Quand SIBO et candidose font ménage ensemble

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Introduction

Voilà déjà plus de 30 ans qu’un médecin, le Dr Sidney Baker, met en lumière la responsabilité de certaines levures, comme le Candida, sur notre santé en publiant un petit livret appelé « Notes on the Yeast Problem ».  Depuis la recherche scientifique a permis de mieux comprendre la complexité du Candida et de ces diverses manifestations sur notre santé.  Toutefois, la médecine classique le plus souvent ne reconnait que certaines infections dues à des levures comme la mycose unguéale, la mycose vaginale, la candidose buccale etc.

Toutefois, des décennies d’observation ont permis de mettre en évidence des atteintes plus insidieuses de ces levures sur notre état de santé, c’est la raison pour laquelle de nombreux naturopathes, nutritionnistes ainsi que des médecins ayant des approches de terrain prennent en compte ces infections chroniques à levure.  Malheureusement si vous débarquez dans le cabinet de votre médecin et vous lui annoncez que votre naturopathe ou nutritionniste estime que vos troubles digestifs ou votre état de fatigue provient d’une candidose intestinale, alors vous verrez dans ces yeux une lueur de scepticisme ou d’incrédulité, quelques soient les preuves que vous lui montrerez.

Cette incompréhension provient du fait que pour le médecin, le terme de candidose fait référence à la présence d’une infection fongique visible et qu’il connait mal les aspects plus insidieux de ce pathogène. Dans les pays francophones, les thérapeutes en médecine alternative continuent à utiliser le mot « candidose intestinale » ou tout simplement « candidose » toutefois ce terme général est peu précis et englobe diverses manifestations pathologiques qu’il est utile de différencier et de comprendre si l’on veut être plus crédible d’un point de vue médical ou scientifique.  Dans cet article, nous allons nous pencher en premier lieu sur une manifestation du Candida appelée le SIFO, abréviation de « small intestinal fungal overgrowth » et sa relation fréquente avec le SIBO.  

Connaitre l’association entre le SIBO et le SIFO

Nous avons vu que le terme SIFO n’indique pas une réelle infection mais une prolifération anormale de levures dans l’intestin grêle. C’est grâce au Dr RAO, gastro-entérologue américain, que nous bénéficions d’une meilleure connaissance du SIFO (1). Ce médecin a prélevé par endoscopie et analysé le liquide intestinal chez des centaines de patients souffrant de troubles digestifs. C’est ainsi qu’il a pu mettre en évidence une relation entre une prolifération anormale de levures dans l’intestin grêle et divers symptômes digestifs. Les symptômes les plus fréquents retrouvés étant des ballonnements, des nausées, des éructations, des gaz et des diarrhées. Je suis sûre que de nombreuses personnes ont reconnu que ces symptômes sont identiques à ceux du SIBO.

En réalité, on ne peut faire la différence entre un SIBO et un SIFO juste sur la base des symptômes. De plus, les facteurs de risques sont souvent les mêmes telles que la prise d’antibiotiques, la prise d’antiacides (IPP) (2), une déficience enzymatique, une chirurgie abdominale ou l’utilisation courante d’opioides (3).  Certains spécialistes observent toutefois que les manifestations extra-digestives telles qu’un eczéma, urticaire, des maladies allergiques ou auto-immunes sont plus souvent liées à un SIFO qu’au SIBO.

Dans ces analyses, le Dr RAO a retrouvé chez les patients souffrant de troubles digestifs environ 62 % d’infections de l’intestin grêle dont un tiers étant des SIBO pur, environ 25% des SIFO et un tiers une forme mixte (SIBO + SIFO). Si l’on observe ces chiffres, il en ressort que la majorité des patients ont finalement une forme mixte de SIBO et SIFO. Ce constat est intéressant pour les personnes qui sont traitées pour un SIBO résistant et récidivant. Le SIFO amène une autre pièce du puzzle et sa prise en charge peut permettre ainsi de résoudre des cas résistants de SIBO. Cela nous amène à se demander s’il ne faut pas traiter de façon combinée le SIBO et le SIFO, c’est du moins ce que semble suggérer le Dr Rao. A contrario, le professeur Pimentel, un des plus grands experts du SIBO, quant à lui estime que le SIBO reste souvent prédominant et que dans une majorité de cas, un traitement ciblé sur le SIBO (avec test respiratoire positif) est efficace et ne nécessite pas d’autre prise en charge, le traitement d’un éventuel SIFO ne devenant nécessaire que lors d’un échec du traitement du SIBO.  

Diagnostiquer un SIFO, pas si simple

Pour diagnostiquer un SIFO, le meilleur moyen et d’analyser par aspiration endoscopique, le liquide intestinal au niveau du duodénum (3ème et 4ème partie) et du jéjunum. Pourtant très peu de gastroentérologues le pratiquent durant une gastro-duodénoscopie. Il faut dès lors trouver des alternatives plus simples. Les analyses de selles, qu’elle que soit la technique, ne sont pas fiables pour diagnostiquer un SIFO. En effet, le Candida est un opportuniste naturel dans le colon et sa présence même en quantité ne nous donne aucune information sur ce qui se passe dans l’intestin grêle.  

Il existe la possibilité de rechercher dans le sang des anticorps anti-Candida (IgG). Une étude de 2007 a montré qu’une augmentation des anticorps IgG anti-candida était en rapport avec l’importance de la candidose (11). Toutefois, ces dosages sont souvent peu fiables et on peut constater souvent la présence de ces anticorps chez des personnes qui ne présentent aucun symptôme. Malgré cela une nette augmentation des IgG anti-candida peut suggérer une prolifération intestinale, toutefois sans un niveau de preuve élevée.

