Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

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Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

Le SIBO, Partie 3 : Empêcher la récidive, la partie souvent oubliée

Le SIBO, Partie 4 : Intolérance à l’histamine

Introduction

De nombreuses personnes souffrent de troubles digestifs variés, tels que des ballonnements, éructations, flatulences, reflux d’acidité, douleurs abdominales, diarrhées, etc. Souvent ces troubles digestifs sont associés à d’autres plaintes mal définies comme une fatigue inexpliquée, des troubles cognitifs, des états anxio-dépressifs, des intolérances alimentaires, etc. Ces dernières décennies, la science s’est beaucoup focalisée sur le microbiote et sur l’importance des fibres ou des probiotiques afin de bien nourrir les bactéries amies. Toutefois, souvent, lorsque les personnes ont beaucoup de plaintes digestives, ces approches sont mal tolérées ou peu efficaces. Cela provient du fait que la plupart des troubles digestifs proviennent de notre intestin grêle. Le rôle principal de l’intestin grêle est d’absorber la majorité de nos nutriments et l’intestin grêle tolère mal l’excès de bactéries ou de levures micronutriments, contrairement au gros intestin qui est une usine de fermentation.

La plupart des troubles digestifs sont dus à un excès de bactéries dans l’intestin grêle provoquant des fermentations intestinales. On parle dans ce cas de SIBO. Ce terme signifie en anglais « small intestinal bacterial overgrowth » que l’on peut traduire en français par une pullulation bactérienne de l’intestin grêle. Depuis quelques années, la communauté médicale porte un intérêt grandissant pour le SIBO et les recherches dans ce domaine sont en forte augmentation. On découvre que le SIBO est à la base de nombreuses maladies actuelles. En effet, de nombreuses études médicales montrent que cette affection est associée à au moins une cinquantaine de maladies aussi diverses que la rosacée, une maladie dermatologique fréquente (1), la fibromyalgie (2), le diabète (3), la maladie de Parkinson (4), le syndrome des jambes sans repos (5) ou l’autisme (6) ainsi que de nombreuses autres maladies. Les maladies métaboliques comme l’obésité et le syndrome métabolique (7,8) sont clairement en relation avec la pullulation bactérienne de notre intestin grêle autant chez l’adulte (9) que chez l’enfant (10,11).

Les symptômes du SIBO

Les troubles digestifs

Les symptômes digestifs sont souvent au premier plan. Nous avons vu que lorsqu’il y a trop de bactéries dans l’intestin grêle, les bactéries en excès commencent à fermenter les résidus alimentaires non digérés, libérant fréquemment des gaz de fermentation, dont un des plus fréquents est l’hydrogène et parfois le méthane. Les symptômes dus à ces gaz sont souvent des ballonnements, des flatulences et même des douleurs abdominales. On retrouve également des épisodes de diarrhées ou de constipation, quelquefois en alternance. Les reflux d’acidité sont également fréquemment constatés dans le SIBO. Probablement cela est expliqué par la pression des gaz intestinaux réduisant la vidange gastrique vers l’intestin grêle et favorisant les remontées acides vers l’œsophage. Souvent en traitant un SIBO, on assiste à la disparition des reflux gastro-oesophagiens.

Symptômes divers liés à des carences micronutritionnelles et à la perméabilité intestinale

Si le SIBO ne se manifestait que par des troubles digestifs, le problème ne serait pas si important. Mais étant donné l’impact sur la muqueuse intestinale, le SIBO peut favoriser de nombreuses carences nutritionnelles délétères pour notre santé. Les problèmes de carences peuvent se manifester par des troubles d’absorptions des graisses en raison de la capacité des bactéries à bloquer l’activité des sels biliaires (déconjugaison). Cela peut entraîner des carences en vitamines liposolubles essentielles pour notre immunité telles que la vitamine A, D ou E ainsi qu’une mauvaise absorption des acides gras essentiels. La déficience en B12 est également un problème important avec le SIBO, car les bactéries consomment la vitamine B12 avant que le corps n’arrive à l’absorber. Le manque de B12 peut se manifester par de la fatigue, de la dépression, des troubles de la mémoire, des fourmillements ou une anémie (mégaloblastique). En fait, le SIBO, par sa capacité à enflammer la muqueuse de l’intestin, peut engendrer des difficultés d’absorption de nombreux micronutriments avec des carences multiples.

De plus, le SIBO en endommageant notre muqueuse intestinale, celle-ci devient plus perméable, des particules alimentaires non totalement digérées et des fragments bactériens peuvent pénétrer dans notre corps, obligeant le système immunitaire à réagir. C’est ainsi qu’un SIBO peut être accompagné d’intolérances alimentaires, de céphalées, de douleurs articulaires, d’un état de fatigue chronique, etc. Cette hyperperméabilité intestinale peut également être liée à divers troubles neurologiques (migraines, autisme) ou psychologiques (dépression, anxiété).

Le diagnostic de colon irritable, souvent un SIBO méconnu ?

Aujourd’hui, la médecine regroupe la plupart des plaintes digestives fonctionnelles sous le diagnostic du colon irritable. Ce syndrome toucherait presque 10 % de la population, soit plus de 6 millions de Français. Le syndrome du colon irritable est évoqué sur la base de critères cliniques, toutefois sans tenir compte des causes qui sont encore peu comprises. Depuis déjà une dizaine d’années, on évoque le lien étroit entre les fermentations de l’intestin grêle (SIBO) et le colon irritable (12). De nombreuses études confirment cette hypothèse bactérienne en montrant la relation entre le colon irritable et la présence d’une pullulation bactérienne aux tests respiratoires (13,14,15). De nombreux nutritionnistes anglo-saxons estiment que la plupart des personnes souffrant de colon irritable souffrent en réalité d’un SIBO. Il est de plus en plus reconnu que le SIBO représente une des causes principales du colon irritable (environ 60 % des cas de colon irritable). Dans tous les cas, on peut estimer que des millions de personnes en France présentent un SIBO, sans le savoir dont les conséquences sur la santé sont loin d’être négligeables. Malgré cela, ne soyez pas étonné si votre médecin ne connaît pas ce diagnostic, ni les protocoles de traitement qui le concerne. Le SIBO est étudié depuis une quinzaine d’années dans les pays anglo-saxons et commence seulement à être pris en compte chez nous depuis quelques années.

Relation entre le SIBO et le complexe moteur migrant

Par définition, le SIBO est une prolifération de bactéries anormalement nombreuses dans l’intestin grêle. En général, c’est dans le gros intestin que se trouve la majorité des bactéries intestinales. Quant à lui, l’intestin grêle est le lieu où s’effectue plus de 90 % de l’absorption de nos aliments et pour cela il ne faut que trop de bactéries perturbent les processus de digestion. Par la suite l’intestin grêle se débarrasse des aliments non digérés (fibres) et des bactéries inopportunes en les propulsant vers le gros intestin par un système qui s’appelle le Complexe Moteur Migrant (CMM). Il s’agit d’une activité cyclique de contractions intenses qui va pousser vers la sortie les déchets non digérés pour faire place au repas suivant. Le CMM commence à être activé 2h après le dernier repas. Il se déroule en 3 phases qui se succèdent et c’est lors de la dernière phase plus courte et intense que les restes alimentaires situés dans l’intestin grêle sont envoyés vers le colon. On note une phase 3 en moyenne toutes les 90 à 120 minutes et il faut au moins 2 phases pour bien nettoyer l’intestin grêle. Généralement, les fréquences les plus intenses de ces phases 3 se situent pendant le sommeil. Voilà pourquoi de nombreux nutritionnistes recommandent de laisser passer 4 à 5 h entre chaque repas et de ne pas manger la nuit. C’est donc le dysfonctionnement de ce système de nettoyage (CMM) qui va être en partie responsable du développement du SIBO et nous allons voir qu’elles sont les causes qui affectent le CMM.

