Le SIBO, Partie 4 : Intolérance à l’histamine

Print Friendly, PDF & Email

Le SIBO, Partie 3 : Empêcher la récidive, la partie souvent oubliée

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

Introduction

Les réactions alimentaires diffèrent des allergies alimentaires, car il n’y a pas d’activation du système immunitaire. Ces réactions sont plus fréquentes dans le SIBO ou la candidose et sont typiquement accompagnées de symptômes plus généraux tels que céphalées, rash, gonflement, fatigue et douleurs articulaires. Il s’agit souvent de gens très sensibles « je réagis à tout ». Certaines personnes souffrent d’un terrain affaibli et peuvent présenter un leakygut, une mauvaise capacité de détoxification, une dérégulation immunitaire, des infections chroniques (virus, parasites), un état de stress, ainsi qu’une vulnérabilité génétique (MTHFR). Probablement, l’intolérance la plus connue est celle à l’histamine qui sera étudiée en premier.

Histamine et SIBO

Il existe plusieurs raisons pouvant favoriser une intolérance à l’histamine, dont l’existence de polymorphismes génétiques (HNMT, MAO ou ALDH). Toutefois, ce qui nous intéresse dans le cas présent est la relation entre le SIBO et l’apparition d’une intolérance à l’histamine. En effet, l’absorption de l’histamine peut être augmentée lors d’une pullulation bactérienne ou fongique de l’intestin grêle pour plusieurs raisons à savoir ;

  • Les fermentations intestinales peuvent abîmer la muqueuse intestinale avec perte de l’activité des enzymes responsables de l’élimination de l’histamine (la diamine oxydase et l’HNMT). En effet, les gaz produits par le SIBO peuvent avoir un effet toxique sur les microvillosités intestinales et détruire l’enzyme DAO.
  • Certaines bactéries en excès dans l’intestin ont la capacité de produire de l’histamine. Il faut comprendre que l’histamine est une amine biogène pouvant être produite par la fermentation d’acides aminés par certaines bactéries de l’intestin.
  • Lors d’inflammation de l’intestin, des infiltrats de mastocytes augmentent le relargage d’histamine

D’autre part, la consommation importante de viandes favorise de hauts niveaux d’amines biogènes telles que les cadavérines et putrescines pouvant inhiber les enzymes clés de la voie de l’histamine (DAO et HNMT). Sans compter que le candida peut altérer une voie du catabolisme de l’histamine (l’étape de l’aldéhyde déshydrogénase) pouvant expliquer ce type d’intolérance lors d’une candidose intestinale.

Effets possibles de l’histamine sur le corps

L’excès d’histamine va avoir de nombreuses conséquences, car il s’agit d’une amine biogène qui a la capacité d’activer divers récepteurs (H1R à H4R) avec de nombreux effets sur les organes.

Au niveau du système nerveux central :

  • céphalées,
  • nausées, vomissements
  • vertiges,
  • pertes de mémoire

Au niveau cardio-vasculaire:

  • vasodilatation,
  • tachycardie,
  • hypo/hypertension,
  • problème de régulation de la température corporelle

Au niveau respiratoire:

  • brochoconstriction,
  • production de mucus,
  • congestion nasale,

Au niveau gastro-intestinal :

  • douleurs abdominales, acidité gastrique, ballonnements, flatulences, diarrhées
  • peau : Démangeaison, rougeur, urticaire
  • reproduction : crampes utérines, augmentation de la production d’oestrogène

Pourquoi faut-il faire une diète particulière lors d’un SIBO avec réaction à l’histamine ?

La diète standard du colon irritable et du SIBO reste la diète FODMAP, pauvre en aliments fermentescibles. Toutefois, ce type de diète peut augmenter les taux d’histamine et c’est ainsi que certaines personnes sous une diète FODMAP peuvent développer une intolérance à l’histamine. Au lieu de s’améliorer sous une diète adaptée, les personnes peuvent se plaindre de l’aggravation ou de l’apparition de certains symptômes tels que :

  • une augmentation des diarrhées, des reflux d’acidité, des ballonnements ou des douleurs abdominales
  • une congestion nasale, des yeux larmoyants
  • des céphalées, ou des états d’anxiété, des insomnies,
  • des flushs cutanés, des hypo ou hypertension
  • des réactions d’urticaire ou une aggravation d’un eczéma, etc.

