Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

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Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

Le SIBO, Partie 3 : Empêcher la récidive, la partie souvent oubliée

Le SIBO, Partie 4 : Intolérance à l’histamine

Prendre en charge un SIBO ne consiste pas seulement à éradiquer l’excès de bactéries de l’intestin grêle par des produits antimicrobiens, que ce soit des antibiotiques spécifiques ou des plantes. Le Prof. Pimentel M., un des plus grands spécialistes du SIBO, écrivait en 2016, dans une revue médicale renommée, que la prise en charge du SIBO nécessitait une approche globale (1). Nous allons voir ci-dessous les éléments déterminants d’une prise en charge globale et efficace. Une approche globale doit en effet comprendre :

  1. Une diète restrictive limitée dans le temps
  2. Des plantes antimicrobiennes ou des antibiotiques spécifiques
  3. Un soutien des processus de digestion et de l’intégrité de la paroi intestinale (leakygut)
  4. Une réduction des facteurs aggravants le SIBO (le stress avant tout)

Une diète restrictive limitée dans le temps

Pour traiter efficacement un SIBO, il faut souvent associer une diète spécifique pauvre en aliments fermentescibles. En effet, le but de la diète dans le SIBO est de minimiser les processus de fermentation en réduisant les aliments fermentescibles. Pour cela, il faut privilégier des aliments pauvres en fibres solubles ou en glucides fermentescibles. Il peut sembler étrange, lorsqu’on souffre d’un SIBO, que les aliments souvent considérés comme sains et favorables pour notre intestin, tels que les aliments fermentés, de nombreux végétaux, céréales et fruits soient mal tolérés et doivent être évités. Mais cela est nécessaire dans un premier temps afin de permettre la réduction des bactéries excessives de l’intestin grêle. Il existe plusieurs diètes possibles utilisées dans le SIBO. Probablement, la plus connue et étudiée reste la diète FODMAP. Les FODMAP désignent un ensemble de sucres à courtes chaînes qui sont contenus dans certains aliments. Souvent ces sucres à courtes chaînes sont décrits comme bons pour la santé. Ils sont en effet de véritables prébiotiques favorisant le développement d’une flore intestinale saine. Toutefois, chez les personnes souffrant d’une pullulation bactérienne de l’intestin grêle, ces sucres fermentescibles provoquent un excès de gaz responsables de nombreux symptômes. L’importance des symptômes varie en fonction de la quantité et du type de gaz produit qui, lui-même, dépend des espèces de bactéries et de leur quantité vivant dans notre intestin. Les FODMAP sont divisés en plusieurs groupes de sucres dont les principales sources sont reprises dans le tableau ci-dessous.

La diète FODMAP fonctionne bien dans les cas de SIBO légers à modérés, et surtout dans le côlon irritable, sans SIBO. Toutefois, dans les formes de SIBO plus sévères, l’ingestion de glucides, même sans FODMAP, peut être mal tolérée en raison de l’importance de la pullulation bactérienne. Il faut dès lors opter momentanément et à court terme pour une diète plus restrictive, par exemple une diète FODMAP pauvre en glucides ou une diète s’inspirant d’un régime paléo (sans FODMAPS + sans céréales, sans produits laitiers et pauvres en glucides). Il est vraiment conseillé d’être suivi par une nutritionniste qui connaît bien ces régimes afin de ne pas souffrir de carences. D’autre part, chez les personnes maigres ou qui ont tendance de perdre du poids, la diète doit être adaptée pour ne pas s’affaiblir et perdre trop de poids.

Dans le choix de la diète, il y a plusieurs protocoles possibles. On peut, par exemple débuter par une diète FODMAP classique et, si après 2 semaines, il n’y a pas de résultats significatifs, on opte pour une diète plus restrictive (paléo, pauvre en glucides). L’autre possibilité, proposée dans la diète biphasique de la Drsse JACOBI, est de commencer par une diète très restrictive (sans céréales, sans produits laitiers et sans FODMAP) et rapidement, dès que la personne va mieux (quelques jours à 2 semaines maximum), de basculer sur une diète moins restrictive en intégrant progressivement certains aliments (fruits, riz, etc.). Dans l’ensemble, ces diètes doivent être limitées dans le temps (entre un mois à 3 mois maximum), car plus de 3 mois, elles peuvent appauvrir notre microbiote et entraîner des carences nutritionnelles. Les meilleurs résultats sont toujours obtenus avec les personnes qui sont bien suivies par une nutritionniste compétente dans ce domaine.