Causes et facteurs aggravants du SIBO

Selon le Dr Mark Pimentel (professeur de médecine au Sinai-Cedars medical center) expert mondial du SIBO, un dysfonctionnement du complexe moteur migrant serait à l’origine de la majorité des fermentations intestinales (SIBO). On peut traiter momentanément quelqu’un qui souffre d’une pullulation microbienne de l’intestin grêle (SIBO). Toutefois, c’est uniquement lorsqu’on comprend les causes et les facteurs aggravants du SIBO que l’on peut réellement en venir à bout. Nous allons séparer les causes d’un SIBO en 3 groupes, selon les mécanismes d’action, puis parler des facteurs contribuant ou aggravant qui doivent être pris en charge.

·       Les problèmes de motilité intestinale

Selon le professeur Pimentel, une des causes les plus fréquentes de SIBO est d’origine post-infectieuse. Ces recherches ont montré que lors d’une gastro-entérite ou d’un empoisonnement alimentaire, de nombreuses bactéries pathogènes ont la possibilité de sécréter une toxine appelée CDt. Cette toxine va altérer le complexe moteur migrant. De plus, notre système immunitaire, en s’attaquant à cette toxine, va par confusion (mimétisme moléculaire) générer des anticorps contre le CMM (anticorps anti-vinculine) (16). Cela va progressivement entraîner un ralentissement de la motilité intestinale et favoriser par conséquent une pullulation bactérienne. Il existe actuellement un test sanguin (IBScheck) qui permet de confirmer ce mécanisme de SIBO ou colon irritable post infectieux (17). Si ce test est positif, cela indique également que le CMM est abîmé de façon persistante et que les risques de récidives de SIBO sont plus fréquents.

Il existe d’autres diagnostics pouvant également créer des problèmes de motilité intestinale à savoir ; le diabète (vagal autonomic neurpathy), l’hypothyroïdie (18), la sclérodermie, la maladie de Lyme, le syndrome d’Ehler’s Danlos, etc. La prise en charge de la maladie de base est nécessaire si l’on veut améliorer les troubles digestifs.

·       Les problèmes de digestion

Nous avons besoin, pour bien digérer nos aliments, d’un niveau correct d’acidité au niveau de l’estomac, ainsi que des niveaux corrects de bile, d’enzymes pancréatiques et d’enzymes au niveau intestinal. Par exemple, l’arrivée dans l’intestin grêle d’aliments mal digérés par la diminution de l’acidité gastrique (hypochlorhydrie) peut favoriser une pullulation bactérienne, ce qui peut être le cas lors de la prescription prolongée d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou d’un état de stress chronique. Une méta-analyse de 2017 publiée dans une revue de gastro-entérologie a confirmé le risque de SIBO en consommant régulièrement des IPP (19). D’autre part, bien que le gluten ne semble pas être une cause directe de SIBO, il semble exister une relation entre l’intolérance au gluten et le SIBO vraisemblablement consécutif à l’altération de la fonction enzymatique de la muqueuse de l’intestin. Ainsi, une étude de 2014 a montré que 2/3 des personnes souffrant de la persistance de troubles gastro-intestinaux après l’arrêt du gluten étaient testés positifs pour un SIBO (20).

 

·       Les obstructions mécaniques sur l’intestin grêle

Des adhérences post-opératoires peuvent réduire la capacité de nettoyage de l’intestin grêle par obstruction mécanique. Toute chirurgie abdominale (césarienne, hystérectomie, cholécystectomie, procédure laparoscopique lors d’endométriose, etc.) peut être responsable d’adhérences et secondairement réduire mécaniquement le nettoyage intestinal. Des dysfonctionnements de la valve iléo-caecale peuvent également réduire l’élimination des déchets vers le colon.

·       Les facteurs aggravants du SIBO, le stress en premier lieu

Les facteurs qui contribuent à la persistance d’un SIBO comprennent principalement nos mauvaises habitudes de vie telles qu’une alimentation déséquilibrée, un manque de mouvement, un manque de sommeil et surtout un état de stress chronique. Bien que le stress ne soit pas une cause directe de SIBO, il contribue de différentes manières à la persistance de la pullulation bactérienne. En effet, l’activation de l’axe hormonal du stress (HPA) altère défavorablement la qualité du microbiote intestinal et favorise le développement de bactéries opportunistes ceci en raison de l’impact du stress sur notre immunité globale et intestinale (IgA). De plus, le stress réduit la production d’acide gastrique réduisant la capacité de l’acidité gastrique de détruire les bactéries ingérées en augmentant leur passage vers l’intestin grêle. De nombreuses études ont montré que des émotions comme la peur ou l’anxiété perturbent le système nerveux s’accompagnant d’une réduction de la motilité gastro-intestinale et une réduction de la capacité de digérer. Nous savons maintenant que le stress peut inhiber le fonctionnement du CMM via la sécrétion de la CRF (corticotropin releasing factor), une hormone centrale de l’axe hormonal du stress (HPA). Cette hormone peut se lier à des récepteurs du cerveau, altérant la neurotransmission gouvernant le complexe moteur migrant.

Le test respiratoire : la méthode la plus fiable pour diagnostiquer un SIBO

Théoriquement, le test estimé de référence serait une analyse bactérienne du liquide de l’intestin grêle par aspiration. Cela sous-entend qu’il faut faire une endoscopie jusque dans l’intestin grêle pour faire un prélèvement. Ce test n’est pas considéré comme une bonne méthode pour diagnostiquer un SIBO, car il s’agit d’un test invasif, peu plaisant.

La méthode diagnostic la plus fiable pour évaluer un SIBO reste le test respiratoire. En effet, les bactéries de notre intestin se nourrissent de certains sucres complexes. En faisant cela, elles produisent divers métabolites gazeux, dont les plus étudiés sont l’hydrogène, le méthane et plus récemment l’hydrogène sulfureux. Ces gaz sont en partie absorbés par la paroi intestinale et après être passés dans notre sang et nos poumons, ils sont finalement exhalés dans notre souffle. C’est pour cela que la mesure de l’hydrogène ou du méthane dans notre souffle, après ingestion d’un sucre fermentescible, permet d’évaluer une fermentation de l’intestin grêle excessive (SIBO).

Ce test doit être logiquement ordonné par un médecin. L’examen est précédé par une diète pauvre en glucides fermentescibles 24 h avant. Le jour du test, dans un premier temps, à jeun, on enregistre les gaz expiratoires afin de mesurer les valeurs de base d’hydrogène et de méthane puis, après ces premières mesures, on donne 10 gr de lactulose et par la suite on enregistre la dynamique des gaz toutes les 20 minutes pendant 3 heures. Il est important de tester les deux gaz, car la plupart des bactéries qui se nourrissent de carbohydrates produisent de l’hydrogène, mais 8 à 27 % des gens souffrant de SIBO n’ont pas d’augmentation d’H2, mais à la place produisent du méthane en excès. Bien entendu, on peut voir dans un SIBO une augmentation des deux gaz.

Les 100 premières minutes d’enregistrement correspondent à l’activité de l’intestin grêle, entre 100 et 120 minutes. Il s’agit d’une zone de transition entre l’intestin grêle et le gros intestin. Après 2 h, l’augmentation des gaz correspond principalement à l’activité du colon. Si le test au lactulose est négatif malgré une clinique évocatrice, on complète par un test au glucose (ingestion de 75 gr), car pas toutes les bactéries fermentent au lactulose.

Concernant l’interprétation du test, le manque de standardisation des tests respiratoires a amené la mise en place de consensus au niveau international. Probablement, les critères les plus utilisés lors des tests respiratoires ont été décidés lors du consensus de Rome.

The Rome consensus Conference (21) :

Un test respiratoire au lactulose est considéré comme positif s’il y a lors des 120 premières minutes d’enregistrement ;

  • Une augmentation de l’hydrogène de plus de 20 ppm
  • Une augmentation du méthane de plus de 12 ppm
  • Une augmentation combinée d’hydrogène et de méthane de plus de 15 ppm.

De plus, toute valeur de plus de 10 ppm de méthane doit être considérée comme positif, mais le diagnostic de SIBO est posé seulement si on observe une augmentation de plus de 12 ppm dans la fenêtre d’enregistrement (120min). Dans le cas contraire, en présence de méthane (> 10 ppm), sans augmentation significative durant le test (< 12 ppm), on retient le diagnostic de colon irritable avec méthane (IBS-C). Un traitement antibactérien n’est proposé qu’en cas de constipation.

