Parasites, faut-il tous se traiter ?

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Dans mon article de 2020, sur les parasites, je soulignais déjà le fait que les parasites sont présents un peu partout et utilisent de nombreux moyens pour nous contaminer.  Par exemple, un vecteur de contamination fréquent sont les animaux de compagnies comme le chat et le chien, surtout s’ils dorment dans le lit, lorsqu’ils nous lèchent ou lorsqu’on les embrasse. On peut également les trouver dans les bars à salades, dans les sushis et dans divers autres aliments tels que la viande peu cuite mais également les fruits et les légumes ainsi que dans l’eau. Les parasites ne sont plus l’apanage des pays en voie de développement, on assiste dans les pays occidentaux depuis de nombreuses années à une résurgence des maladies liés aux parasites. Je soulignais également le fait que de nombreuses parasitoses intestinales sont endémiques en Suisse ou ailleurs en Europe, parmi lesquelles Giardia intestinalis, Strongyloides stercoralis (dans le pourtour méditérranéen), et bien sûr Blastocystis hominis.  

To treat or not to treat, that is the question

Dans ce nouvel article sur les parasites, le sujet est de savoir s’il est nécessaire ou conseillé de se traiter contre les parasites de façon systématique ou plutôt lors de symptômes ou de signes cliniques particuliers même malgré l’absence d’un diagnostic précis. La question peut sembler incongrue et peu scientifique, en effet la médecine a besoin de preuves avant d’envisager un traitement ciblé.

Il faut toutefois souligner que traditionnellement dans de nombreux pays, une à deux fois par année on prend un traitement contre les parasites pendant quelques jours et cela se faisait également il y a encore quelques décennies dans des pays occidentaux. Chez nous, progressivement, avec l’amélioration des systèmes sanitaires, de l’épuration des eaux, de l’hygiène personnelle, du contrôle sanitaire des aliments, ces maladies parasitaires avaient progressivement diminué de façon drastique mais actuellement ce n’est plus le cas. Il existe diverses explications tels que le flux massif des migrants depuis les pays en voie de développement, les voyages fréquents dans les pays tropicaux, l’importation de produits exotiques etc.

protozoaires
Figure 2 : protozoaires

Certains spécialistes estiment même qu’environ 70% des gens ont des parasites, cela ne voulant pas dire qu’ils souffrent d’une maladie parasitaire puisque probablement de nombreux parasites sont habituels et peu pathogènes. Ainsi le Blastocystis hominis ou le Dientomobia fragilis sont souvent constatés dans les selles chez des personnes en bonne santé et de nombreux médecins estiment que la découverte fortuite de ces protozoaires ne doit pas justifier un traitement s’il n’y a pas de symptômes digestifs (1).

Dans certains cas, la présence de parasites pourrait même être favorable pour se protéger de certaines maladies. Ainsi, certaines maladies de civilisation comme la sclérose en plaque semblent montrer que la présence de parasites réduit le risque de cette maladie auto-immune. Dans certains centres médicaux, on propose même d’injecter des parasites comme des helminthes afin de traiter des maladies de civilisation comme les maladies inflammatoire de l’intestin ou des maladies auto-immunes, malgré les résultats prometteurs, cette approche reste pour l’instant une thérapie expérimentale (2,3).  Cela semble toutefois montrer que dans certaines conditions, l’effet immunosupresseur de certains parasites peut être favorable dans certaines maladies comme les maladies auto-immunes et néfastes dans d’autres cas.

Comment suspecter des parasites ?

