Pourquoi les femmes devraient choisir comme bilan hormonal, le DUTCH test.

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Il est vrai que les hormones féminines fluctuent d’un jour à l’autre, d’un mois à l’autre, mais cela ne signifie pas que leur évaluation n’est pas utile, voir importante pour déterminer l’état de santé de la femme.  Bien qu’un test hormonal nous donne un instantané par rapport à un cycle mensuel, nous verrons que si l’on choisit la bonne période, nous pouvons obtenir des informations cruciales afin d’améliorer l’équilibre hormonal, cela étant particulièrement vrai lorsqu’on est confronté à des problèmes hormonaux tels qu’un syndrome prémenstruel, un fibrome, des kystes ovariens, une infertilité ou lors d’une préménopause ou ménopause difficile.

Les médecins font souvent ces évaluations dans le sang mais cela est souvent le moins pertinent car dans le sang on évalue les hormones liées aux protéines transporteuses alors qu’il est plus judicieux d’évaluer les hormones libres ou biodisponible que l’on peut évaluer dans la salive et dans les urines. Dans cet article nous verrons que divers symptômes ou maladies sont dues à un déséquilibre hormonale favorisé par différents facteurs tels que, par exemple, le stress, les xénoestrogènes de notre environnement, une mauvaise détoxification hépatique ou encore un microbiote déséquilibré. Pour retrouver une santé hormonale grâce à une prise en charge globale et interconnectée, il est nécessaire d’avoir une évaluation complète et intelligente des hormones et nous verrons que cela est possible par le DUTCH test.

Timing et options des tests hormonaux

Généralement, il est préférable de tester les hormones sexuelles entre 19ème et le 22ème jour du cycle parce que le corps produit de la progestérone seulement après l’ovulation qui survient environ le 14 ème jour. Le pic de progestérone survient souvent entre le 19ème et le 22ème jour, ce qui nous donne une idée de la production maximale de la progestérone. Durant cette fenêtre de temps les estrogènes devraient être diminués par rapport à leur taux pré ovulatoire, si les estrogènes sont anormalement élevés, on peut suspecter un déséquilibre appelé « dominance estrogénique ».

Pour évaluer les hormones d’une femme, il existe plusieurs options, soit par un test sanguin, soit par un test salivaire soit par des dosages urinaires.

Les examens sanguins

Les examens sanguins sont souvent l’option la plus fréquemment utilisée par les médecins en raison de la rapidité et la facilité d’une simple prise de sang. En plus du dosage des estrogènes et de la progestérone, le médecin peut compléter le bilan en dosant les hormones hypophysaires (LH et FSH), la SBHG (sex binding hormon globulin) et la prolactine. En contrepartie, les hormones sexuelles testées dans le sang le sont sous forme liée et non pas la forme libre ou bio disponible qui agit sur les tissus. Cela signifie que dans certains cas, les hormones dans le sang peuvent être dans la norme alors que la partie bio disponible et active de l’hormone est basse. De plus, les dosages sanguins ne permettent pas d’apprécier les formes métabolisées des hormones sexuelles qui donnent des indications précieuses comme nous verrons ultérieurement.

Les examens salivaires

Les prélèvements sont faits habituellement à la maison. Les dosages salivaires correspondent à la forme libre et active des hormone sexuelles et peuvent donner une image claire des niveaux d’estrogènes et de progestérone. Cela implique souvent de faire plusieurs prélèvements dans la journée et permet de rajouter le profil des hormones de stress (cortisol) qui a un impact sur les hormones sexuelles.

Par la salive, on peut également doser la FSH, la LH ainsi que la testostérone, la DHEA et le cortisol. En contrepartie, les dosages salivaires ne permettent pas d’évaluer les métabolites des hormones et le dosage salivaire n’est pas une méthode précise pour évaluer une thérapie hormonale de substitution.

Les examens urinaires

Les dosages urinaires permettent d’évaluer les trois estrogènes principaux (E1,E2 et E3), la progestérone, la testostérone, la DHEA, les métabolites des hormones sexuelles ainsi qu’un profil du cortisol dans la journée. Ces dosages urinaires non seulement montrent les formes bio disponibles des hormones mais permet d’évaluer les sécrétions hormonales sur 24h au lieu d’un moment T d’un dosage sanguin.