The North American Consensus (22)

Un autre consensus a eu lieu en 2017, cette fois uniquement aux USA. Durant ces réunions, les experts ont de façon consensuelle redéfini les valeurs pathologiques pour un SIBO. Ainsi, pour retenir le diagnostic de SIBO, il faut que l’on observe dans les 90 minutes après ingestion de lactulose,

  • Une augmentation de l’hydrogène de plus de 20 ppm pour retenir un SIBO positif pour l’hydrogène.
  • La présence d’une valeur de méthane de >10 ppm permet de retenir un SIBO à méthane positif, ceci sans nécessité d’une augmentation du méthane significative durant l’enregistrement.

Toutefois, ce consensus est critiqué par certains, car la rapidité du transit est relativement fluctuante d’une personne à l’autre et l’appréciation uniquement sur 90 minutes peut manquer un certain nombre de SIBO plus tardif. De plus, le nombre de patients retenus positifs pour un SIBO avec méthane est nettement augmenté puisqu’on ne tient plus compte de la nécessité d’une augmentation du méthane durant le test.

Importance de différencier une fermentation à hydrogène ou à méthane.

Il est important de différencier une fermentation à hydrogène ou à méthane. Dans un intestin sain, les aliments sont digérés et absorbés par la paroi intestinale pour aller dans le sang. Dans le SIBO, les bactéries en excès se précipitent sur les hydrates de carbones pour les fermenter, produisant ainsi de l’hydrogène en excès. Toutefois l’intestin contient différents autres organismes, dont les archéa, qui se nourrissent d’hydrogène et qui produisent du méthane. Diverses études ont montré que ces flores qui produisent du méthane en excès ne sont pas si bonnes pour notre intestin. Le problème principal de l’excès de méthane est la constipation (23). De plus, ces flores méthanogènes augmentent l’absorption des acides gras volatils et sont reliées à une augmentation de la prise de poids et du risque d’obésité (24). On a pu également montrer, chez des personnes obèses avec un BMI de plus de 30, que celles qui avaient une flore méthanogène avaient en moyenne 25 kg de plus que ceux qui n’avaient pas de méthane. Différencier une fermentation à prédominance hydrogène ou méthane permet de mieux cibler le traitement. On sait que beaucoup d’archéa qui produisent du méthane sont résistantes à des plantes antimicrobiennes ainsi qu’à des antibiotiques classiques utilisés dans le SIBO et il faut dès lors utiliser d’autres stratégies thérapeutiques.

Le cas particulier de l’hydrogène sulfureux

L’hydrogène sulfureux (H2S) est produit en partie par des bactéries appelées SRB (sulfur reducing bacteria). Les bactéries SRB les plus fréquentes sont le désulfovibrio et le bilophilia. Ces bactéries ont la capacité de produire du sulfure et en présence d’une augmentation de l’hydrogène, elles peuvent produire de l’hydrogène sulfureux. La production d’hydrogène sulfureux ne dépend pas seulement des bactéries du microbiote, mais semble en relation avec une perturbation du métabolisme des sulfures pouvant être liée à des pesticides comme le glyphosate (Roundup). Les gens qui produisent de l’H2S peuvent éructer des gaz sentant l’œuf pourri. Elles souffrent plus fréquemment de douleurs articulaires, de fibromyalgie, d’irritation de la vessie (cystite interstitielle), car l’hydrogène sulfureux est toxique pour le muscle détrusor de la vessie.

Un dosage fiable du H2S n’est actuellement pas disponible et lors d’un test respiratoire, c’est la présence d’une courbe plate qui fait suspecter ce gaz. En effet la production de méthane et d’H2S est en balance. Si l’H2S est présent, alors les valeurs de méthane et d’hydrogène sont basses et les courbes d’H2 et de méthane restent plates. La Dresse Siebecker utilise un test particulier fait par le laboratoire RED labs. Ce test est appelé TH1/TH2 immune balance et donne une bonne appréciation de la présence d’hydrogène sulfureux.

Autres examens à considérer lors de troubles digestifs

Les tests respiratoires ne permettent que d’évaluer une fermentation bactérienne de l’intestin grêle (SIBO). Toutefois, ce test n’évalue pas d’autres pathogènes comme les champignons (candidose), les protozoaires ou encore les virus. De plus, le test respiratoire ne nous permet pas d’évaluer la présence d’une perméabilité intestinale, d’une inflammation intestinale ni la fonction digestive impliquant le pancréas, l’estomac ou la vésicule biliaire. Dès lors, pour avoir une idée plus complète des troubles digestifs, il est quelquefois nécessaire de considérer d’autres tests selon la clinique:

Le test des métabolites organiques urinaires (MOU) :

Le MOU peut nous renseigner sur la présence d’une candidose ou d’autres champignons ainsi que sur l’activité métabolique des clostridiums (impact sur les neurotransmetteurs).

Les examens sanguins

Les examens de sang classique peuvent donner des informations précieuses. Ainsi, une augmentation des leucocytes peut indiquer une infection bactérienne. Une lymphocytose évoque plus un problème viral ou une éosinophilie peut évoquer une allergie, une intolérance à l’histamine ou une parasitose. Une baisse des hormones thyroïdiennes peut expliquer un colon irritable avec constipation.

Les examens dans les selles :

Un examen de digestion des selles peut nous donner des indications sur la qualité de la digestion des graisses, de la cellulose ou des protéines animales. Le dosage de l’élastase fécale est un indicateur de la fonction pancréatique. Le dosage de la calprotectine nous donne une indication d’inflammation intestinale et le dosage des IgA est important pour évaluer l’immunité de la flore intestinale. En effet, les IgA sont réduits lors de stress, d’inflammation ou d’infection chronique. Le dosage de la zonuline est quant à lui un indicateur de la perméabilité intestinale

L’analyse du microbiote par séquençage génétique

Finalement, l’analyse du microbiome par PCR et séquençage génétique peut donner des indications utiles quant à l’état du microbiote autant concernant les bactéries pathogènes que la flore amie.

Ce type d’analyse reste encore très peu pratiqué et il existe peu de laboratoires compétents dans ce type d’analyse. L’analyse par séquençage génétique du microbiote représente vraisemblablement l’avenir. Alors que les spécialistes du SIBO se concentrent sur l’intestin grêle, des nutritionnistes ainsi que des spécialistes du microbiote suspectent le rôle néfaste de l’écosystème du gros intestin sur l’intestin grêle. Le SIBO pourrait être également la conséquence de transfert de bactéries opportunistes vers l’intestin grêle de différentes façons (valve iléo-caecale, translocation). C’est pourquoi la prise en charge d’un SIBO nécessite de restaurer un microbiote sain et protecteur. Dans le futur proche, l’analyse du microbiote nous permettra de mieux cibler les traitements agissant sur le microbiote.

Dr. A. D’oro

Références

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Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

Le SIBO, Partie 3 : Empêcher la récidive, la partie souvent oubliée

Le SIBO, Partie 4 : Intolérance à l’histamine

Dr. A. D'Oro

Dr. A. D'Oro

Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé, site: http://www.plomed.ch, Email: secretairedoro@gmail.com,Tel: +41.22.301.63.38, 

  46 comments for “Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

  1. Avatar
    Léa
    9 septembre 2018 at 11 h 07 min

    Bonjour,
    Dans votre article, vous ne parlez que du SIBO à hydrogène et méthane. Quand est-il du SIBO au methyl-acéthane ?
    Merci de votre réponse,
    Cordialement
    Léa

    • Dr. A. D'Oro
      10 septembre 2018 at 22 h 21 min

      Bonsoir,
      L’analyse des gaz respiratoires existent depuis plusieurs décennies.
      Les américains sont les plus avancés dans ce domaine à ma connaissance.
      Les appareils de mesure sont très standardisés et de qualité. Les mesures de gaz actuelles
      possibles et reconnues sont l’hydrogène et le méthane. Le méthylacétate n’est décrit dans aucune recherche
      sérieuse dans le domaine du SIBO ou des fermentations intestinales. A ma connaissance, seul le Dr Donatini
      utilise ce gaz dans ces évaluations. JE connais sa théorie sur le rôle de l’acinetobacter favorisant la production de méthylacétate, appelé vinaigrier. Je ne retrouve rien sur ce gaz, l’on sait que par fermentation on peut produire de l’acétate mais qui est retasnformé en (CH4 +C02) + substrat énergétique.
      Je n’ai vu aucun expert dans ce domaine parler du méthylacétate comme un gaz indiquant une pathologie, il y a déjà eu 2 consensus internationaux réunissant la plus part des experts dans ce domaine et personne n’a jamais évoqué l’interêt de ce gaz dans le SIBO. Dès lors, afin de rester cohérent avec les connaissances scientifiques actuelles, je ne peux tenir compte de ce gaz dans mes appréciations.