Actuellement, peu de médecins relient des symptômes fréquents tels qu’une migraine, des troubles digestifs ou encore des douleurs dans les articulations avec une affection parasitaire bien que cela soit possible. Certaines perturbations dans le sang peuvent évoquer un problème de parasite telles qu’une éosinophilie de plus de 5 (formule sanguine complète), des tests hépatiques perturbés sans raisons apparentes ou encore une anémie inexpliquée avec des réserves de fer basses. Le médecin qui suspecte des parasites se contente souvent d’une recherche de parasites dans les selles, toutefois cet examen est plutôt décevant et peu fiable. Les examens comme la coloscopie ou la gastroscopie sont souvent dans la norme. Un médecin ou un thérapeute connaissant un peu mieux la problématique des parasites va poser des questions quelques fois plus utiles que de nombreux tests conventionnels, par exemple :

  • La présence d’un bruxisme la nuit, plus marqué autour de la pleine lune
  • Des problèmes d’insomnie et d’anxiété plus marqués autour de la pleine lune.
  • Un prurit anal persistant (souvent oxyures ou candidose).
  • Des poussées d’eczéma, une urticaire ou un rash cutané, plus marqué autour de la pleine lune.
  • Des ballonnements, des troubles digestifs aggravés lors de la période de pleine lune.

L’histoire de la pleine lune peut paraitre peu scientifique. Il existe toutefois une explication à ce phénomène. Lors de la pleine lune, le corps produit moins de mélatonine et plus de sérotonine, ce qui permet aux parasites d’être plus actifs et cette activité produit un stress pour l’organisme, ce qui explique que les gens vont plus grincer des dents ou souffrir d’insomnie. Il faut comprendre que la plupart des parasites ont des cycles et ils peuvent rester dans un état d’hibernation, s’entourant de structures kystiques pour se protéger et continuer éventuellement à se développer. Souvent les parasites se réveillent dans une période de 7 jours autour de la pleine lune et durant cette période ils veulent plus de nourriture pour se reproduire, ils peuvent même affecter nos niveaux de sérotonine ou de dopamine pour modifier nos comportements alimentaires et stimuler nos compulsions alimentaires. C’est souvent durant cette période qu’ils sortent de leur barrière protectrice pour rentrer dans le système et c’est à ce moment que les gens peuvent avoir plus de symptômes, se sentent moins bien, plus fatigués, le cerveau dans le brouillard avec plus de problèmes digestifs, mais c’est également à ce moment qu’ils ne sont plus en mode protection et qu’ils sont plus vulnérables aux traitements.

Faut-il toujours avoir un diagnostic avant de traiter ?

Nous sommes dans une société qui veut absolument faire un diagnostic, avoir une preuve irréfutable avant de traiter. Certains parasites ont toutefois une capacité de neutraliser notre immunité, d’éviter d’être détecté, même dans les selles. De plus les examens de selles à la recherche de parasites sont souvent peu fiables même sur plusieurs prélèvements. Les sérologies sanguines contre des pathogènes (Elisa) ne sont pas toujours fiables car il existe de très nombreuses espèces de parasites non couvertes par ces tests et la réponse immunitaire va être insuffisante si le système immunitaire est affaibli et cela va également dépendre du timing par rapport à l’infection. Il existe des examens qui semblent plus prometteurs comme le GI-MAP qui est une analyse par PCR amplifiant des fragments d’ADN de certains pathogènes. Potentiellement, il s’agit d’une technologie plus avancée mais encore considérée comme « expérimentale » par beaucoup de compagnies assurances qui refusent de les couvrir. Le GI-MAP permet également de rechercher de nombreuses bactéries opportunistes ou pathogènes, des levures (candida) ainsi que certains virus et permet aussi d’évaluer des marqueurs d’inflammation intestinale (calprotectine), d’immunité de la muqueuse (IgAs) , de perméabilité intestinale (zonuline) et de capacité enzymatique (élastase fécale).

Toutefois, étant donné la fréquence des affections parasitaires et la difficulté à faire un diagnostic, de nombreux médecins ou thérapeutes formés en médecine nutritionnel ainsi que des naturopathes optent pour une approche plus pragmatique en traitant d’une façon plus systématique leurs patients contre les parasites lors de plaintes digestives ou autres. Divers spécialistes suggèrent même de se traiter contre les parasites systématiquement deux à trois par ans, même sans symptômes, bien entendu en privilégiant des approches naturelles que nous discuterons plus loin dans l’article. Souvent ils observent après un traitement des résidus de vers dans les selles et des fois après un traitement antiparasitaire, ils voient disparaitre des intolérances alimentaires, des allergies ou des symptômes digestifs tels qu’un côlon irritable ou une gastroparésie. Alors comment expliquer l’amélioration de maladies chroniques par le traitement de parasites ?