Pour ceux qui ne peuvent pas être suivi par une nutritionniste compétente dans le SIBO, vous avez la possibilité d’être suivi online (via skype, facetime etc.) par Karine D’oro, www.karinedoro.com, qui collabore depuis des années avec moi pour le suivi de mes patients et qui a une grande expérience dans l’accompagnement du colon irritable et du SIBO.

Les traitements antimicrobiens dans le SIBO

Les antibiotiques

La médecine classique s’est attaquée au SIBO comme une infection classique et propose pour cela l’administration d’antibiotiques. Les plus utilisés sont la Rifamixin, la Néomycin ou le Metronidazole. L’avantage des deux premiers antibiotiques est qu’ils agissent principalement au niveau de l’intestin et sont peu absorbés dans le sang. Ces antibiotiques sont utilisés sur des cures de 10 à 14 jours. Souvent, les résultats sont relativement bons, mais il y a beaucoup de récidives, raison pour laquelle les antibiotiques sont utilisés de façon répétitive. Cela semble toutefois ironique d’utiliser des antibiotiques alors que les antibiotiques sont une cause de SIBO. La Rifaximin reste toutefois un antibiotique particulier. Premièrement, il n’est pas absorbé dans le sang et a un effet plus marqué sur l’intestin grêle. Deuxièmement, il ne favorise pas l’apparition de levures (candidose), et de façon incroyable il semble augmenter dans le gros intestin les bactéries amies comme les lactobacilles et les bifidobactéries. Troisièmement, il a un effet anti-inflammatoire sur l’intestin et il est extrêmement bien toléré (effets secondaires égaux à un placebo). Beaucoup de médecins anglo-saxons choisissent ce traitement en première intention (2). Le problème c’est qu’il est très cher, pas reconnu dans l’indication de SIBO en Europe et finalement il ne couvre pas une candidose associée, alors que les plantes antimicrobiennes ont un spectre plus large (levures, parasites, etc.).

Les plantes antimicrobiennes

Il existe heureusement des alternatives naturelles aux médicaments antibiotiques, à savoir les plantes antimicrobiennes et les huiles essentielles. Dans la prise en charge du SIBO, il y a plusieurs avantages à utiliser des plantes par rapport aux médicaments. En effet, il n’y a pas de problème de résistance, il y a peu d’effets secondaires et certaines plantes ont montré une efficacité identique, voire même meilleure que les antibiotiques. En effet, dans une étude de 2014, 104 personnes diagnostiquées SIBO, ont été séparées en deux groupes, l’un traité par Rifamixin et l’autre par des herbes antimicrobiennes. Les résultats ont été meilleurs dans le groupe traité par des plantes que par un antibiotique (3). Malheureusement, il y a très peu de recherche sérieuse sur l’effet thérapeutique dans le SIBO de ces plantes antimicrobiennes, par rapport aux multiples études sur les antibiotiques. Il semble que les compagnies pharmaceutiques préfèrent investir dans des médicaments potentiellement rentables plutôt que dans des remèdes naturels et bon marché.

Le protocole de la Drsse Siebecker

Voici le protocole de traitement conseillé par une des meilleures spécialistes du SIBO, la Drsse Allison Siebecker qui a traité des milliers de personnes souffrant du SIBO. Ces recommandations sont suivies avec succès par de très nombreux nutritionnistes aux USA. Elle propose de prendre en combinaison variable une à 4 plantes proposées ci-dessous pendant un à deux mois. Le plus souvent 2 plantes ensemble.