      • Avatar
        reveille christophe
        21 mai 2019 at 17 h 31 min

        Bonjour Dr A. D’ORO
        Effectivement, j’ai également fait une analyse des gaz avec le protocole du Dr DONATINI, et les résultats sont:
        H2 : 0 > 0
        Methylacetate : 18,5 > 19,5
        H2S : 0 > 0
        NO : 0 > 0
        Donc, rien d’autre que du Methylacetate !
        Rien sur l’hydrogene ou sur le methane!
        Cela voudrait dire que ce test ne me sert a rien pour la recherche d’un SIBO?
        ou que mes symptômes de flatulences malodorantes (tres peu de ballonement, pas mal au ventre, pas d’autres symptômes particuliers..)
        viendraient d’une autre cause que celle d’un SIBO?
        Merci pour votre reponse,
        Cordialement,
        christophe

        • Dr. A. D'Oro
          2 juin 2019 at 8 h 48 min

          Bonjour,
          Comme je l’ai souvent dit, le test au Gazdetect n’est pas assez fiable.
          De plus le methylacétate n’a pas de valeur pathologique dans la littérature scientifique.
          Vos flatulences peuvent venir d’autres choses, par exemple une maldigestion due
          à un manque d’enzymes ou de bile, une intolérance au fructose, une candidose etc.
          Un Sibo n’est pas exclut, on sait par exemple que les SIBO à H2S provoquent des valeurs très basses
          en H2 ou CH4 par consommation de l’H2 par des bactéries sulfato-réductases.
          Actuellement, il n’y a pas d’appareil fiable sur le marché pour tester l’hydrogène sulfureux.il faudra attendre
          2020. Toutefois un test respiratoire montrant des courbes plates sur des enregistrements sur 3 heures est
          un indicateur de ce type de fermentation d’autant plus si vous avez des odeurs d’oeufs pourris.
          Voyez l’article sur mon blog concernant ce type de fermentation.
          En attendant, vous pouvez essayer des stratégies pour améliorer votre digestion (plantes amères, enzymes etc.)
          et faire un test respiratoire au fructose dans un labo sérieux. Cela fera avancer votre histoire

          Sincèrement
          Dr A. D’oro

  2. Avatar
    Denise
    19 septembre 2018 at 17 h 39 min

    Cette approche serait peut-être le remède à ma toux chronique qui dure depuis +10 ans. Dans la médecine traditionnelle, j’ai vu à peu près tous les spécialistes et passé beaucoup de tests sans avoir rien trouvé, à part une hernie hiatale. Le seul remède qui n’en est pas un, d’après moi, car ça ne guérit rien, c’est de me prescrire un inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) à vie, me dit-on. Je l’ai essayé 3 mois et rien n’a changé alors, je l’ai arrêté graduellement.
    Au Québec, je ne sais pas à qui m’adresser pour ce genre d’approche, plus holistique.
    Merci de me mettre sur une piste.
    DV

    • Dr. A. D'Oro
      23 septembre 2018 at 16 h 09 min

      Bonjour,

      Dans votre cas, il faudrait aller plus loin avec des examens de médecine fonctionnelle et nutritionnelle.
      Au canada, je connais pas mais aux USA, il y a plein de spécialistes en médecine nutritionnelle qui peuvent vous prendre en charge
      à distance.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  3. Avatar
    WACHTER
    26 septembre 2018 at 16 h 01 min

    Bonjour Dr
    Suite a nos échanges sur mon manque d’acidité et reflux ,une naturopathe formée par le dr Donatini m’a trouvé au test du methylacetate.
    Je vais commencer le traitement préconisé*
    qu’en pensez vous.
    NB
    je suis réveillé toutes les nuits a 2 h du matin par un reflux
    Cordialement

    • Dr. A. D'Oro
      26 septembre 2018 at 21 h 25 min

      Bonjour

      Je vous laisse essayer, j’ai pratiqué pendant quelques années la méthode du Dr Donatini
      avec des assez bons résultats. Je souhaite que ça puisse vous aider

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  4. Avatar
    Veronique Schneider
    9 octobre 2018 at 14 h 07 min

    Bonjour, ma fille 19 ans a la maladie d’Hashimoto repèree il y a 2 ans et depuis 4 mois continue de maigrir malgré des repas satisfaisants. Du à une inflammation du colon il y a un an (SIBO), elle est devenue began depuis 2 ans. J’aimerai faire faire des analyses et vous consulter. Je suis inquiète de par sa maigreur. Mon numéro de tel: 0616987897
    Nous sommes à Nice à l’heure actuelle.
    Veronique Schneider

    • Dr. A. D'Oro
      11 octobre 2018 at 21 h 42 min

      Bonjour

      Je reste à votre disposition pour vous donner mon opinion.
      Bien entendu, des examens complémentaires me semblent nécessaires (test respiratoire au lactulose, MOU etc.)

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  5. Avatar
    Rebecca
    12 octobre 2018 at 11 h 23 min

    Bonjour,
    Je parcours votre site avec un grand intérêt. Vos articles sur le SIBO ainsi que le RGO sont très complets et truffés d’excellentes recommandations.
    Récemment j’ai fait le test de la FUT2, celui-ci révèle que je suis sécréteur mais présente tout de même une anomalie. Le praticien qui me suit m’a recommandée la prise de Fucosyl. Malheureusement ce produit n’est pas disponible sur le marché français. Sauriez-vous si je pourrais me le procurer en Suisse ?
    En vous remerciant par avance de l’aide apportée.
    Bien à vous
    Rebecca F.

    • Dr. A. D'Oro
      15 octobre 2018 at 11 h 47 min

      Bonjour

      Merci pour vos remarques sur mes articles.
      Je dois avouer mon ignorance pour ce produit (fucosyl)
      et je ne peux pas vous renseigner. De plus je ne connaissais pas le test de la FUT2.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

    • Avatar
      Carine
      4 septembre 2019 at 12 h 22 min

      Bonjour je pense que le produit existe c’est le Fucodyn non ? Labotaroire Bionutrics
      Je l’ai essayé j’étais mieux mais pas longtemps.

  6. Avatar
    Yves Roy
    3 mars 2019 at 2 h 31 min

    Bonsoir je suis de Montréal j’ai 57 ans et depuis novembre 2017 suite à une banal constipation j ai du me rendre à la hôpital pour recevoir 2 lavements ( environ 1 litre et demi d eau ou autre solution) et cela a plus au moins fonctionnė et il M ont fais boire du Peglyte 4 litres ( produit a prendre pour vider les intestins avant une coloscopie )rendu chez moi et depuis ce moment j ai problème intestin j ai perdu 24 kilo ( 54 livrex) et je pèse 47 kilo ( 106 livres) j ai passé toute les test scan caméra à 4 reprises endoscopie coloscopie etc et ils ont rien trouvé à part de dire bon tu a un colon irritable et jamais auparavant j ai eu de problème de santé et surtout pas au niveau intestinal .cela ressemble à tous les points de vu à un sibo .Mal de ventre à chaque fois que je mange ballonnement carence b12 début anémie selle anormal constipé à répétition dépressif j ai plus de vie .ici a Montréal il ne connaisse pas beaucoup le Sibo.j ai passé le test respiratoire (lactulose) qui indique anormal et la on me demande de passer le test avec le glucose pour être certain d un bon résultat je sais pas si cela a du sens mais bon .si tel est bien le cas d un sibo quel endroit où médecin américain que vous pouvez me référer? Car je suis en train de mourir à petit feu presque plus capable de manger et surtout aucun sucre sinon effet immédiat. Je sais plus quoi faire il faut que je M en sorte .les laxatifs que je prends à touts les jours ont déduits ma flore .j ai fais faire 2 analyses de selles aux usa à 2 endroits différents mai et décembre dernier et j ai plus de bactérie famille Lactobacillus ainsi que escherichia coli et
    Bifidobacterium en quantité minime. Je veux revivre normalement quoi faire qui pourrais m aider ???

