Est-ce que la pilule contraceptive augmente le risque de dépression ?

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contraceptive-1La contraception orale représente une molécule synonyme de liberté sexuelle pour la femme qui finalement n’est plus assujettie au risque de grossesse non désirée.  Les contraceptifs sont utilisés depuis plus de 50 ans et par plus de 100 millions de femmes dans le monde. Toutefois, tous n’est pas rose semble t’il avec la pilule car en plus des effets secondaires connus, il semble exister une relation entre la prise d’un contraceptif et le risque de faire une dépression.

En effet, une publication de 2015 a analysé un certain nombre d’études montrant une augmentation de l’incidence, chez les femmes sous contraceptifs, de symptômes telles que l’anxiété, des changements d’humeur, des états d’irritabilité, voir de dépression. Les auteurs suspectent même que les contraceptifs pourraient augmenter le risque de suicide (1). Comme par contre réaction, une étude d’octobre 2016 publiée dans une revue dédiée à la contraception, a évalué la littérature dans ce domaine sur les 30 dernières années. Les auteurs reprochent à la plus part des études d’utiliser des méthodes et des évaluations trop disparates et finalement estiment qu’il est difficile de conclure à un lien significatif entre la prise de contraceptifs oraux et l’apparition de troubles de l’humeur comme la dépression. Ils suggèrent d’attendre des études prospectives de bonne qualité et entre temps les auteurs conseillent d’utiliser la pilule contraceptive en toute confiance estimant que ces effets sur l’humeur restent peu fréquents (2).

Comme pour contredire ces auteurs, une publication récente de septembre 2016, dans une célèbre revue de psychiatrie, fait part à son tour d’un risque augmenté de dépression prédominant chez les adolescentes. Pour arriver à ces conclusions, les auteurs ont utilisé les registres nationaux dans le cadre d’un suivi prospectif impliquant toutes les femmes et adolescentes danoises âgées entre 15 et 34 ans suivie entre début 2000 et fin 2013, ce qui totalise plus d’un million de femmes. On a pu ainsi comparé l’évolution des femmes qui étaient sous contraceptifs et celles qui n’en prenaient pas. Le risque de survenue de dépression restait léger et diminuait avec l’âge.  Toutefois, le risque relatif d’être sous antidépresseurs était nettement plus marqué chez les adolescentes sous pilules dans les 6 mois qui ont suivi la prescription d’un contraceptif oral  par rapport à celles qui n’ont pas eu de contraceptif (3).

Il n’est pas question ici de remettre en cause la contraception orale qui offre une vraie liberté aux femmes et permet de régler un certain nombre de problèmes (acné, règles irrégulières et douloureuses etc.). Non, cette information doit nous rendre attentif à ce lien, même si ce lien est tenu. Ainsi, lorsqu’une adolescente manifeste brusquement des troubles de l’humeur, on doit s’interroger si sa pilule pourrait influencer son état et si dans ce cas, l’arrêt de la pilule ne serait pas conseillé momentanément.

Affaire à suivre…

Dr. A. DOro

Références :

  1. Sirakov M, « Oral Contraceptives and mood/sexual disorders in women » Akush Ginekol. 2015 ;54(5) :34-40
  2. Schaffir J « Combined hormonal contraception and its effects on mood : a critical review » Eur J. Contracept Reprood Health Care 2016 Oct ;21(5) :347-55
  3. Skovlund CW « Association of Hormonal Contraception with Depression » JAMA Psychiatry 2016 Sep 28
Dr. A. D'Oro

Dr. A. D'Oro

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