mukkavilli R « Pharmacokinetic-pharmacodynamic correlations in the development ofginger extract as an anticancer agent » Sci Rep 2018 Feb 14 ;8(1)
  13. Luo Y « Gingerol enhances the radiosensitivity of gastric cancer via G2/M phase arrest and apoptosis induction » Oncol Rep 2018 May ;39(5) :2252-2260
  14. Liu CM « Ginger phytochemicals ihnibit cell growth and modulate drug resistance factors in docetaxel resistant prostate cancer cell » Molecules 2017 Sep 5 ;22(9)
  15. Taparia SS « Procyanidin-rich extract of natural cocoa powder cause ROS-mediated caspase-3 dependent apoptose and reduction of pro-MMP-2 in epithelial ovarian carcinoma cell lines » Biomed Pharmacother. 2016 Oct ;83 :130-140
Dr. A. D'Oro

Dr. A. D'Oro

Dr Antonello D’Oro Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé Tel: +41.22.301.63.38 Email: secretairedoro@gmail.com 

  3 comments for “Approche holistique du cancer Partie 3 : Calmer l’inflammation et le stress oxydatif

  1. Littleblue
    5 juin 2018 at 19 h 36 min

    Bonjour,
    Merci pour ces articles intéressants.
    Vous oubliez cependant un facteur de stress très important : les champs électromagnétiques. On ne peut pas ne pas les citer. L’exposition quasiment permanente aux ondes Wi-Fi, Bluetooth, GSM, 3G, 4G, (bientôt la 5G !), DECT, etc. est très néfaste. Les études sérieuses sont d’ailleurs suffisamment nombreuses.
    De plus en plus de personnes ressentent une fatigue, de l’insomnie, et subissent des problèmes de santé variés et plus ou moins graves.
    Se protéger de ces CEM est indispensable pour garder une bonne immunité et une bonne santé. Hélas, ils sont partout : établissements publics, cars postaux (bientôt dans les trains), bureaux, et même dans les hôpitaux et les EMS (ce qui est choquant).
    Le Professeur Belpomme et son équipe accomplissent un travail remarquable (et très, trop dérangeant) sur le sujet et aident de nombreux patients : http://www.ehs-mcs.org.
    Meilleures salutations

    • Dr. A. D'Oro
      8 juin 2018 at 9 h 34 min

      merci pour vos informations,
      effectivement les champs électromagnétiques peuvent être néfastes pour la santé,
      j’avoue ne pas trop avoir étudié le sujet et je pense que c’est important de souligner cet aspect.
      Intuitivement chez moi, j’évite tout appareil électrique dans ma chambre à coucher,
      le soir je coupe le wifi, je mets de la tourmaline noire près de mon ordinateur.
      J’ai pas de preuves scientifiques, mais personnellement je suis plus reposé.
      J’invite les lecteurs à consulter le site que vous proposez.
      Sincèrement
      Dr A. D’oro

      • Littleblue
        23 juin 2018 at 11 h 47 min

        Bonjour,

        Je vous remercie de votre réponse. C’est plutôt agréable d’être pris au sérieux !

        Je me permets de vous communiquer encore un lien, celui du site de l’Association Romande Alerte : http://www.alerte.ch/fr/

        D’autre part, l’association médicale autrichienne a publié un document « Directive pour le diagnostic et le traitement des problèmes de santé et des maladies liés aux champs électromagnétiques (syndrome CEM) », que je transmets de ce pas par e-mail à votre secrétariat.

        Nul doute que vous pourrez aider encore mieux vos patients.

        Merci pour votre engagement !

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