    Merci beaucoup

    • Dr. A. D'Oro
      7 mars 2019 at 22 h 05 min

      Bonjour,

      Il est difficile de donner une réponse avec les éléments que vous donnez.
      Il semble que quelque chose c’est passé avec les produits que l’on vous a mis dans le colon, s’agit-il d’une contamination d’un germe hospitalier ? (clostridium difficile, mycobacterie?)
      Vous parlez d’un test au lactulose anormale, est-ce que le test incluait avec l’H2 aussi le méthane?? Qu’est ce que ça veut dire anormal, il est positif ou pas ??
      Si le test est positif, ça sert à rien de faire un test au glucose mais si il est négatif alors oui c’est interessant de faire un test au glucose.
      Est-ce qu’on a dosé l’elastase fécale pour être sure de ne pas rater une insuffisance pancréatique et surtout as-t on rechercher un leaky gut (zonuline, LPS etc..).

      Quels tests de microbiote avez-vous fait, à part les lactobacilles, avez vous une idée de vos SCFA, de bactéries comme l’Akkermansia, le methanobacterbrevi, le disulfovibrio etc..
      le premier impliqué dans la protection de la barrière intestinale , le 2ème dans la production de méthane et le 3ème d’H2S

      Aux USA, vous trouvez beaucoup de médecins ou nutritionnistes spécialisés dans l’intestin et le SIBO.

      Aller sur le site de la Drsse Siebecker, http://www.siboinfo.comn, peut-être vous trouverez des thérapeutes confirmés pas loin de chez vous

      J’espère que vous trouverez rapidement une solution à vos problèmes
      Sincèrement
      Dr A. D’oro

  7. Avatar
    Sabrina Le Strat
    5 mars 2019 at 14 h 23 min

    Bonjour,

    j’ai crû comprendre que le test respiratoire nétait pas fiable.
    Je suis depuis un an sur un travail(multifacette: alimentaire, compléments, et émotionnel) et j’aimerais contrôler l’avancée de ma porosité intestinale.Quel sont les tests qui puisse m’apporter ce résultat? Parle t-on de zonuline ? ou autres recherches? Comment procéder à cette analyse et auprès de quel laboratoire?
    Un intestin se répare en combien de temps? je pense que cela est long.Je suis le régime GAPS, c’est celui qui me convient le mieux, mais lorsque je réintroduit un aliment, la constipation revient très rapidement avec de vives douleurs intestinales.Alors je pense que c’est signe que l’intestin n’est pas encore réparé.
    Merci pour vos conseils
    Sabrina

    • Dr. A. D'Oro
      7 mars 2019 at 22 h 19 min

      Les tests respiratoires sont assez fiables et il n’y a pas d’autres techniques fiables pour rechercher une pullulation bactérienne de l’intestin grêle.
      Pour la perméabilité, on dose souvent conjointement les LPS ou LBP avec la zonuline. Il y a plusieurs labo qui font ça comme le labo Lim mbnext par exemple.
      FAire un tests d’hypersensibilités alimentaires peut être intéressant pour voir s’il y a une perméabilité, vous testez à ce moment 25 ou 50 aliments
      que vous consommez régulièrement.

      Le problème des diètes restrictives c’est l’appauvrissement du microbiote, pour sortir d’une diète il faut aussi restaurer progressivement son ecosystème intestinal avec des pré et probiotiques selon tolérance
      et rediversifier progressivement son alimentation

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  8. Avatar
    popogramme
    28 mars 2019 at 9 h 43 min

    Bonjour,
    Merci pour vos articles bien documentés. Savez vous où il est possible de faire ce genre de test à Lyon, auprès de quel médecin s’adresser ?
    Merci

    • Dr. A. D'Oro
      13 avril 2019 at 9 h 47 min

      Bonjour

      Je ne peux pas vous répondre clairement pour la France.
      Je sais que certains hôpitaux font le test à la recherche d’un SIBO
      mais le plus souvent le test est fait avec le glucose qui a une meilleure spécificité
      mais peut manquer beaucoup de SIBO. Il est important que ces tests respiratoires soient faits
      dans les règles de l’art avec un appareil professionnel et ne pas se fier à des petits appareils manuels
      que certains thérapeutes utilisent. On peut aussi commander ces tests dans certains pays anglo-saxons et les faire à distance.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

    • Avatar
      Dorine
      1 mai 2019 at 7 h 01 min

      Bonjour,

      Pourriez vous me donner des conseils alimentaires pour un sibo hydrogène.
      Quelles sont les aliments à éviter et à privilégier ?
      En cas de dysbiose, et dans le cas de sibo hydrogène, la prise de spiruline ou d’acide aminé n’aggraverait pas ma situation digestive ( je voudrais traiter sur ma chute de cheveux persistante)
      Merci pour vos conseils.

      • Dr. A. D'Oro
        12 mai 2019 at 18 h 28 min

        Bonjour,

        Pour la diète du DIBO vous avez la réponse à la partie 2 sur les articles du SIBO.
        Le plus souvent j’utilise une diète FODMAP avec des plantes antimicrobiennes.

        Sincèrement

        Dr A. D’oro

  9. Avatar
    Lsch
    3 mai 2019 at 14 h 40 min

    Bonjour docteur,

    Rectoclite, spondylarthrite, fatigue chronique déprime, etc. Bref vie qui est un enfer.
    J’ai réalisé deux examens se rapportant à la flore (entre autres très nombreux examens).
    1) Analyse des métabolites urinaires avec un taux très élevé de 4-OH-Phénylacétate (dans le rouge, et au delà si la page était plus large taux 99.30 mmol/m cr
    2) Breath test, tout normal sauf methy acetate à “28” très élevé d’après le médecin.
    Aucune amélioration avec les traitements désinfectant (origan, etc) a vrai dire j’ai l’impression que c’est pire et qu’on se trompe de cible, ou qu’on utilise pas la bonne arme.
    La seule chose que me soulage, c’est de ne pas manger.
    Avez-vous une idée pour moi?
    Merci 🙂

    • Dr. A. D'Oro
      12 mai 2019 at 18 h 49 min

      Bonjour,
      Les 2 tests utilisés ont peu de valeurs scientifiques.
      LEs métabolites urinaires sont peu fiables et informent de quelques métabolites sur la digestion de certains acides aminés par des clostridium.
      Cela indiquerait une flore de putréfaction mais c’est difficile d’interprétation. Actuellement, plus intéressant de faire une analyse du microbiote par séquençage génétique,
      j’ai vu récemment qu’un labo français fait ce type d’analyses (luxia scientifique).

      Le test respiratoire est un test fait avec une petite machine non validée (gazdetect) et peu fiable. Idéalement, il faudrait faire ce test avec une machine plus professionnelle
      (par exemple avec Quintron) mais pas facile de trouver un labo qui fait ces tests en France.

      Dans les formes graves de dysbiose avec maladie inflammatoire de l’intestin, il faut dés fois mettre l’intestin au repos avec des diètes plus strictes (Paleo auto immuno, GAPS etc.)
      ou dés fois par une diète élémentaire pendant une à deux semaines, ce qui ressemble à un jeun avec des complexes d’acides aminées et vitamines.
      La rectocolite réagit dès fois bien à des hautes doses de probiotiques comme le VSL 3 ou même à des lavements avec probiotiques.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

      • Avatar
        scherer
        13 mai 2019 at 7 h 39 min

        Bonjour Docteur,

        Je vous remercie pour votre réponse. Hasard “amusant” j’ai justement entre mon message et votre réponse commandé deux kit d’analyse (histoire de vérifier la pertinence des informations) l’un chez Luxia scietifique, (qui semble assez basique et assez cher d’ailleurs) l’autre chez viome (USA) qui semble bien plus complet.
        A suivre…

        • Dr. A. D'Oro
          20 mai 2019 at 21 h 31 min

          Super,
          tenez moi au courant pour Viome.
          Je ne savais pas qu’il envoyait en belgique.