Comment les parasites ouvrent la porte à de nombreuses maladies chroniques

La présence de parasites va favoriser de nombreux problèmes médicaux. Bien entendu les parasites, comme certaines autres infections digestives, vont rentrer en compétition avec l’absorption de divers micronutriments tels que le magnésium, les vitamines B, le fer mais également des nutriments comme les protéines, les glucides pouvant favoriser des problèmes de malabsorption et de dénutrition. Un point important est de comprendre la relation entre les parasites et des problèmes d’allergies ou d’intolérances alimentaires qui est expliquée par la capacité des parasites de réduire la voie immunitaire TH1 et stimuler la voie TH2 par la libération de certaines cytokines (IL 5, IL 13, IL4). Cette perturbation de l’équilibre TH1/TH2 va favoriser les phénomènes d’hypersensibilité alimentaire, d’allergies alimentaires ou d’allergies saisonnière etc. D’autant plus que les parasites peuvent dégrader notre muqueuse intestinale et diminuer nos IgA sécréteurs ce qui ouvre la porte à des risques d’hyperperméabilité avec les nombreuses conséquences que l’on connait (surcharge des voies de détoxification hépatique, stress oxydatif, inflammation systémique et neuroinflammation etc.).

parasites et immunité
Figure 3 : Parasites et immunité

De plus, l’inhibition de la voie TH1 qui est notre immunité cellulaire peut favoriser la réactivation de virus et même réduire nos capacités à détruire les cellules cancéreuses. La relation entre le cancer et les parasites commencent d’être de plus en plus étudiée (4), les parasites pourraient en effet favoriser la progression d’un cancer 4) mais dans d’autres cas pourraient réduire sa progression (5), ce qui prouve bien la complexité de l’interaction entre parasites et système immunitaire.

On peut en effet suspecter des parasites en cas de persistance inexpliquée de divers symptômes tels que des symptômes digestifs de type côlon irritable, de douleurs articulaires ou musculaires, d’allergies, d’un prurit du nez, des oreilles ou de l’anus, d’un état de fatigue chronique, d’une anémie, d’un brouillard cérébral, de troubles du sommeil ou de problèmes de vision etc.

Approche naturelle globale antiparasitaire, même sans diagnostic précis

Nous avons vu que les parasites peuvent provoquer des symptômes digestifs classiques pouvant évoquer un côlon irritable ainsi que des symptômes plus généraux comme des rashs cutanés, des démangeaisons, un état de léthargie, des douleurs musculaires etc. Certains symptômes peuvent être plus évocateurs comme des grincements de dent la nuit, un syndrome de jambes sans repos, des réveils nocturnes fréquents, des agitations nocturnes. Toutefois trouver une parasitose n’est pas si simple, il y a en effet des centaines de parasites différents et globalement la détection dans les selles est assez décevante. Certains spécialistes estiment à 8% la chance de détecter des parasites, ce qui veut dire que des examens négatifs des selles ne nous permettent pas d’éliminer ce diagnostic. Dès lors, prendre un traitement contre les parasites, malgré l’absence de diagnostic, est une attitude justifiable même en l’absence de symptômes. Au vu de la présence endémique en Europe de nombreux parasites, on devrait peut-être faire comme ce que l’on faisait auparavant, à savoir se vermifuger régulièrement une à deux par an.

La première étape, lors d’un traitement naturel est d’ouvrir les émonctoires

Il est important que nos capacités de détoxification et d’élimination soient bien fonctionnelles avant de s’attaquer à des parasites. Ainsi, il est important d’avoir un bon transit, prendre des fibres si nécessaire ou même faire des lavements en cas de constipation opiniâtre.

Il faut également soutenir la détoxification hépatique par exemple par des plantes à drainage hépatique (par exemple chardon marie etc.), les anglo-saxons proposent souvent le TUDCA qui est un acide biliaire hydrosoluble qui aide le foie à mieux fonctionner.