Des études récentes montrent que le dosage dans le sérum de composants de l’enveloppe du candida comme la protéine 1,3 beta-D-glucan, le mannan ou les anticorps anti-mannan peuvent être des bons indicateurs d’une candidose généralisée (12,13). Ces dosages indiquent la présence d’une candidose généralisée mais pas nécessairement un SIFO. Toutefois la présence de ces marqueurs associés à de symptômes digestifs spécifiques peut être un indicateur d’un SIFO.

Habituellement, de nombreux nutritionnistes utilisent comme alternative le dosage des métabolites organiques urinaires, particulièrement les marqueurs fongiques. Les métabolites les plus reconnus sont l’arabinose et l’arabinitol et le tartarate. Leurs présences indiquent qu’il y a une prolifération anormale du Candida dans l’intestin, sans toutefois nous donner la certitude que cela se passe dans l’intestin grêle.  Ces marqueurs restent des indicateurs assez fiables   d’une candidose active (14,15). Toutefois, les métabolites organiques urinaires ne sont pas fiable à 100% et doivent être utilisés comme une pièce importante d’un puzzle.  

En dernier lieu, lorsque la symptomatologie est évocatrice d’une candidose, une approche empirique reste une alternative possible, à savoir donner un traitement d’essai et d’observer l’amélioration clinique. D’ici quelques années arriveront sur le marché des nouveaux tests plus performants et moins invasifs. Le Dr Rao dans une interview évoquait la venue future de capsules à ingérer qui seraient capables de prélever dans l’intestin grêle un peu de liquide à analyser. Ces capsules auraient une fenêtre qui s’ouvrirait à un temps déterminer pour prélever le liquide intestinal à différents endroits de l’intestin grêle.

Traitement du SIFO 

Le choix entre un médicament versus une substance naturelle doit être discuté avec le patient, en tenant compte de l’efficacité et des effets secondaires potentiels. Comme médicaments, nous avons principalement le fluconazole et la nystatine alors que les possibilités avec les substances naturelles sont beaucoup plus nombreuses comme nous le verrons plus loin.  Nous verrons également les avantages et les inconvénients des approches naturelles et discuterons des réactions de détoxification appelées « die off » qui nécessitent d’être connues et prise en charge.

Les traitements médicaux

o   Le Fluconazole

Le fluconazole est probablement le traitement le plus efficace dans le SIFO, il a un effet systémique, ce qui veut dire qu’il pénètre partout dans le corps. Il peut perturber la fonction hépatique, raison pour laquelle il est nécessaire de contrôler par une prise de sang la fonction hépatique. La plupart des médecins qui l’utilisent constatent heureusement que c’est un médicament sûre et dans l’ensemble bien toléré. Pour le Dr RAO, le fluconazole est le traitement de choix du SIFO car il est extrêmement efficace contre le Candida ou certains de ces cousins levures. Son protocole consiste a prendre 100 mg de Fluconazole, une fois par jour, pendant 3 semaines. De sa grande expérience, ce traitement est efficace chez la majorité des personnes traitées.

o   La Nystatine

La nystatine est un médicament antifongique qui n’est pas absorbé dans le sang et qui agit surtout par contact sur la muqueuse digestive, cela le rend extrêmement sûre et bien toléré et de plus il n’a aucune toxicité sur le foie. Ce médicament est fréquemment utilisé en première intention par de nombreux médecins.  Le Dr RAO toutefois n’est pas convaincu de l’efficacité de la nystatine dans le SIFO. Selon lui, la nystatine est très utile dans les atteintes buccale, oropharyngée et oesophagienne, il n’est toutefois pas convaincu que la nystatine puisse supporter l’acidité gastrique et rester efficace lorsqu’il arrive dans l’intestin grêle.

Il est également possible de les utiliser les deux en rotation. C’est ce que proposais le Dr Sydney Baker qui traitait souvent avec des antifongiques des cas de maladies chroniques et complexes ainsi que des patients autistes avec une nette amélioration.  Le Dr Baker utilisait ces 2 antifongiques en rotation, 2 semaines chacun, cela permettant d’évaluer celui qui était le plus efficace et le mieux toléré pour le patient.

Les substances naturelles antimycotiques

De nombreux produits ont des effets antimycotiques, nous allons voir ceux qui sont les plus fréquemment utilisés. Il existe diverses substances, plantes ou huiles essentielles connues pour des effets anti-candidose plus ou moins documentés. L’avantage de ces substances est qu’elles ont souvent des effets mixtes sur les bactéries pathogènes et même certaines sur les parasites, les plus connues sont :

  • Lapacho ou Pau d’Arco
  • L’extrait d’ail (allicine)
  • Uva Ursi
  • La berbérine
  • HE d’origan, de thym, de clou de girofle, l’arbre à thé etc.
  • L’acide caprylique
  • L’acide undecylenique
  • L’Aloe vera
  • L’huile de Nigelle
  • L’extrait de pépins de pamplemousse

De nombreuses préparations permettent de combiner plusieurs substances en même temps par exemple :

  • Ecodyn de chez Bionutrics associe l’acide caprylique, l’extrait de pépins de pamplemousse, la berbérine et de l’ail  
  • Candidapur de chez Nutrixeal combine l’acide caprylique, l’extrait de pépin de pamplemousse, du Lapacho et des extraits de feuille d’olivier. 
  • Candibiotic de chez Copmed associant entre autres de l’écorce de Lapacho, un extrait de feuille d’olivier, de l’acide caprylique, du propolis etc.