De plus, savoir comment les estrogènes sont métabolisés nous donnent des informations sur les voies de détoxification du foie (phase I et phase II) et nous verrons pourquoi ces informations sont importantes pour la santé. En contrepartie, les dosages urinaires ne permettent pas d’évaluer les hormones hypophysaires (LH et FSH) et l’évaluation du niveau de progestérone est calculé à partir de la mesure des métabolites de la progestérone.

Pourquoi le DUTCH test offre une pléthore d’informations sur l’état de santé hormonal de la femme

A partir de prélèvements d’urines sèches, le DUTCH test permet d’évaluer :

  • Le cortisol et la cortisone sur un profil de 24 heures
  • Les trois estrogènes principaux : estradiol, estrone et estriol avec ces métabolites
  • La progestérone et ses métabolites
  • La DHEA et la DHEA sulfate
  • La testostérone et les androgènes avec ces métabolites
  • La mélatonine

D’autres part, dans le DUTCH test complet on a rajouté le dosage de 2 vitamines B importantes pour la santé hormonal (B6 et B9), un marqueur de stress oxydatif qui évalue les risques de dommages sur les cellules, les mitochondries et l’ADN. On a également un dosage de certains neurotransmetteurs comme la dopamine ainsi qu’une évaluation des besoins de glutathion qui est le plus puissant antioxydant que nous produisons. Une bonne détoxification étant difficile sans des niveaux de glutathion suffisants.

On pourrait se poser la question de l’utilité de doser toutes ces hormones mais nous allons voir qu’il existe de nombreuses raisons qui justifient ces mesures.

Quelques exemples de situations qui peuvent justifier ce type de bilan

  • Lors d’état d’épuisement ou d’un stress mal géré

Le dosage de la production des hormones de stress ainsi que les fluctuations sur 24h des hormones de stress vont permettre d’évaluer l’impact du stress sur l’organisme ainsi que l’influence de ces hormones sur les hormones sexuelles.

Le DUTCH test permet ainsi d’évaluer la fatigue des surrénales et donner en partie une explication à une baisse du niveau d’énergie d’une personne.

  • Lors d’un état de dominance oestrogénique,  

On parle de dominance oestrogénique lorsque les niveaux d’estrogènes sont hauts en comparaison avec le niveau de progestérone. Cela peut entrainer divers symptômes tels qu’une prise de poids, une poitrine enflée, des irrégularités des cycles menstruels telles que des règles abondantes ou douloureuses, des sautes d’humeur, des problèmes de sommeil, des migraines menstruelles etc.

La dominance estrogénique peut être un facteur important lors d’endométriose, d’un syndrome prémenstruel, de seins fibro-kystiques, de fibromes utérins, de troubles de l’humeur etc. Ce test donne une image complète et nous permet de comprendre comment ces déséquilibres hormonaux contribuent à ces problèmes de santé.

  • Lors d’un problème d’infertilité ou d’un syndrome des ovaires polykystiques

Le DUTCH test est utile car il permet d’avoir une image complète de l’équilibre des hormones androgènes et estrogènes. On sait, par exemple, que le syndrome des ovaires polykystiques est souvent dû à une augmentation de la production des androgènes par les ovaires et/ou les surrénales. Souvent ce syndrome est en association avec une augmentation des androgènes, on peut constater des taux élevés de LH, une glycémie ou une insuline élevée dans le cadre d’une insulino-résistance.

  • Lors d’une ménopause ou une péri ménopause symptomatique  

Nous allons explorer lors du prochain article comment le DUTCH test peut être une stratégie gagnante lors d’une ménopause difficile.

  • Lors d’un trouble dysphorique prémenstruel

Environ 3 à 10 % des personnes menstruées sont atteintes du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une forme sévère du syndrome prémenstruel (SPM). Avec, au premier plan, des symptômes psychologiques lors de la phase lutéale, soit entre l’ovulation et les règles. Crises de panique, colère, agressivité, profonde tristesse, anxiété sociale, difficultés de concentration, apathie et pensées suicidaires font partie des éléments qui peuvent émerger au cours de chaque cycle.