Pour activer les voies de drainage lymphatique du corps, on peut pratiquer le « dry brushing » ou l’application de pack d’huile de ricin et pour l’élimination des toxines par la peau, on pensera au sauna traditionnel ou à infrarouges. Peut-être la raison la plus importante de bien ouvrir ces émonctoires est le fait que les parasites peuvent transporter jusqu’à 6 à 8 fois leur poids en matériels toxiques tels que des métaux lourds etc., d’autant plus que notre environnement est de plus en plus toxique et que d’autre part les parasites peuvent endiguer notre foie, notre vésicule biliaire, notre colon et lors d’un traitement anti parasitaire relâcher de nombreuses toxines qui vont bloquer leur élimination par les selles.

La deuxième étape est de traiter avec des produits naturels les parasites

Les plantes anti-parasitaires

C’est le moment de prendre quelques plantes antiparasitaires comme le noyer noir, l’armoise, le clou de girofle, la vidanga etc. Vous avez par exemple des produits composés : chez NOW Foods (Complexe de noyer noir vert et armoise, absinthe) ou PARASTONIL (K59) de chez Apex Energetics (armoise, noyer noir, ail, feuille d’olivier) ou FORMULA 1 de chez Microbe Formulas (clou de girofle, neem, triphala, vidanga, alma, holarrhena etc.). Pour ceux qui veulent combiner un traitement contre les parasites, les levures (candida) et des bactéries pathogènes, il y a le GI-Synergy de chez Apex Energetics.

Le Mimosa pudica

Mimosa pudica
Fig 4 -Mimosa pudica

De nombreux médecins, naturopathes (surtout dans les pays anglo-saxons) proposent en association ou seule, la graine de mimosa pudica. Le Mimosa pudica est une ravissante vivace, de la famille des légumineuse, originaire des zones tropicales d’Amérique du Sud. Elle a des   propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes, anti-microbiennes, antifongiques et antivirales et surtout antiparasitaires. Toutes les parties de la plante ont des propriétés mais ce qui nous intéresse ce sont les graines qui sont composées d’une matière liposoluble, très gluante qui adhère à tout. Les graines de mimosa pudica, par leur nature adhérente, ont le pouvoir d’extirper parasites et pathogènes du tractus intestinal, ceci sans effets secondaires. Une des marques les plus connue est Mimosa pudica seed de chez Microbe Formulas, d’autres sociétés connues commercialisent les graines de Mimosa pudica pour traiter les parasites tels que PARA1 de chez Cellcore. On trouve également de nombreuses autres marques moins chères sur Internet (Mimosa pudica seed de Double Wood, Mimosa pudica seed de Amen ou de chez Maui herbs).  Un produit de CODE AGE, Mimosa pudica seed + associe même les graines de mimosa avec diverses plantes antiparasitaires.

Prendre des absorbeurs (binders)

Lorsque les parasites sont éliminés, il peut y avoir un phénomène de die off, à savoir des réactions immunitaires pouvant créer des symptômes désagréables qui font toutefois partie du processus de détoxification et de guérison, c’est la raison pour laquelle la plupart des thérapeutes associent un chélateur afin d’absorber les toxines et réduire les risques de die of. La marque Microbe Formula propose par exemple Bioactive Carbon BioTox, la marque Cellcore propose un produit qui s’appelle Carboxy ainsi que HM-ET Binder, la marque CODE AGE propose « Binder + Full Spectrum » etc. On peut toutefois de façon plus simple prendre du charbon actif, de la zéolithe ou tout autre préparation contenant des absorbeurs ou chélateurs.

Associer intelligemment les traitements

Les parasites peuvent se loger partout dans notre corps et si l’on veut les éliminer correctement, il est important d’ouvrir les émonctoires pour qu’ils puissent s’en aller. Les antiparasitaires vont tuer une partie des parasites et le Mimosa Pudica, parce que c’est une substance gluante, va aider à décoller les parasites de la muqueuses intestinales et les faire sortir vivants ou morts, c’est pourquoi, certaines personnes, lors du traitement vont observer régulièrement dans leurs selles des parasites qui sont visibles à l’œil nu.  