Ces exemples de produits ne représentent pas les meilleurs produits sur le marché mais uniquement des produits que j’ai eu l’occasion d’essayer et de plus il s’agit d’entreprises sérieuses sur la qualité des produits. Bien entendu, il existe de nombreuses autres préparations intéressantes. Chaque thérapeute a sa stratégie ou sa combinaison particulière avec plus ou moins de succès. Il est important de combattre la candidose et les germes pathogènes associés par des traitements combinés. On peut également rajouter des composés naturels pour renforcer l’effet des plantes antimicrobiennes comme de l’Aloe vera (1 cà soupe 3x par jour) surtout en cas de constipation ou encore de l’huile de Nigelle (une c. à café 3 x par jour, mélangée dans le café, un jus de légume ou un yaourt) etc.  Personnellement, je n’utilise pas les préparations décrites ci-dessus pour le traitement d’un SIFO car les dosages des produits me semblent insuffisants, je préfère utiliser les plantes antimicrobiennes du SIBO (ADP biotic, Berberine complexe, Neem plus, Allimed etc..) car les dosages sont plus importants et je garde ces préparations pour un traitement d’entretien au long cours.

Désavantages et avantages des substances naturelles

L’avantage des plantes antimycotiques, c’est qu’elles possèdent un plus large spectre, agissant autant sur les levures, les bactéries ou certains protozoaires. Ainsi lorsqu’on traite un SIBO, la plupart des plantes vont également avoir un effet antifongique (HE origan, Neem, berberine, allicine etc.). De plus, les plantes possèdent d’autres effets sur la santé, par exemple l’HE d’origan a un effet antidépresseur, la berbérine abaisse la glycémie lors d’insulino-résistance ou l’artémisine peut aider à induire une rémission dans les maladies inflammatoires de l’intestin.

En contrepartie, il faut souvent prendre beaucoup de comprimés et traiter plus longtemps en comparaison avec un médicament. De plus, si la qualité des médicaments est surveillée, il n’y a pas de contrôle de la qualité des plantes. On retrouve ainsi des produits de qualité médiocre et des contaminants variés, d’où l’importance de bien choisir ces produits. D’autre part, de nombreux thérapeutes constatent une moins bonne tolérance aux plantes chez les personnes hypersensibles qui ont tendance à avoir de nombreuses réactions aux aliments  ou aux médicaments. Les plantes sont en effet composées de nombreux ingrédients qui peuvent interagir avec une personne sensible.

Attention au die off, une réaction durant le traitement anti-candidose

Le die off est une réaction au traitement antimicrobien ou antimycotique pouvant se manifester par divers symptômes comme un état grippal ou l’aggravation momentanée de troubles digestifs etc. La réaction de die off résulte de la mort des levures telles que le Candida due aux plantes antimicrobiennes. Cela va entraîner une libération de fragments microbiens activant le système immunitaire. Le plus souvent, la réaction débute entre le 2ème au 5ème jour et peut durer un à 3 jours mais quelques fois cela peut durer pendant tous le traitement. Si l’on choisit l’approche progressive et douce, ces réactions sont souvent moins présentes.

Que peut-on faire lors d’une réaction de die off :

  • On peut diminuer les doses de moitié ou même stopper quelques jours. Ainsi, si en diminuant de moitié le traitement on se sent mieux, on peut augmenter progressivement le dosage le lendemain et voir comment on se sent. Il est nécessaire de titrer le dosage selon sa tolérance. Si les réactions sont trop violentes, on arrête tout, on attend que ça se calme, puis on augmente très progressivement le traitement selon sa tolérance. Il n’y a pas de problème, si on ne tolère que la moitié de la dose, le traitement sera seulement un peu plus long.
  • On peut prendre de la vitamine C à haute dose (1 gr 3 x par jour) ou des polyphénols à haute dose comme la curcumine et le resvératrol.
  • Le charbon actif (ou le zéolite) peut aider à absorber les toxines. Pour le charbon actif, On peut monter à 2 cp toutes les 2 à 3 heures, loin des repas si possibles. Pour la zéolite klinoptilolite, on peut prendre 1 cuillère à café dans de l’eau, 2x par jour loin des repas ( par exemple Panacéo basic-détox chez vitalabo.fr

Quand le SIFO est chronique et/ou récidive  

Lorsque nous sommes face à un SIFO chronique et/ou récidivant, il peut être nécessaire de traiter sur des périodes beaucoup plus longues, jusqu’à ce que les symptômes disparaissent complètement et que les tests des métabolites organiques urinaires (ou IgG anti-candida) se normalisent. Il peut être nécessaire de traiter plusieurs mois par cure de 4 à 6 semaines. Il est souvent conseillé de faire des traitements en rotation bien que si un traitement à très bien marché, on peut le répéter. Personnellement, dans les produits naturels antimicrobiens, j’utilise les mêmes combinaisons que celles utilisées dans le SIBO (Neem plus, ADP biotic, Allimed ou berberine complex). Le plus souvent, j’utilise une association de deux plantes. Il est important de faire régulièrement des breaks d’une ou deux semaines après chaque cure pour réduire les risques de résistance. Des médicaments antifongiques comme le fluconazole ou la nystatine peuvent être utilisé également en rotation avec des traitements naturels. Il ne faut pas oublier également de réduire les facteurs de risques et de renforcer l’immunité du patient. La personne peut également bénéficier de tous ce qui peut l’aider parallèlement (approches énergétiques, biofeedback etc.).                                

Quand le traitement du SIFO ou SIBO ne marche  

Lorsque les traitements ne marchent pas, la première question à se poser est de savoir si le traitement institué a été efficace.  Dans le cas d’une prise en charge d’un SIBO, si la personne ne va pas mieux ou que l’amélioration n’est que partielle, on peut refaire un test respiratoire à 10 jours. Si les mesures de gaz montrent toujours une fermentation anormale alors cela veut dire que le traitement n’a pas été efficace.

A contrario, si le test respiratoire est devenu négatif et ne montre plus de fermentation anormale cela peut vouloir dire qu’un autre pathogène est responsable éventuellement des symptômes comme par exemple une levure, un parasite ou une borréliose (lyme) etc.