  • Un complexe de berbérine

La berbérine est peu absorbée par l’intestin et a des propriétés antibactériennes, anti-candida, anti-inflammatoires, antioxydantes et anti-diabétiques. Plus récemment, on a découvert également des propriétés protectrices de la muqueuse intestinale (4-6).

Dans le SIBO, on conseille la prise d’un complexe de berbérine composé de diverses plantes ayant de la bérbérine (Goldensealroot, oregan grape root, barberry, philolendrum et yerbamensa). Il est conseillé de prendre un complexe de minimum 2 à 3 plantes contenant de la berbérine. Ce complexe agit efficacement sur les fermentations à H2, mais agit également contre les germes gram – et les levures. La dose quotidienne doit être de 3 à 5 gr par jour.  Le produit le plus souvent utilisé chez les nutritionnistes anglo-saxons est  Berberine Complex  de chez Integrative Therapeuthics. Ce produit est difficile à obtenir en Europe. On peut toutefois le commander chez www.naturalhealthyconcepts.com. Genestra Brans commercialise un produit similaire plus accessible nommé Berberis Formula que l’on peut commander chez http://www.healthpalace.ca.

  • Neem (Azadirachtaindica)

Le Neem est une plante très utilisée en médecine ayurvédique, utilisée dans les problèmes gastro-intestinaux, protégeant l’estomac et l’intestin en aidant à éliminer les toxines et les bactéries pathogènes (7,8). Cette plante, en effet, est connue pour ses propriétés antibactériennes, antivirales, immunomodulatrices et anti-parasitaires. La dose peut varier de 900 à 1800 mg par jour répartie en 3 doses.

Exemple : AyushNeem plus 3 x 2 cp par jour. Ce produit est obtenu assez facilement, différents sites par exemple chez www.iherb.frHE d’origan

  • L’huile d’origan

L’HE d’origan a des propriétés antibactériennes, antifongiques, antioxydantes et même anticancéreuses (9-11). Il est en effet actif contre le Candida, le staphylocoque Aureus, le pseudomonas ou le Blastocystis hominis. Il est cliniquement efficace contre les fermentations à méthane et contre les candidoses. Il est conseillé de prendre une forme émulsifiée afin d’éviter un effet caustique sur les muqueuses des personnes sensibles.  Par exemple : ADP de chez Biotic 1 cp 2 à 3 X par jour. Facile à obtenir, accessibles sur de nombreux sites en France.

  • Allicine

L’allicine est un extrait d’ail concentré sans Fodmap aux propriétés antibactériennes, antifongiques et antivirales (12,13). La formule la plus concentrée sur le marché est Allimed dosé à 450 mg. La prise conseillée est de 1 à 2 cp 3 x par jour. L’Allimed peut être obtenu chez www.allimed.com mais est vendu uniquement aux thérapeutes. On a la possibilité de commander une version légèrement moins dosée en allicine, telle que  Allimax capsule Alliultra à 360 mg(www.iherb.fr), prendre aussi 3x 2cp/jour.

Protocole de la Drsse Siebecker selon le type de fermentation (traitement d’un à 2 mois) :

  • Lors d’une fermentation à hydrogène

Choisir une combinaison de 2 à 3 plantes avec les plantes proposées ci-dessus. Par exemple associer un Complexe de berbérine avec du Neem et/ou de l’Origan.

  • Lors d’une fermentation à méthane

Il est nécessaire de prendre un produit riche en allicine tel que l’Allimed et d’adjoindre de façon associée une ou deux plantes décrites ci-dessus telles que la berbérine, le neem ou l’origan. Par exemple Allimed + un complexe de berberine ou Allimed + Neem plus etc.

L’Atrantil est une alternative proposée par la Drsse Siebecker lors de fermentation au méthane. Ce produit regroupe 3 plantes (menthe, pau d’arco et conker tree) qui en synergie permettent de contrôler les archéa responsables de la production de méthane. L’Atrantil peut être utilisé seul 3 x 2cp par jour, dès que les symptômes se sont bien améliorés on peut réduire à la dose d’entretien de 2 cp 2x par jour. On peut le trouver en France sur le site : https://fr.luckyvitamin.com.