En mourant les parasites vont libérer des endotoxines et des métaux lourds, d’où l’importance d’adjoindre des absorbeurs ou chélateurs en s’assurant que notre intestin et nos reins fonctionnent bien. La qualité de la bile est aussi importante, il s’agit d’un absorbeur et draineur de toxines essentiel. Pour augmenter la production de bile, on peut prendre des plantes amères ou du TUDCA, de plus les voies de détoxification du foie peuvent être renforcée par la prise de glutathion, de NAC, de chardon marie etc. Il faut être conscient qu’il y a beaucoup de facteurs qui agissent simultanément et il est important de protéger nos organes en drainant les toxines au fur à mesure qu’elles sont libérées. Si on se contente de prendre des plantes antiparasitaires, on risque de générer beaucoup d’autres problèmes.

Approche ciblée sur des pathogènes précis fréquemment constatés 

Comme je l’ai souligné au début, il existe de très nombreux parasites dont la plupart sont souvent difficiles à mettre en évidence. Comme classification de base, on peut séparer les parasites unicellulaires comme les protozoaires, les multicellulaires comme les Helminthes (vers) ou encore la famille des ectoparasites (comme la gale). Dans les vers, les plus fréquent en France sont les oxyures, le taenia (ver solitaire) et les ascaris, le traitement comprend souvent l’administration d’un vermifuge (Vermox). Toutefois, les parasites les plus fréquemment constatés dans la pratique quotidienne sont des protozoaires comme le Blastocystis hominis, le Dientamoeba fragilis, l’Entamoeba histolitica, le Giardia Lamblia ou encore le Criptosporidium. Les traitements naturels peuvent bien entendu fonctionner toutefois en cas de résistance ou d’un tableau clinique important, les médicaments doivent être envisagés sans oublier de donner des chélateurs et soutenir la détoxification hépatique.

Le Blastocystis hominis

Il s’agit d’un protozoaire, à savoir un parasite unicellulaire, fréquemment retrouvé dans notre intestin. Il peut être retrouvé chez des personnes en bonne santé qui n’ont aucun symptômes digestifs ou retrouvé chez des personnes qui ont des diarrhées, des douleurs abdominales ou autres symptômes digestifs. Dans un rapport de la Mayo Clinic, un célèbre centre médical des USA, les symptômes fréquemment associés avec une infection à Blastocystis étaient des diarrhées, des nausées, des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz, une perte d’appétit et de la fatigue (6). Il est fréquemment retrouvé dans la population des gens souffrant d’un SIBO ou d’un côlon irritable. Dans un article de 2020 sur mon site, j’avais proposé qu’en cas de traitement, d’essayer des approches naturelles comme l’ADP Biotic (3x4cp par jour pendant 6 semaines) et le Saccharomyces Boulardii (2x 250 mg) (7). Si l’on désire prendre un médicament, le métronidazole est le plus fréquemment prescrit. Dans les pays anglo-saxons, l’Alinia a montré une bonne efficacité lors de résistance aux autres traitements (500 mg 3x par jour pendant environ 2 semaines).

Le Dientamoeba fragilis

 Dientamoeba fragilis
Figure 5 : Dientamoeba fragilis

Il s’agit également d’un protozoaire intestinal. Il est également constaté de façon fortuite chez des personnes en bonne santé. Les symptômes cliniques associés peuvent être des diarrhées intermittentes, des flatulences, des douleurs abdominales, des nausées, une fatigue et une perte de poids. On retrouve fréquemment une éosinophilie dans les infections à Dientamoeba. En médecine, on propose en premier lieu un traitement de métronidazole (500 mg 3x par jour pendant 10 jours) ou de Paromomycine 500 mg 3x par jour pendant 10 jours. Le Dientamoeba peut être associé à des oxyures, ce qui nécessite de prendre un cp de Vermox