          Sincèrement

          Dr A. D’oro

      • Avatar
        Scherer
        17 mai 2019 at 7 h 08 min

        Cher docteur,

        Tout d’abord, je vous remercie pour votre réponse.
        Votre suggestion de diète élémentaire est intéressante, j’avais d’ailleurs cherché à la pratiquer, sans toutefois trouver les produits adéquats pour ce faire. Connaissez-vous une gamme de produit qui pourrait faire l’affaire?
        J’ai deux examens d’analyse de la flore qui sont en cours. J’espère pouvoir quantifier/identifier les déséquilibres qui me minent.
        J’ai déjà consommé du VSL3, sans résultat cependant. Et je ne connais malheureusement pas de médecin à proximité pratiquement le lavement aux probiotiques.
        Egalement, j’envisage de réaliser un jeûne de 21 jours. J’aimerais toutefois le réaliser après avoir identifier (et traiter si c’est possible) une infection “froide” de la flore intestinale…

        Bien à vous

        • Dr. A. D'Oro
          1 juin 2019 at 10 h 55 min

          Bonjour
          pour la diète élémentaire, vous trouverez une recette maison sur le site de la Drsse Siebecker.
          Je ne suis pas convaincu de traiter à coup d’antibiotiques des infections froides, il est préférable
          d’améliorer son microbiote et son immunité.

          Sincèrement

          Dr A. D’oro

          • Avatar
            Scherer
            28 juin 2019 at 20 h 50 min

            Cher docteur,

            J’ai reçu les résultats du florinscan plus, et miracle (dans le sens ou je n’y croyais plus), on a pu mettre en évidence des gros déséquilibres (Escherishia, enteroccocus et surtout Geotrichum – 1000x la concentration normale) dans la flore.
            Vu que les thérapies douces n’ont rien donné (berbérine, huiles essentielles etc.), je suis traité avec de la nystatine et du gabrorral.
            J’ai commencé le traitement il y a deux jours et c’est déjà le jour et la nuit. Je suis dans une forme qui m’est inconnue depuis des années, je n’ai plus mal au dos, et mon ventre dégonfle.
            Ma seule inquiétude est que cela ne continue pas après le traitement car il a été décelé aussi une faiblesse immunitaire via un taux d’IGA secretoire dans les intestins très faibles (observation déjà faite à l’époque par le pédiatre qui me suivait pour de nombreuses infections bébé). Je sais que je dois me détourner des sucres, mais j’ai peur que cela ne soit pas suffisant. Entre temps, je savoure ma forme retrouvée :). Merci pour vos bons conseils. Un docteur qui connait ces problèmes, c’est rare, et c’est rassurant.

          • Dr. A. D'Oro
            3 juillet 2019 at 22 h 15 min

            Merci pour votre témoignage

            Dr A. D’oro

  10. Avatar
    Alexandre
    27 mai 2019 at 21 h 53 min

    Bonjour Docteur, je ne sais plus sur quel pied dansé. Depuis plus de deux mois j’ai des symptômes ressemblant beaucoup à un IBS-C. Le plus handicapant est l’hypersensibilité viscérale au niveau de l’estomac. Des douleurs insupportables qui se déclenchent en cours des repas et peuvent durer plusieurs heures par la suite. J’ai fait un Florinscan plus qui montre un gros déficit en lactobacillus, une flore de putréfaction prédominance, une légère augmentation de l’Alpha-1-antitrypsine et un iGAs très bas. Je prends des probiotiques, des souches reconnues pour soulager l’hypersensibilité viscérale et essaie de m’alimenter avec des aliments riches en prébiotiques. Je fais des yaourts au soja de 24h car je ne supporte plus le lactose. Je constate une nette baisse de la douleur et une meilleure tolérance aux aliments.
    J’ai fait aussi le test respiratoire et je sais pas quoi en penser : positif à l’acinetobacter soit le gaz Méthyl Acétate. Il parait que ça correspond à une gastroparésie. Le H2 est à 0.Ce qui est frustrant c’est que le méthane n’est pas mesuré. La naturopathe me conseille d’arrêter les probiotiques et de prendre les myceliums. Que me conseillez-vous de faire ? Dommage que vous êtes en Suisse, vous ne faites pas de consultations à distance par hasard ? Merci pour votre aide.

    • Dr. A. D'Oro
      5 juin 2019 at 22 h 04 min

      Bonjour,
      Pour les tests du microbiote, seul les tests par séquençage génétique du microbiote sont interessants.
      Le test respiratoire au Gazdetec n’est pas fiable, aucune étude de validation de cet appareil etc.
      Le méthyacétate comme reflet d’une fermentation vinaigre de l’estomac à l’acinétobacter semble être une invention du Dr Donatini dont je n’ai jamais retrouvé d’études scientifiques dessus.
      Il serait interessant de faire un vrai test respiratoire avec une machine professionnelle, mais pas facile
      en France.
      Les probiotiques peuvent réellement aider et les études le montrent.
      Le Biogaia Pratectis 5 gttes 2 x par jour au repas est connu pour aider dans les douleurs abdominales
      et la constipation méthanogène. Comme prébiotiques, il faut faire attention car ils peuvent fermenter tant que l’intestin grêle n’est pas clean. Essayer le Prébiosoft de chez Nutrixeal. fr c’est de la fibre d’acacias qui est bien tolérée même quand l’intestin est enflammé.
      Avez vous fait une gastroscopie afin d’exclure une gastrite?
      Après, il faut peut être essayé d’accélérer la vidange gastrique, éliminer des causes qui ralentissent
      la vidange comme l’hypothyroidie et un diabète débutant.
      Avez vous essayer des enzymes digestifs ou des plantes amères comme l’élixir du suédois.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

      • Avatar
        Apolline Leclerc
        7 juin 2019 at 14 h 54 min

        Bonjour m. D’Oro,
        J’ai découvert récemment dans mon laboratoire d’analyse médicales à Lyon qu’un labo effectué un nouveau bilan complet du microbiote intestinal: labo biopredix. En avez vous entendu parler? Qu’en pensez vous?
        Merci pour votre réponse éclairée

        • Dr. A. D'Oro
          7 juin 2019 at 17 h 38 min

          Bonjour

          Je ne connais pas ce laboratoire,
          il faudrait que je voie un bilan complet pour voir
          Je n’ai rien vu sur le site de précis pour me faire une idée

          Sincèrement
          Dr A. D’oro

  11. Avatar
    Rom
    6 juin 2019 at 11 h 17 min

    Bonjour

    Le test réalisé au lactulose est-il le même que celui proposé au Lactose?
    je pense refaire un test fiable sur 3h sur Paris mais il n’y a que le lactose ou glucose de proposé

    merci bien

    • Dr. A. D'Oro
      7 juin 2019 at 17 h 46 min

      Bonjour,

      Lactose et lactulose n’ont rien de similaires.
      Le test respiratoire au lactose recherche une maldigestion du lactose par réduction de l’enzyme lactase.
      Le lactulose est un sucre artificiel non absorbé par l’intestin grêle mais qui est pris en charge par nos
      bactéries intestinales, il donne une idée dans les 90 premières minutes de la présence d’une pullulation bactérienne de l’intestin grêle.
      Le glucose est également utilisé pour le SIBO, il est même plus sensible que le lactulose mais le grand problème c’est qu’il explore que
      la partie proximale de l’intestin grêle et ne tient pas compte de ce qui se passe après, ce qui risque de manquer de nombreux SIBO.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  12. Avatar
    franquet
    16 juin 2019 at 20 h 47 min

    Bonjour mr comment je peux tester mon microbiote du grêle avec des tests autres que respiratoire en France pour connaitre les déséquilibres?