Pour le SIFO, si le traitement n’amène pas d’amélioration clinique mais que les tests de métabolites organiques urinaires se sont normalisés, alors on peut suspecter également un   autre pathogène responsable des symptômes (parasites, protozoaires, borrélia etc). Il y a aussi la possibilité que la personne va mieux sous traitement antifongique mais de suite après l’arrêt des antifongiques, les symptômes réapparaissent. Il est possible dans ce cas que la candidose soit en partie résistante et qu’il faut envisager de traiter plus longtemps ou d’adjoindre un anti-biofilm.

Comment traiter une atteinte mixte de SIBO et SIFO

Nous avons vu que l’association d’un SIBO et d’un SIFO est relativement fréquente, si l’on tient compte des études du Dr Satish RAO.  Nous avons également vu que le diagnostic d’un SIFO n’est pas toujours facile et que des prélèvements par endoscopie non seulement représente une procédure invasive mais sont rarement réalisé.

Protocole médicamenteux Dr Rao et Prof Pimentel

Lors d’atteinte mixte SIBO et SIFO, le Dr Rao utilise un protocole médicamenteux précis associant la Rifaximin et le Fluconazole.  Il s’agit d’un traitement sur environ 4 semaines, il débute la première semaine avec la Rifaximin (un comprimé 2x par jour), la deuxième semaine il combine la Rifaximin et le Fluconazole, 100 mg par jour, puis les deux dernières semaines, il continue seulement avec le Fluconazole. 

Le Prof. Pimentel, quant à lui, a une attitude plus pragmatique. Si le test respiratoire est positif pour un SIBO, il traite uniquement le SIBO avec une antibiothérapie spécifique selon le type de fermentation, en cas de résistance à ce traitement, il envisage la participation d’un SIFO et rajoute un traitement antifongique spécifique (fluconazole).

Protocole pragmatique habituel

De nombreux thérapeutes utilisent des plantes antimicrobiennes lors de la prise en charge d’un SIBO. Dès lors, si la personne présente un test respiratoire positif pour un SIBO, on peut commencer par traiter uniquement le SIBO avec une combinaison de 2 à 3 plantes antimicrobiennes. L’avantage de ces plantes c’est qu’elles ont souvent une action à large spectre, agissant également sur le Candida (HE d’origan, Neem, allicine, berberine etc.). Dès lors, il est fréquent qu’en traitant un SIBO avec des plantes antimicrobiennes, on traite également une composante de SIFO. Toutefois, certains SIFO sont tenaces et récidivants, dès lors en cas d’échec du traitement d’un SIBO avec des plantes antimicrobiennes, on peut pratiquer des tests complémentaires à la recherche d’un SIFO (par exemple par les métabolites organiques urinaires) ou essayer d’emblée un traitement antifongique efficace. En effet, même sans diagnostic sûre, nous avons vu que statistiquement l’association d’un SIBO et d’un SIFO est fréquente et en cas d’échec d’un traitement classique d’un SIBO, cela peut justifier de traiter une probable composante fongique.

Prise en charge complémentaire aux traitements antimicrobiens et antifongiques

Pour réussir une prise en charge d’un SIFO ou d’une association SIBO/SIFO, il faut avoir une approche intégrative tenant compte également :

  1. Une diète adaptée
  2. Utilisation éventuelle de probiotiques

1)     Comment concilier une diète SIBO avec une diète anti-candidose

La diète est probablement la pierre angulaire de la prise en charge de la candidose chez la plupart des thérapeutes. Il s’agit d’éviter tous les aliments que les levures aiment, à savoir ; les sucres, les farines raffinées, les féculents en générale. Il est également conseillé d’éviter les aliments fermentés ou des moisissures (par exemple : fromage vieilli, alcool etc.). Toutefois, ces diètes, si elles sont trop strictes, risquent d’affaiblir la personne entrainant une perte de poids et une baisse du système immunitaire avec comme conséquence une récidive rapide de la prolifération des germes opportunistes à l’arrêt du traitement.

D’autre part, comment concilier une diète lors d’une atteinte mixte SIBO/SIFO. La diète standard dans le SIBO est la diète FODMAP dont vous retrouverez les principes dans ce blog. Lors d’un SIBO associé à un SIFO, il faut proposer bien entendu une diète FODSMAP mais en plus concernant la partie SIFO, il est nécessaire de :

  • Réduire les sucres, les farines raffinées, les féculents en générale, même non FODMAP.
  • Eviter les aliments fermentés comme, les fruits secs, le thé noir, viandes ou poissons fumés, fromages vieillis, les légumes fermentés, le kombucha, les alcools fermentés (bière, vin, cidre) etc. Le vinaigre est un cas à part, si on le tolère, on peut le continuer dans la diète, au début il est conseillé de le remplacer par exemple avec du citron (pour les salades). Le vinaigre distillé est logiquement un vinaigre ne contenant pas de levures ou de moisissures et peut être essayé.

Après environ un mois de traitement, on peut réintroduire, selon tolérance, les aliments fermentés décrits ci-dessus, consommer un peu de vin et réintroduire le vinaigre si toléré. De plus, on réintroduira également les FODMAP, selon tolérance, en tenant compte d’un protocole progressif pour bien cibler les aliments encore mal tolérés. Le point le plus important est de comprendre qu’une diète trop stricte est dangereuse pour la santé et affaiblit notre immunité et que de toute façon elle ne permet pas de guérir d’une candidose. Il est conseillé de manger la juste dose de féculents nécessaire et insister sur une alimentation sans produits transformés de bonne qualité comprenant des fruits à dose modérée, des légumes, des bonnes graisses etc.

Ces diètes ne sont pas toujours faciles à appliquer. Il peut être nécessaire d’être accompagné quelques temps par une nutritionniste qui connait bien ces diètes combinées. Karine D’oro qui s’occupe du coaching nutritionnel de mes patients reste disponible pour des suivis à distance (Skype, WhatsApp) des personnes qui ne trouvent pas quelqu’un près de chez eux (www.karinedoro@gmail.com).