Dès lors, chez une personne qui ne tolère pas les aliments riches en histamine, il faut pouvoir trouver des solutions permettant de réduire ces symptômes. Bien entendu, la première chose est de réduire la consommation d’aliments riches en histamine.

Les aliments riches en histamine

Il faut en premier lieu différencier les aliments qui sont riches en histamine et ceux qui sont libérateurs d’histamine. Les aliments riches en histamine sont ceux qui ont subi un processus de fermentation ou de vieillissement (aliments fermentés, poissons fumés, fromage vieilli, etc.). Certains aliments contiennent par eux-mêmes naturellement de l’histamine tels que les tomates, épinards ou aubergines. D’autre part, certains aliments permettent une libération d’histamine tels que les aliments contenant des amines comme les cadavérines ou la putrescine (viandes rouges), ainsi que l’alcool, la famille des citrus, etc..

Voici une liste d’aliments pouvant augmenter l’histamine :

  • Les fruits de mer,
  • Les œufs,
  • Les viandes transformées, fumées ou fermentées (salami, bacon, etc.),
  • Tous les produits laitiers fermentés incluants de nombreux fromages, yaourt, kéfir…
  • Les citrus incluant les oranges, pamplemousse, citrons,
  • Beaucoup de fruits rouges,
  • Les fruits secs,
  • Les aliments fermentés : choucroute, kombucha, soja fermenté, etc.,
  • Les épinards,
  • Les tomates incluant le ketchup et sauce tomates,
  • Les épices : cannelle, anis, clou de girofle, curry, poivre de Cayenne,
  • Les boissons comme le thé, l’alcool,
  • Le chocolat et le cacao,
  • Le vinaigre et les aliments contenant du vinaigre (moutarde).

Quand et comment appliquer une alimentation pauvre en histamine lors d’une diète FODMAP

Il faut envisager de modifier une diète classique FODMAP lorsque les gens se plaignent d’une aggravation des symptômes (plus de douleurs abdominales, de reflux acides, de diarrhées, etc.) ou chez les personnes qui expriment des symptômes généraux caractéristiques de l’histamine (céphalées, rougeurs, congestion nasale, etc.).

Dans un premier temps, la nutritionniste doit envisager une diète pauvre en aliments fermentescibles (FODMAP) et pauvre en histamine, ceci pendant 2 à 4 semaines. Si les symptômes s’améliorent, on peut réintroduire les aliments qui libèrent de l’histamine et on continue à éviter les aliments riches en histamine et en fibres fermentescibles.

Si les symptômes sont améliorés et que les aliments libérateurs d’histamine sont bien supportés, alors on essaye de réintroduire les aliments riches en histamine, un par un, selon un protocole précis. Par la suite, il faut déterminer le seuil de tolérance à l’histamine pour chacun. Heureusement, souvent avec l’amélioration du SIBO, les seuils de tolérance à l’histamine peuvent augmenter rapidement. Dans l’ensemble, il est conseillé d’être suivi par une nutritionniste qui connaît l’intolérance à l’histamine et qui maîtrise ce type de diète. Pour ceux qui n’ont pas accès à une nutritionniste compétente, il y a toujours la possibilité d’être suivi online avec Karine D’oro, experte dans les diètes SIB (www.karinedoro.com).

La micronutrition en soutien

Certains compléments alimentaires peuvent stimuler les voies d’élimination de l’histamine en soutenant les voies de détoxifications principales. Il y a 3 voies différentes, la plus importante s’effectue en 3 étapes et utilise en premier la méthylation (vitamine B12, B9, B6 et magnésium) puis ensuite la MAO suivi de l’étape de l’aldéhyde déshydrogénase. La candidose peut bloquer cette dernière étape, ce qui explique que les taux d’histamine peuvent monter durant une candidose.  La voie de la DAO (diamine oxydase) peut requérir des apports supplémentaires de B6, magnésium et cuivre.

L’élimination de l’histamine au niveau intestinale peut donc être améliorée par la prise de compléments soutenant la méthylation et la DA0 (B1, B5, B6, B9, B12, magnésium) mais également en prenant de la diamine oxydase sous forme de complément alimentaire.  Des chélateurs intestinaux peuvent être également conseillé lors de crises (charbon actif, zéolite etc.), cela aura également l’avantage d’absorber les endotoxines, les pesticides, métaux lourds et gaz.

Dr A. D’oro

Dr. A. D'Oro

Dr. A. D'Oro

Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé, site: www.plomed.ch, Email: secretairedoro@gmail.com,Tel: +41.22.301.63.38, 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.