Entamoeba Histolitica

L’entamoeba histolitica est connu comme un amibe pathogène transmis par voie oro-fécale, il peut se trouver sous deux formes, l’état kystique et l’état trophozoite. Toutes les infections à E. histolitica doivent être traitées, même en l’absence de symptômes en raison du risque de développer une forme invasive et de contaminer les membres de la famille. Les organismes en relation tels que Entamoeba coli, Entamoeba hartanni, Endolimax nana, Entemoeba dispar, Entamoeba moshkovskii ou polecki ou encore Entamoeba gingivalis doivent être aussi trités. Des études ont montré qu’une infection à Entamoeba peuvent mimer des symptomatologies de côlon irritable. Les traitements habituels comprennent la Paromomycine (500 mg 3x par jour pendant 10 jours), le Tinidazole 2gr par jour pendant 3 jours ou la Nitazoxanide (Alinia 500 mg 3x par jour pendant 10 jours).

Giardia Lamblia

Le giardia lamblia est un protozoaire qui colonise la partie supérieure de l’intestin grêle. La forme aigue est caractérisée par des diarrhées liquides et odorantes (quelques fois œuf pourri) avec d’habitude absence de sang ou de mucus. La forme aigue peut évoluer vers une forme subaigue ou chronique qui peut durer même des années avec des périodes de diminution ou d’augmentation des symptômes et quelques fois sans symptômes du tout. L’infection à Giardia peut amener à une déficience de lactase ou d’autres enzymes ainsi que des syndromes de malabsorption.  Les traitements habituels comprennent la Paromomycine (500 mg 3x par jour pendant 10 jours), le Tinidazole 2gr en une prise ou la Nitazoxanide (Alinia 500 mg 3x par jour pendant 3 jours).   

Il existe également plusieurs stratégies naturelles qui peuvent inhiber la croissance, la réplication ou l’attachement à l’intestin du Giardia ou encore augmenter les mécanismes de défense de l’organisme contre le Giardia telles que des probiotiques comme le Saccharomyces boulardii (10) et lactobacillus rhamnosus GG (8,9), on les associera volontiers à un traitement médicamenteux. Dans une étude sur 65 patients séparés en 2 groupes, un groupe recevait un traitement antibiotique de Flagyl + placébo alors que le 2ème groupe recevait également le Flagyl mais associé à la souche Codex. A un mois, dans le premier groupe, on mettait en évidence encore des kystes de Giardia chez 17% des patients alors que le groupe avec le probiotique, tous les patients étaient guéris (11). Dans les traitements naturels, l’ail, la berbérine ou le propolis ont montré également un intérêt (12,13).

Le Cryptosporidium

Deux espèces peuvent infecter l’être humain par voie oro-fécale le plus souvent : le C. parvum et le C. hominis. Les symptômes les plus fréquents dans les formes aigues sont des crampes abdominales, des nausées, une perte de poids, une anorexie, des vomissements. Il existe également des formes asymptomatiques. Le traitement comprend la Paromomycine (250 mg 3x par jour pendant 7 à 10 jours) ou l’Alinia (500 mg 2 à 3 x par jour pendant 3 jours). L’administration d’un probiotique comme le lactobacillus rhamnosus GG ou L. Reuteri aiderait à la guérison (14).

 

Adjoindre des traitements pour la détoxification des métaux lourds

Nous avons vu que les parasites ont la capacité d’accumuler des toxines de l’environnement comme les métaux lourds. Un parasite peut accumuler jusqu’à 6 à 8 fois son poids de toxines. Dès lors il est conseillé, lors d’un traitement antiparasitaire, d’adjoindre un traitement pour soutenir la détoxification des métaux lourds, par exemple de la zéolite, de la chlorella et/ou de la coriandre, parallèlement on soutiendra les capacités de détoxification du foie en ajoutant du chardon marie, du NAC ou du glutathion. Pour les thérapeutes qui ont l’habitude d’utiliser des chélateurs chimiques, on peut envisager de l’EDTA en suppositoire ou sous forme orale. On peut également adjoindre de la mélatonine qui a un effet chélateur sur les métaux lourds et qui a démontré la capacité de renforcer l’immunité antiparasitaire.