2)     Utilisation éventuelle de probiotiques

Au début de la prise en charge de la candidose, les probiotiques peuvent être mal tolérés. Il existe toutefois certaines souches qui peuvent aider à rééquilibrer le microbiote et réduire l’activité du Candida ainsi que sa transformation en une forme filamenteuse virulente (16). De nombreuses études ont montré une efficacité de certaines souches de Lactobacilles contre le développement du Candida (17) et son biofilm (18). Par exemple, le Lactobacillus rhamnosus GG a particulièrement montré une efficacité contre le Candida en réduisant sa capacité d’adhésion et sa virulence (19-20). Une autre levure, le Saccharomyces boulardii est  souvent prescrit lors de candidose. Cette levure inoffensive chez l’être humain a également la capacité de réduire l’adhésion du Candida et sa virulence (21,22).

L’importance de la correction des facteurs de risques

Bien entendu que ce soit pour le SIBO ou le SIFO, il est important de corriger les facteurs de risques qui ont favorisé le développement de ces pathogènes. Heureusement, les facteurs de risques du SIBO et du SIFO sont plus ou moins les mêmes. Voici la liste simplifiée de ces facteurs de risques :

1)     Les médicaments

En premier lieu éviter la prise d’antibiotiques qui n’est pas absolument nécessaire. Beaucoup d’affections ORL sont d’origine virale (angine, bronchite etc.) et même des infections bactériennes modérées peuvent être traitées avec efficacité par l’aromathérapie ou des plantes antimicrobiennes. Faites-vous conseiller par un thérapeute formé dans ces domaines. Les antiacides comme les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) ne doivent pas être pris au long cours car ils favorisent les pullulations bactériennes ou fongiques, je vous renvoie à l’article de ce blog traitant des IPP et de leur sevrage progressif. Les corticoides comme la prednisone réduisent vos défenses immunitaires et même les anti-inflammatoires (AINS) en abimant la muqueuse intestinale sont néfastes pour vous.

2)     Les carences nutritionnelles

La candidose peut être favorisée par une diminution de notre immunité en relation avec des carences nutritionnelles. Selon le Dr Leo Galland, lors d’un symposium sur les mycoses (Yeast-Human Ineraction Symposium), les carences les plus fréquemment retrouvées chez des patients souffrant de candidose sont le magnésium, le zinc, le fer, la vitamine D. Il s’agit dès lors de corriger ces carences effectives et surtout il ne faut pas donner ces micronutriments à l’aveugle. Le fer, le zinc et le magnésium ainsi que les vitamines B ne doivent pas être donné lors d’une candidose active mais après un traitement bien conduit, en effet ces minéraux peuvent être utilisés pour la croissance du Candida et aggraver la situation (23-25).   

A contrario la correction de la vitamine D (26) est importante dès que possible. Une étude récente a montré que la vitamine D a bonne dose avait même une activité anti-candida. L’effet antifongique pourrait être dû à la liposolubilité de la vitamine D modifiant l’intégrité de la paroi cellulaire du Candida albicans.

3)     Le manque d’enzymes pancréatiques ou d’une insuffisance en acidité gastrique (HCL)

Il faut comprendre que la candidose peut être liée ou même la conséquence d’une insuffisance de sécrétions gastriques ou hépatobiliaires. Cela se voit fréquemment lors d’état de stress chronique où les sécrétions gastriques sont réduites ainsi que les sécrétions hépatobiliaires (se faire de la bile). Les conséquences sont une mauvaise digestion des aliments favorisant des fermentations intestinales ou le développement de germes opportunistes comme le Candida. D’autre part, la prise chronique d’IPP en réduisant l’acidité de l’estomac ne permet pas aux enzymes gastriques de bien fonctionner et les germes avalés lors de la prise de nourriture ne sont pas détruit efficacement par l’acidité gastrique. Cela entraine également des risques de contamination intestinale de germes pathogènes comme les levures (27). 

La prise d’enzymes digestifs associé ou non à la prise de plantes amères (élixir du suédois) permet d’améliorer les capacités sécrétoires de l’estomac et les capacités d’assimilation des nutriments. Chez les personnes dont on suspecte une hypochlorrhydrie, la prise de Betaine HCL, une à 2 cps par repas peut réellement aider la digestion surtout lors de consommation de protéines animales et permet également de tuer plus efficacement les germes dans l’alimentation.  

4)     Le stress chronique

Il est essentiel de réduire son état de stress pour ne pas affaiblir son système immunitaire. Certaines personnes me disent qu’elles gèrent leur stress parce qu’elles font du yoga ou de la méditation. Mais cela est une mauvaise compréhension du stress.  Les personnes souvent s’épuisent dans un travail insatisfaisant, elles sont minées par des conflits interpersonnels mal gérés que ce soit au travail ou en famille ou ont un manque de sommeil etc. Il est nécessaire de régler les situations émotionnelles qui nous drainent avant d’espérer régler le problème de la candidose. Cette partie est souvent capitale car une vie stressante ou un stress émotionnel permanent affaibli notre système immunitaire et fatigue notre organisme. Si la personne ne peut pas résoudre ce qui la stresse au plus profond d’elle-même alors l’ensemble de cette prise en charge a peu de chance d’être réellement efficace.