    • Dr. A. D'Oro
      20 juin 2019 at 20 h 52 min

      Le test respiratoire permet d’avoir une idée de l’activité bactérienne au niveau de l’intestin grêle
      mais ne donne pas une cartographie des bactéries du microbiote.
      L’analyse du microbiote est surtout le reflet des bactéries du colon effectivement mais ça pas d’intérêt
      d’avoir l’analyse du microbiote de l’intestin grêle qui d’habitude a peu de bactéries pour ne pas gêner
      l’absorption des micronutriments.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  13. Avatar
    Sabrina
    12 juillet 2019 at 0 h 07 min

    Bonjour,
    Après un test respiratoires on a pu détecté une fermentation hydrogène.
    J’ai pris adp en comprimés en traitement de 2 mois. Il me semblait que pour l’hydrogène le thym était plus adapté que l’origan (contenu dans l’adp.) Qu’en pensez vous? Si tel est le cas, vous me conseiller quel comprimé ?
    Merci

    • Dr. A. D'Oro
      25 juillet 2019 at 22 h 13 min

      L’ADP fonctionne assez bien dans la fermentation à H2, il faut l’associer à un autre antimicrobien
      pour améliorer son efficacité.

      Votre remarque me fait penser que vous vous référez aux théories du Dr Donatine qui donne sa préparation
      TM (thym, menthe clou de girofle). Toutefois, ces combinaisons de mycéliums avec des HE ne se basent sur aucunes études.

      Sincèrement
      Dr A. D’oro

  14. Avatar
    Guillaume
    27 juillet 2019 at 14 h 24 min

    bonjour et d’avance merci pour l’aide que vous proposez, ne serait ce pour le temps que vous prenez pour nous répondre. Mon fils vit un calvaire depuis plusieurs années, il oscille entre constipation, diarrhées , ballonnements omniprésents et douleurs. A cela s’ajoute une très grande fatigue, perte d’energie et syndrôme dépressif.
    Je m’interresse depuis peu au SIBO et j’aimerai qu’il puisse faire ce test respiratoire. Pourriez vous me dire s’il soit être fait à l’hôpital, en laboratoire ou à distance. Quels sont les lieux en France?
    La seule fois où il a vu un gastro entérologue on lui a dit que c’etait un stress. Aucunes explorations supplémentaires! du macrocol seulement.
    Merci d’avance
    Guillaume

    • Dr. A. D'Oro
      10 août 2019 at 11 h 13 min

      Bonjour

      Il est effectivement difficile de faire des bons tests respiratoires au lactulose avec une machine professionnelle, sur 3 heures,
      avec une bonne interprétation. En france, je ne peux pas vous renseigner, soit c’est des tests sur une petite machine Gazdetect peu fiable,
      soit dans certains hopitaux universitaires mais souvent fait au glucose, ce qui est pas top.
      A Genève, le laboratoire MGD c’est équipé depuis 6 mois d’un appareil professionnel Quintron. Ils vont proposer d’ici quelques semaines, la possibilité
      de faire ces tests à distance, vous recevez un kit pour faire le test et vous pouvez renvoyer au labo. LE prix est en cours de négociations,
      je fais pression pour avoir un prix le plus bas possible pour la france.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

      • Avatar
        Guillaume
        19 août 2019 at 12 h 34 min

        Bonjour Docteur.
        merci pour votre réponse. Je suis intéressée par ces tests avec l’appareil professionnel Quintron. J’espère que vous nous tiendrez au courant dès qu’il sera disponible sous forme de kit.
        En faisant mes recherches , je suis tombée sur ce laboratoire suisse qui fait aussi des tests respiratoires sous forme de kit. Qu’en pensez vous? (https://foodintolerances.org/fr/tests-respiratoires/)
        merci d’avance
        cordialement
        Guillaume

        • Dr. A. D'Oro
          26 août 2019 at 18 h 46 min

          Bonjour,

          Je reste suspect sur ce site pour plusieurs raisons.
          Premièrement, ils affirment que le test au lactulose est un test facultatif et que le test de référence serait au glucose pour tester un SIBO.
          Cela est faux, les deux consensus internationaux sur les tests respiratoires précisent qu’il faut préférentiellement utiliser le lactulose.
          Par la suite, si on a un SIBO, tester d’autres intolérances telles que lactose, fructose, sorbitol est inutile car lors de pullulation bactérienne de l’intestin grêle,
          automatiquement on a des malabsorptions de divers sucres. Une fois le SIBO traité, si les symptômes ne s’améliorent pas, on peut se poser la question d’une intolérance primaire,
          la plus fréquente et utile est l’intolérance au fructose. Après, les autres peuvent être testées cliniquement. Lorsque l’on fait une diète FODMAP, on exclut le lactose, le gluten,
          le fructose, les galactanes et les polyols comme le sorbitol. Après la diète, on test la réintroduction de ces 5 classes, une semaine après l’autre et on détecte facilement ce que l’on tolère pas.
          Un test par soi-même est souvent plus interessant car certaines personnes, lors de tests respiratoires ont des fermentations positives sans que ça les gênes.

          Ce site pousse à multiplier des tests qui sont assez chers et globalement peu utiles, sans un contexte clinique précis.

          Sincèrement
          Dr A. D’oro

  15. Avatar
    Claudez
    12 août 2019 at 10 h 21 min

    Merci de parler de cette maladie méconnue !
    Pour ceux qui veulent en savoir plus sur comment soigner le SIBO, j’ai trouvé des infos très claires sur le site https://sibo-traiement.fr/

  16. Avatar
    STEHLY
    4 septembre 2019 at 11 h 17 min

    Bonjour Docteur,
    Je suis désespérée celui fait 8 ans que j’ai des ballonnements en dessous du nombril avec constipation. J’ai dépensé une fortune entre prise de sang non remboursé et compléments alimentaire. Un seul produit m’a aidé sur 3 semaines et puis plus d’effet.
    Même en respectant mes intolérances produits laitiers, gluten, œufs rien n’y fait.
    Dès le matin je ballonne au réveil en fait cela ne s’arrête jamais . je ne sais plus quoi faire … Aucun résultat avec la méthode Donatini… Ma constipation va mieux avec les graines de chia, mais rien a changé avec ce ventre gonflé… Je suis désespérée… Merci d’avance. Bien Cordialement Carine S.

    • Dr. A. D'Oro
      5 septembre 2019 at 21 h 53 min

      Il serait intéressant de faire un test respiratoire avec une machine professionnelle (et non pas petit appareil portable),
      le laboratoire MGD à Genève va prochainement rendre disponible des kits pour faire des tests à distance,
      l’idée sait de rechercher une flore méthanogène qui est très constipante,
      une analyse du microbiote pourrait amener d’autres informations. En attendant voici quelques généralités sur le traitement de la constipation:
      Pour ré entrainer son intestin, il est nécessaire de comprendre l’ensemble des facteurs qui influencent son fonctionnement. Pour cela nous allons explorer un certain nombre de points importants comprennant :

      1. L’hydratation
      2. L’importance du mouvement et de la respiration
      3. Les perturbations du système neuro-végétatif, à savoir le stress
      4. Le type d’alimentation
      5. L’importance de la qualité de la bile
      6. La santé du microbiote
      7. Eviter les médicaments qui peuvent causer la constipation

      1) L’hydratation
      Il est important de boire en suffisance pour éviter la constipation. On évoque le plus souvent la nécessité de boire 1,5 litre à 3 litres par jour selon le poids corporel et l’importance de la constipation. Beaucoup de gens sont déshydratés même s’ils pensent boire assez d’eau. En effet, les besoins en eau peuvent être augmentés lors de processus de détoxification, lors de stress et surtout lorsque la personne présente une acidose métabolique ou une inflammation de bas grade. On peut conseiller de boire déjà ½ litre avant le petit déjeuner, lentement puis de boire régulièrement dans la journée jusqu’à 3 litres par jour si nécessaire.

      2) L’importance du mouvement et de la respiration
      Il est important d’avoir une activité physique régulière pour permettre un massage adéquat de l’intestin et permettre un meilleur péristaltisme. La marche ou le jogging sont des activités conseillées. Apprendre à respirer profondément permet de bien mobiliser le diaphragme et donne un massage au colon transverse.