En résumé

Nous avons vu dans cet article que les parasites sont devenus fréquents et endémiques dans nos pays.  Ils doivent être recherchés lors de troubles chroniques inexpliqués et s’ils sont mis en évidence, ils doivent être pris en charge d’une façon naturelle ou médicamenteuse. Toutefois, un test négatif à la recherche de parasites n’exclut pas leur présence ou l’existence d’autres parasites. Il ne faut pas oublier que les tests peuvent être fréquemment négatifs et il faut souvent les répéter plusieurs fois, les recherches par PCR semblent plus prometteuses (GI-MAP). Dans de nombreuses cultures, traditionnellement, il existait des périodes de nettoyage du corps par des plantes antiparasitaires et antimicrobiennes pour se purger de divers parasites ou autres pathogènes.  Dans certaines médecines traditionnelles comme la médecine Ayurvédique, on estime qu’une ou deux fois par année, il serait nécessaire de faire un grand nettoyage de nos émonctoires comme nos intestins, le foie, la vésicule biliaire ou la lymphe.  Ces cures de plantes antiparasitaires et antimicrobiennes, associées à des stratégies pour détoxifier intestin et foie faisaient partie des approches pour maintenir la santé et il semble que le moment soit venu dans notre société occidentale de l’envisager comme pratique de santé.

 

Dr D’oro Antonello

 

 Références 

  1. Christina M. Coyle “ Blastocystis: To treat or not to treat” Clinical Practice, January 2012
  2. Maruszewska “ Helminth Therapy: Advances in the use of Parasitic Worms Against Inflammatory Bowel Diseases and its Challenges” Helminthologia 2018;55(1):1-11
  3. Helena Helmby “ Human helminth therapy to treat inflammatory disorders- where do we stand? “ BMC Immunol 2015;16:12
  4. Kevin Cheeseman “ Parasites and cancer: is there a causal link?” Med Sci 2016 Oct;32:867-873
  5. CAllejas BE “ Parasites as negative regulators of cancer” Biosci Rep 2018 Oct 22
  6. https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/blastocystis-hominis-infection/symptoms-causes/syc-20351205
  7. Dinleyici EC “Clinical efficacy of Saccharomyces boulardii or metronidazole in symptomatic children with Blastocystis hominis infection” Parasitol Res. 2011 Mar;108(3):54-5
  8. Goyal N “ Lactobacillus rhamnosus GG antagonizes Giardia intestinalis induced oxidative stress and intestinal disaccharidases: an experimental study” World J Microbiol Biotechnol.2013 Jun;29
  9. Goyal « Probiotic Lactobacillus rhamnosus GG modulates the mucosal immune response in Giardia intestinalis-infected BALB/c mice » Dig Dis Sci.2013 May;58(5):1218-25
  10. Besirbellioglu” Saccharomyces boulardii and infection due to Giardia lamblia” Scan J Infect. Dis., 2006
  11. Ribeiro MRS “Effect of probiotic Saccharomyces boulardii in experimental giardiasis” Benef Microbes, 2018 18;9(5)
  12. Soffar SA” Evaluation of the antiparasitic effect of aqueus garlic extract in hymenolepiasis nana and giardiasis” J Egypt Soc Parasitol 1991 Aug
  13. Fatima Ibrahim “ Effect of Berberine on giardiasis” Biochem. Cell Arch, 2019 Vol 19, No1, pp 447-450
  14. Pickerd “Resolution of cryptosporidiosis with probiotic treatment” Postgrad Med, 2004

 

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Dr. A. D'Oro

Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé, site: http://www.plomed.ch, Email: secretairedoro@gmail.com, Tel: +41.22.301.63.38,

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Franck
Franck
22 jours il y a

Bonjour, je vous remercie : il était temps que quelqu’un ose le dire enfin, nous avons eu dans notre village, une crise d’appendicite aigue mal gérée qui a entrainé le décès d’un enfant il y a déjà plusieurs années, un drame lié aux parasites, il faut dire aux gens de se vermifuger, adultes et enfants, surtout si on a des animaux! Même les pédiatres ne conseillent plus la vermifugation pour nos enfants, c’est grave! Merci du fond du coeur!

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