Dr Antonello D’oro

Références :

  1. Erdogan A. RAO SS « Small intestinal fungal overgrowth” Curr Gastroenterol Rep. 2015 Apr;17(4):16
  2. Jacobs “Dysmotility and ppi use are independent risk factors for small intestinal bacterial and/or fungal overgrowth” Aliment Pharmacol Ther, 2013:37(11):1103-1111
  3. Ding et al “Anti-secretory therapy and opioid analgesics confer increased risk for developing small intestinal bacterial and fungal overgrowth” Gastroenterol April 2016. 150(4)
  4. Carouge M “Humoral immunity links Candida albicans infection and coeliac disease” 2015 Mar 20;10(3)
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  6. Mori K1 “β-(1,3)-Glucan derived from Candida albicans induces inflammatory cytokines from macrophages and lamina propria mononuclear cells derived from patients with Crohn’s disease” Intest Res.2018 Jul;16(3):384-392. doi: 10.5217/ir.2018.16.3.384. Epub 2018 Jul 27.
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  22. Krasowska A “The antagonist effects of Saccharomyces boulardii on Candida albicans filamentation,adhesion and biofilm formation” FEMS Yeast 2009 Dec;9(8):1312-21
  23. Crawford “Biphasic zinc compartimentalisation in a human fungal pathogen” PloS Pathog. 2018 May 4;14(
  24. Hans S “Magnesium deprivation affects cellular circuitry involved in drug resistance and virulence in candida Albicans” J Glob Antimicrob Resist. 2019 Jun;17:263-275
  25. Kuwahara T “ Adding Biotin to parenteral nutrition solutions without lipid accelerates the growth of candida albicans” Int J. Med Sci 2016 Sep 15;13(9):724-9
  26. Bouzid “ Vitamin D3, a new drug against Candida Albicans” J Mycol Med 2017 Mar;27(1) 79-82
  27. Naito Y “Intestinal Dysbiosis Secondary to proton-pump inhibitor use” Digestion 2018;97(2):195-204
Dr. A. D'Oro

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Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé, site: http://www.plomed.ch, Email: secretairedoro@gmail.com,Tel: +41.22.301.63.38, 

  16 comments for “Quand SIBO et candidose font ménage ensemble

  1. Avatar
    Al
    15 septembre 2019 at 16 h 39 min

    Merci pour ces articles, toujours très intéressants
    On.m’a donne de l’itraconazole sur 15jrs puis candiliance en fond et une bardée de composés vitaminiques dont mg, vit b, cu, zinc etc…
    J’ai peur que l utilisation d antifongiques chimique affaiblisse également le microbiote deja bien affaiblie…
    Juste allicin, neem, berberine complex et ac caprilic est suffisant?
    Concernant les glucides c est 0: un.peu de riz blanc peut etre ajouté??
    Merci

    • Dr. A. D'Oro
      24 septembre 2019 at 9 h 55 min

      Bonjour
      Le fluconazole c’est ce qui marche le mieux pour une candidose intestinale, les vitamines et minéraux sont préférables seulement après le traitement
      pour ne pas soutenir le processus de développement de la candidose.
      Il n’y a pas d’impact négatif sur le microbiote avec les antifongiques, c’est plutôt un risque de toxicité hépatique pour le fluconazole.
      Les produits naturels sont des fois moins efficaces mais ont l’avantage d’un plus large spectre sur d’autres pathogènes. Vous pouvez essayer les compositions proposées dans l’article.
      Les diètes comme expliquées dans l’article ne doivent pas être trop stricte sinon il y a risque d’affaiblissement du système immunitaire et perte de la masse musculaire.

      Sincèrement
      Dr A. D’oro

  2. Avatar
    16 septembre 2019 at 14 h 57 min

    merci encore pour cet excellent article! J’avoue que je me pose rarement la question de ou est la candidose car si elle est dans le colon, il y a de fortes chances qu’elles se propage (et idem si elle est dans le grele)… Je me fie généralement à la clinique + analyse de sang (IgG) pour attester ou non de sa présence. Si la prise de sang ressort négative malgré plusieurs symptomes, j’ai tedance à orienter vers analyse de selles (remboursée en France) ou analyse des métabolites organiques urinaires (non remboursé).
    POur le traitement de la candidose, j’ai pu voir qu’un traitement en 3 phases (3 traitements de 15 à 21j successifs), avec 3 plantes différentes était le plus efficace. En général je travaille avec 2 actifs isolés (EPP /aillicine /berberine /neem selon les cas…tres rarement d’HE car j’ai bcp de patients avec des sensibilités intestinales ou des foies fatigués) et je termine par un complexe, notamment celui de Nutrixeal. Il a beau etre peu concentré en actifs, vu qu’il y a un mélange d’actifs, l’efficacité est, du moins selon mon expérience personnelle, bien présente.

    • Dr. A. D'Oro
      24 septembre 2019 at 10 h 04 min

      Bonjour
      Je pense qu’il est important de différencier les tableaux de la candidose. Dans le colon, c’est un opportuniste naturel et sa présence n’a pas de rôle particulièrement pathogène.
      Plusieurs recherches ont montré que sa présence dans les examens de selles n’indiquait pas une candidose active et n’était pas fiable. Les métabolites organiques urinaires et les anticorps sont un peu plus fiables.
      Sa présence excessive dans l’intestin grêle est beaucoup plus dangereuse en raison de la finesse de la muqueuse, de l’absence d’une flore eubiotique puissante et de la capacité de se transloquer à travers la paroi intestinale. Maintenant, si vous avez un protocole de traitement qui marche pour vous c’est très bien, il faut savoir que ça peut être très récidivants et associé à d’autres problématiques intestinales (SIBO, parasites, EBV, lyme etc..)
      Sincèrement
      Dr A. D’oro

  3. Avatar
    Apolline
    27 septembre 2019 at 20 h 06 min

    Bonjour, j’ai lu diverses études disant que le fluconazole est efficace en cas de C. albicans mais pas en cas de C. glabrata (résistant aux azoles en l’occurence). Or une candidose peut être aussi due à ce type de candida (entre autres)
    https://www.em-consulte.com/en/article/67628
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Candida_glabrata
    Cordialement

    • Dr. A. D'Oro
      28 septembre 2019 at 19 h 30 min

      oui effectivement

      c’est pourquoi, il est intéressant de connaitre le type de candida et de donner des traitements combinés ou alternés médicaments et produits naturels avec des plantes et des huiles essentielles etc.

      Sincèrement
      Dr A. D’oro

      • Avatar
        Laurent Masson
        9 octobre 2019 at 12 h 20 min

        Bonjour,
        Un gros merci pour cet excellent article encore une fois.