Nous pourrions encore donner de multiples exemples ou le DUTCH test pourrait fournir des informations précieuses pour optimiser la prise en charge. Nous allons maintenant donner quelques exemples de femmes qui ont pu changer leur vie grâce aux informations amenées par le DUTCH test.

Quelques exemples de femmes qui ont changé leur vie grâce au DUTCH test

Laura se sent épuisée

Prenons l’exemple de Laura âgée de 52 ans qui se sent épuisée depuis des mois en relation avec une augmentation de sa charge de travail. Laura souffre de longue date d’un stress chronique, elle a tendance ä prendre du poids malgré une diète pauvre en calories et du vélo intensif régulièrement (spinning). Bien qu’elle applique un patch d’estrogènes, elle continue à souffrir de bouffées de chaleur.

Son Dutch test montre des niveaux élevés de cortisol, des niveaux corrects d’estrogènes et de progestérone indiquant que sa substitution hormonale est correcte. Grâce au DUTCH test nous avons pu cibler la prise en charge sur des corrections du mode de vie en introduisant une technique de gestion de stress, en rajoutant des calories à son alimentation (la diète pauvre en glucides peut aggraver les hormones de stress), en réduisant la pratique trop intensive du sport (favorise un épuisement des hormones de stress) et en soutenant avec des compléments alimentaires et de la phytothérapie son axe du stress. Grâce à une prise en charge ciblée, Laura a pu retrouver plus d’énergie, perdre du poids même en mangeant plus.

Sylvie, aux antécédents de cancer de sein, se plaint de troubles du sommeil et d’anxiété

Prenons l’exemple de Sylvie âgée de 44 ans qui a survécu à un cancer du sein et qui va présenter des symptômes d’une ménopause précoce due à l’hormonothérapie qu’elle a reçu pour son cancer. Elle se plaint particulièrement de troubles du sommeil et d’un état d’anxiété. Le DUTCH test montre des niveaux faibles d’estrogènes avec un problème de   détoxification des métabolites hormonaux, ceci associé à une augmentation des hormones de stress et un besoin augmenté en glutathion. 

D’autres examens vont mettre en évidence des carences nutritionnelles, une surcharge hépatique et une dérégulation immunitaire. La prise en charge a consisté en des corrections alimentaires, des compléments adaptés centrés sur la détoxification hépatique et une phytothérapie pour soutenir son système immunitaire et ses fonctions de détoxification. Au cours de l’année qui a suivi, elle a pu se sevrer de son traitement anxiolytique, retrouver un sommeil réparateur et réduire fortement ses bouffées de chaleur et son anxiété.

Valérie a un syndrome des ovaires polykystiques et une infertilité

Nous allons prendre le cas de Valérie, 31 ans, qui est connue pour un syndrome des ovaires polykystiques et qui n’a pas été améliorée par la prise d’une pilule contraceptive. Il était impossible de savoir si ou quand elle allait ovuler et elle désirait ardemment des enfants. Le DUTCH test a montré des taux élevés de testostérone, une baisse de la progestérone, des niveaux élevés d’estrogènes et des niveaux élevés de cortisol.

Nous savons que Valérie a une insulino-résistance. La prise en charge a consisté en la prescription de compléments alimentaire, d’une phytothérapie adaptée, des conseils diététiques ainsi qu’une gestion du stress afin de permettre un rééquilibrage hormonal et promouvoir une ovulation et des cycles plus réguliers.

Le prochain article concernant les hormones de la femme sera consacré à la ménopause et comment le DUTCH test peut être un outil particulièrement performant pour une prise en charge ciblée et efficace de cette période quelques fois mal vécue.

 

Dr Antonello D’oro

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Dr. A. D'Oro

Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé, site: http://www.plomed.ch, Email: secretairedoro@gmail.com, Tel: +41.22.301.63.38, 

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