      3) Les perturbations du système neuro-végétatif, à savoir le stress
      Nous avons vu que lorsque nous stressons, nous activons exagérément le système nerveux sympathique. Cela peut se manifester au niveau digestif par une réduction de la salivation, une réduction de la sécrétion d’acide gastrique, une diminution de la motilité intestinale et un retard de la vidange du colon et du rectum. Au contraire, lorsque nous sommes détendu, nous activons le système parasympathique, ce qui va améliorer notre salivation, augmenter nos sécrétions gastriques d’enzymes et d’acide, augmenter la motilité intestinale et la vidange du colon et du rectum. C’est pour cela qu’une bonne gestion de son stress est primordiale lors de constipation. On peut envisager la pratique de techniques comme la méditation, la cohérence cardiaque ainsi que des exercices de stimulation du nerf vague comme la respiration alternée ou des exercices de mimique proposé par le Dr Datis Kharrazian comme le fait de bailler, se gargariser ou bourdonner (OM..).

      4) Les stratégies alimentaires
      Bien entendu, tous les conseils alimentaires afin d’améliorer son microbiote sont favorables pour éviter la constipation. Il existe plusieurs stratégies alimentaires qui peuvent aider dans la constipation dont voici les plus importantes :

      • Rajouter progressivement dans votre alimentation des fibres insolubles (psyllium, riz brun etc.) et/ou des graines de lin ou de chia selon tolérance intestinale.
      • Augmenter les protéines végétales comme le tofu, le tempeh ou les lentilles jaunes, selon votre tolérance et parallèlement réduire les apports de viande qui ont un effet plus constipant.
      • Augmenter les bonnes graisses comme le beurre, l’huile d’olive de bonne qualité, le jaune d’œuf car la motilité du gros intestin est augmentée par les graisses.
      • Augmenter les aliments riches en potassium qui améliore la retention de l’eau dans les selles, par exemple les jus de légumes maison (concombre, tomate, carotte etc.), de la banane plutôt verte, l’avocat etc.
      • Boire de l’eau chaude le matin, lentement afin de stimuler le reflex gastro-colique.

      5) L’importance de la qualité de la bile
      Nous avons vu que la bile joue un rôle important dans la composition et l’hydratation des selles. Une constipation ou des selles dures peuvent être due à un manque de bile. On peut suspecter une origine hépatobiliaire à sa constipation si la personne présente également d’autres signes ou symptômes tels qu’une difficulté à digérer les repas gras, des sensations de plénitudes et de tension sur le flanc droit suite à des repas gras ainsi que des flatulences importantes. Nous avons déjà vu les conseils alimentaires afin d’améliorer la qualité de sa bile. Si après des corrections alimentaires, la production de bile reste insuffisante, il est possible d’augmenter sa production en prenant des plantes qui ont une action cholérétique, cela veut dire qu’elles augmentent la production et la sécrétion de bile et/ou cholagogue, cela veut dire qui augmente l’évacuation de la bile de la vésicule biliaire. Ces deux propriétés augmentent le flux de bile. On pensera par exemple à l’artichaut qui est une plante amère qui a un effet cholagogue et favorise la protection du foie par un effet anti-oxydant ou au chardon marie ou encore au radis noir.

      6) La santé du microbiote
      Une constipation peut être due à un déséquilibre de notre écosystème intestinal, appelé dysbiose. Une réduction de bactéries amies comme les bifidobactéries ainsi qu’une réduction de la production de butyrate ou d’acides gras volatils peut s’accompagner de constipation. La présence de germes opportunistes en quantité anormale, comme une candidose ou une flore méthanogène sont également responsables de constipation. L’adjonction de prébiotiques qui nourrissent les bonnes bactéries peut être une bonne stratégie à moyen et long terme. On choisira en premier lieu des fibres bien tolérées telles que les fibres d’acacias ou le PHGG (partially hydrogenated guar gum). Ces fibres doivent être augmentées très progressivement afin d’éviter des réactions de ballonnements. La prise en charge des germes opportunistes tels que le candida ou les flores méthanogènes nécessite souvent un accompagnement spécialisé. Si après avoir essayé toutes les stratégies décrites dans ce chapitre, la constipation continue, il peut être nécessaire de faire des bilans complémentaires afin de rechercher une fermentation à méthane, une candidose ou un effondrement de la production de butyrate ou de bifidobactéries.

      7) Eviter les médicaments qui peuvent causer la constipation
      En premier lieu, il est important de réduire ou d’éliminer tous les médicaments qui peuvent provoquer une constipation tels que les opiacés (tramal, morphine etc.), certains antidépresseurs comme l’amytriptyline, des antipsychotiques, certains diurétiques, certains anti-histaminiques, des suppléments de calcium ou de fer, des antidouleurs, des antiacides contenant de l’aluminium etc. Lisez la notice de tous vos médicaments et regardez ceux qui peuvent provoquer une constipation. Il est nécessaire de discuter de l’utilité de ces médicaments avec votre médecin et de trouver éventuellement d’autres alternatives n’induisant pas de constipation.

      Compléments alimentaires et plantes lors de colon paresseux
      Dans les premiers temps, il peut être nécessaire d’utiliser des substances laxatives, certains laxatifs stimulants doivent être utilisés uniquement à court terme pour ne pas entrainer d’effets contraires à long terme, on évoquera le séné ou le cascara sagrada. Voici en premier lieu des laxatifs doux et peu agressifs :

      L’oxyde de magnésium
      A prendre au couché, débuter par 500 mg puis selon les résultats on peut augmenter jusqu’à 2 gr. Il s’agit d’un sel de magnésium riche en magnésium mais peu absorbé, ce qui provoque son effet laxatif.

      Le lactulose,
      Le lactulose est utile dans la constipation, il s’agit d’un laxatif osmotique très utilisé en médecine dans la constipation chronique. Une fois arriver dans l’intestin, les bactéries qui s’y trouvent fractionnent le lactulose en composants actifs, ce qui va permettre de conserver le liquide dans les intestins pour que les selles soient propulsées et plus faciles à évacuer. Ce qui est plus intéressant, c’est que le lactulose est plus qu’un laxatif puisqu’il a une action prébiotique et améliore naturellement l’équilibre du microbiote. On a pu montrer que sa prise permettait le développement de bactéries amies comme les lactobacilles et les bifidobactéries. On constate également une baisse du ph intestinal permettant une inhibition de la croissance de bactéries potentiellement nuisibles comme les bacteroides, les clostridies ou l’escherichia coli.

      Les plantes laxatives douces.
      On pensera à la rhubarbe ou l’Aloe vera ainsi qu’au Triphala. Concernant le Triphala, il régule le transit et lutte contre la constipation, il est également connu pour ces capacités détoxifiantes. C’est un laxatif doux qui peut être pris au long cours. Il allie les bienfaits de trois baies, l’Amalaki, le Bibhitaki et l’Harikati. Par exemple, on peut prendre 2 gélules midi et soir pendant ou juste avant le repas. La rhubarbe sous forme de tisanes ou de gélules est aussi une solution naturelle très efficace puisqu’elle accélère le transit particulièrement au niveau du gros intestin. Ce sont particulièrement ces fibres qui lui confèrent ses propriétés laxatives. L’aloe vera a de nombreuses propriétés et est également connue pour le traitement de la constipation occasionnelle ou aigue. La pulpe extraite du cœur de la plante est pressée pour en extraire le jus qui contient la majorité des principes actifs, particulièrement des fibres et des prébiotiques qui nettoient le colon. Il faut toutefois faire attention à la qualité du produit. En effet, l’aloine, présente dans les petits piquants de la feuille, possède un puissant effet laxatif qui peut être très agressif et par conséquent plus irritant que bénéfique. Préférez ainsi les jus d’aloe à base de pulpe aux jus issus des feuilles broyées. Certains fabricants broyent la feuille entière puis séparent le gel et l’aloine par filtrage. Pour être certain de la qualité de votre jus d’aloe vérifiez simplement qu’il ne contient pas d’Aloine. En cas de constipation opiniatre, une combinaison gagnante peut associer le Triphala, l’aloe vera et la rhubarbe.

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