        Français habitant au Brésil et atteint de troubles digestifs importants doublés plus récemment par des troubles cérébraux (confusion, mémoire …), j’ai fini par comprendre que suivre votre site ne suffirait pas et qu’il me fallait le suivi d’un praticien compétant et au fait de cette façon de voir les intestins et ses pathologies associées.

        J’ai fini par rencontrer un médecin en médecine fonctionnelle, traitant avec de l’orthomoléculaire. Il a été formé sur le protocole d’un spécialiste américain réputé : le D. Tom O’Brian, auteur du livre “the autoimune fix”.

        Si vous ne connaissez pas, très rapidement, il s’agit de considérer toute maladie auto-immune comme un empoisonnement du sang du à une porosité excessive de l’intestin, lui même due à l’ingestion d’aliments inflammatoires ou érosifs comme le gluten, le lait et ses dérivés, le sucre et l’alcool.
        Il prend également en considération le patrimoine génétique responsable de la sensibilité de chacun et du type d’auto-immune favorisée, ainsi que, bien sûr, les déclancheurs environnementaux (pollution, pesticides, acidités, métaux lourds …) et psychologiques (stress, traumatismes …).

        Ce qui me perturbe, c’est la différence importante dans l’approche du phénomène. Vous me direz si je me trompe, mais il me semble que votre approche, comme celle dun grand nombre de spécialiste européens, vise en premier lieu les SIBO, ou encore, découverte pour moi aujourd’hui, les SIFO, en laissant de côté là porosité intestinale.
        Le protocole que je suis actiellement est exactement opposé. Pour le moment, il n’est pas question de traitement antibiotique ou antifongique, mais de donner toute laisepossible à l’intestin pour qu’il se referme, évitant ainsi le passage trop important de substances nocives ou pour le moins anormales.

        Pour résumer, j’ai pris de la betaine le temps que ma digestion s’améliore, de qui est maintenant le cas.
        Je prend de la glutamine, un complexe de magnésium dimalato, vitamines D3 et K2, de l’oméga 3.
        Un médicament nommé LDN naltrexona, à 4.5mg.
        Et un complexe qui vise je crois à limiter les effets d’un syndrome de Hashimoto diagnostiqué à son tout début grâce, à une prise de sang très complète ciblé sur les anticorps.

        Que pensez vous de cette méthode ? Serait-il bon de s’occuper des bactéries et autres levures de mon intestin ? Pourquoi ne semblez vous pas vous préoccuper davantage de la porosité intestinale ? Ou peut-être le faites vous et je n’ai pas compris. Dites moi.

        Un grand merci d’avance pour le temps que vous prenez a communiquer sur ce sujet. Cest à mon avis ce qu’il manque le plus aujourd’hui sur ces pathologies.

        Encore merci.

        • Dr. A. D'Oro
          9 octobre 2019 at 21 h 29 min

          Bonjour,

          Je connais très bien l’approche du Dr Tom O’Brian qui est un nutritionniste assez célèbre aux USA.
          Mes connaissances proviennent de diverses approches de nutritionnistes anglo-saxons.
          La perméabilité intestinale est également une pierre angulaire de toutes les approches digestives.
          J’utilise certains concepts du Dr Tom O’Brian dans les maladies auto-immunes et le LDN est également fréquemment prescrit dans certaines maladies auto-immunes ou douleurs chroniques comme la fibromyalgie.
          J’ai récemment écrit beaucoup d’articles sur le SIBO uniquement par ce que c’est très mal compris en france ou en suisse et qu’il fallait monter le niveau de connaissance de cette pathologie chez nous en expliquant les différentes variantes.
          On peut avoir des approches efficaces qui peuvent sembler opposées par exemple on peut dans un premier temps rechercher et éliminer les facteurs pathogènes qui minent le terrain que ce soit le SIBO, SIFO, EBV, parasites, lyme et dans un 2ème temps renforcer le terrain et l’immunité et le microbiote
          MAis on peut également chez quelqu’un donc l’organisme est fatigué, préférer renforcer le terrain, en corrigeant les carences, cicatrisant l’intestin, stimuler l’immunité etc.. et dans un 2ème temps si nécessaire traiter les pathogènes

          Sincèrement
          Dr A. D’oro

          • Avatar
            Laurent Masson
            13 octobre 2019 at 19 h 38 min

            Merci pour votre réponse rapide.

            2 petites choses :

            – vous dites que le sibo est très mal connu en France où en Suisse. Tout à fait d’accord, mais croyez vous que la perméabilité intestinale soit mieux traitée ? Il me semble que c’est presque pire. Le sibo, il s’agit de bactéries, on parle alors d’antibiotiques, tout le monde connaît, ça me paraît plus simple à appréhender.
            Mais la porosité intestinale ? Honnêtement, sur internet je n’ai rien trouvé de très clair. Sur le sibo si. Quand pensez vous ?
            – si j’ai bien compris votre réponse, on peut traiter dans un ordre ou dans l’autre, suivant l’état du patient. Mais en aucun cas traiter les pathogènes ET la porosité en même temps. Il s’agit forcément de 2 étapes différentes. C’est cela ?

            Merci

          • Dr. A. D'Oro
            24 octobre 2019 at 22 h 10 min

            Bonjour

            Le SIBO et le SIFO sont 2 causes fréquentes de perméabilité intestinale,
            on peut bien entendu traiter une fermentation intestinale et une hyper perméabilité
            en même temps ou juste après le traitement anti-microbien. Souvent il faut traiter la porosité intestinale
            pendant de nombreux mois.

            Sincèrement

            Dr A. D’oro

          • Avatar
            Laurent Masson
            4 décembre 2019 at 13 h 46 min

            Bonjour,
            Je reviens vers vous aujourd’hui car après 2 mois de repis je suis en pleine rechute.

            J’en profite pour corriger une information erronée dans mon précédent résumé : le complexe que je prenais dans cette 1ere phase du traitement (en plus de la diète précédemment citée et du traitement de base glutamine/omega3/vitamines D3 et K2, malate de magnésium) visait à faire baisser mon taux d’homocisteine, pourtant à un taux satisfaisant les normes des analyses de sang.

            Je dois avouer qu’à la fin de cette 1ere phase de 2 mois, mon état général s’était rapidement et tellement amélioré, tant au niveau cérébral que physique, que j’ai baissé ma garde et me suis permis quelques écarts :
            – un jus de fruit chaque matin si possible sans fodmap. Mon médecin me l’avait interdit mettant en cause la séparation du sucre et des fibres, augmentant ainsi l’absorption dans le sang, d’après lui préjudiciable au rétablissement de mon intestin.
            – du chocolat artisanal contenant également du sucre.
            – exceptionnellement une ou 2 cuillères à café de sucre dans une tisane.
            – un verre de vin à une seule occasion
            – l’ajout de quelques aliments fodmap, en quantité réduite (noix de cajou, betterave rouge, poire …)

            C’est lorsque je suis passé à la 2e phase du traitement, il y a environ un mois, en y ajoutant les enzymes pancréatiques afin d’aider une fois de plus à la cicatrisation de mon intestin, que les choses se sont gâtées.
            Cela fait maintenant presque 3 semaines que ma diarrhée a repris. Et de façon virulente, très liquide, et fréquente, sans relâche. J’ai évidemment repris la diète de base, retirant tout type de sucre et de fodmap.

            Mon médecin reste persuadé que cela est du à mes écarts d’alimentation, au sucre. Et me conseille simplement la patience. Il me dit que l’intestin est un organe fragile facile à déséquilibrer, et long à se remettre.

            Même si je reste confiant de ce protocole, que je ne veux pas en changer à la moindre difficulté, il reste que cette situation est extrêmement pénible et entraîne des questionnements :

            1) que pensez vous du protocole suivi jusqu’à aujourd’hui ?

            2) utilité des enzymes pancréatiques ?

            3) le sucre peut-il être réellement la cause de tous mes soucis actuels?

            4) vous semble t’il raisonnable d’attendre ainsi ? Jusqu’à quand ?

            A aucun moment il n’est question de traiter ni même de diagnostiquer l’éventuelle présence de bactéries pathogènes ou parasites. Cela devrait faire l’objet d’une phase future du traitement. J’en reviens donc au 1er sujet de mon commentaire :

            1) ne faudrait-il pas se préoccuper d’un éventuel sibo/sifo ?

            2) une prolifération bactérienne ne pourrait-elle pas être la cause de ces diarrhées ?

            3) si c’est le cas, ne pourrait-elle pas aller jusqu’à entraver le processus de guérison de la porosité intestinale ?

            Une question à part : que pensez vous de l’argent colloïdal dans ce type de problème ?

            Merci d’avance.

          • Dr. A. D'Oro
            4 décembre 2019 at 22 h 15 min

            Bonjour

            Effectivement, il serait intéressant de faire quelques investigations supplémentaires (SIBO, SIFO etc.)
            Maintenant votre histoire soulève un autre problème, une diète restrictive comme la diète sans FODMAP au long cours,
            après 2 à 3 mois fragilise le microbiote avec baisse drastique des bonnes bactéries comme les bifidobactéries.
            Une dysbiose intestinale est un déséquilibre avec augmentation des pathogènes et opportunistes mais surtout baisse
            des bonnes bactéries. C’est lorsque vous avez de nouveau réensemencer votre microbiote par une diversité alimentaire
            avec une alimentation riche en prébiotiques et polyphénols que vous pourrez recommencer à mieux gérer les écarts.
            Faire attention avec une diète restrictive au long cours amène souvent la rechute.
            Sincèrement

            Dr A. D’oro

  4. Avatar
    Arnaud
    28 septembre 2019 at 14 h 48 min

    Bonjour docteur D’Oro,

    Il est écrit dans cet article que le docteur Rao parle, dans un futur proche, d’une petite capsule introduite dans l’intestin grêle, pour récupérer et analyser le type de prolifération.
    D’ici combien d’années?
    Ces capsules pourraient elles aussi analyser le SIBO, pour remplacer les tests respiratoires ?

    Merci pour votre réponse.

    Cordialement

    Arnaud

    • Dr. A. D'Oro
      28 septembre 2019 at 19 h 32 min

      Bonjour

      Je ne peux vous répondre clairement sur quand ces procédures seront accessibles.
      Probablement, cette technique pourrait remplacer les tests respiratoires et permettre également
      une analyse précise du microbiote de l’intestin grêle.

      Sincèrement
      Dr A. D’oro

  5. Avatar
    Collin Caroline
    13 novembre 2019 at 14 h 54 min

    Bonjour alors moi je ne suis suivi par personne car peu de thérapeutes connaissent bien ces maladies , là où je vis !! Je fais mes recherches seules , j aurai aimé être suivi par quelqu’un , se serait plus facile !
    Je dois avoir le SIBO et candida mais j ai l impression qu à chaque essais de plantes antifongiques associées mes symptômes s aggravent donc que puis je essayer ?

    • Dr. A. D'Oro
      14 novembre 2019 at 23 h 03 min

      Bonjour,
      Si vos symptômes s’aggravent cela peut venir du fait que vous n’avez pas bien ciblé les pathogènes ou les causes responsables d vos problèmes,
      l’autre possibilité est que vous avez une participation de candidose et que les traitements provoquent des réactions de “die off”,
      il est toujours préférable d’être suivi mais je suis conscient qu’encore peu de médecins s’intéressent à ces approches nutritionnelles.
      Les gens doivent devenir progressivement leur propre spécialiste et c’est un chemin difficile.

      courage

      Dr A. D’oro

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