  • Lors de fermentation à hydrogène sulfureux

La fermentation à hydrogène sulfureux nécessite une prise en charge différente et plus complexe qui sera détaillée dans la partie 4 de cette série d’article sur le SIBO.

Nombreux protocoles anglo-saxons

Aux USA, le diagnostic et la prise en charge du SIBO sont bien documentés par de nombreux nutritionnistes et gastroentérologues et plusieurs protocoles sont proposés également dans divers centres médicaux réputés. Par exemple, voici les protocoles utilisés dans 2 centres réputés aux USA.

Johns Hopkins Therapy :

Ce centre médical réputé propose d’utiliser des préparations précises pendant 4 semaines avec 2 combinaisons possibles. Il s’agit bien entendu de produits commercialisés aux USA dont l’accès en France n’est pas toujours facile.

Protocole 1: Dysbiocide 2 cps 2 x par jour associé avec FC Cidal 2 cps 2 x par jour ou

Protocole 2: Candibactin-AR 2 cps 2 x par jour associé à Candibactin-BR 2cp 2 x par jour

Oregon SIBO Center therapy

Ce centre propose d’associer du Neem (AyushNeem Plus), une capsule 3 x par jour avec Apex Energetics H-PLR (combinaison de plantes à Berbérine et d’Origan) à 11 cps par jour (répartie 3 x par jour 4-3-4). Les médecins proposent, en cas de mise en évidence de méthane, de rajouter de l’Allimax Neutraceuticals US, 1 cps 3 x par jour

Pas de protocole bien documenté en France ou en Suisse

En France ou en Suisse, il n’y a pas vraiment de consensus dans les traitements ni d’études sérieuses pour évaluer l’efficacité de ces traitements. Déjà le diagnostic de SIBO est peu connu et les méthodes pour le rechercher encore moins connues. Beaucoup de naturopathes ou nutritionnistes se concentrent sur la candidose (qui est moins fréquente que le SIBO). Le seul médecin français, à ma connaissance, qui a mis au point un protocole de diagnostic (Gazdetect) et de traitement (mycéliums) du SIBO reste le Dr Donatini Bruno. Toutefois, nous n’avons pas d’évaluation scientifiquement sérieuse de ces traitements dont la composition quantitative de ces produits n’est pas clairement documentée. Je dois reconnaître toutefois que dans ma pratique ces produits semblent donner des assez bons résultats chez de nombreux patients.

En cas d’aggravation des symptômes sous traitement antimicrobien: penser au die off

Le die off est une réaction au traitement antibiotique pouvant se manifester par divers symptômes comme un état grippal ou l’aggravation momentanée de troubles digestifs. La réaction de die off résulte de la mort des bactéries due aux plantes antimicrobiennes. Cela va entraîner une libération de fragments bactériens (LPS) activant le système immunitaire. Le plus souvent, la réaction débute entre le 2ème au 5ème jour et peut durer un à 3 jours. Toutefois, dans certains cas, ces réactions peuvent apparaître dès le premier jour et s’étendre durant toute la cure, surtout avec les plantes antimicrobiennes. Ces réactions sont souvent plus marquées lors de la présence conjointe d’une candidose. Ainsi, lorsqu’on traite un SIBO, si le die off est particulièrement fort, il faut envisager une candidose associée.

Que peut-on faire lors d’une réaction de die off?

  • On peut diminuer les doses de moitié ou même stopper quelques jours. Ainsi, si en diminuant de moitié le traitement on se sent mieux, on peut rajouter un comprimé le lendemain et voir comment on se sent. Il est nécessaire de titrer le dosage selon sa tolérance. Si les réactions sont trop violentes, on arrête tout, on attend que ça se calme, puis on augmente très progressivement le traitement selon sa tolérance.
  • On peut prendre de la vitamine C à haute dose (1 gr 3 x par jour) ou des polyphénols à haute dose comme la curcumine et le resvératrol.
  • Le charbon actif peut aider à absorber les toxines et on peut prendre jusqu’à 2 cp toutes les deux heures, loin de toute nourriture ou médicament.
  • En dernier recours, on peut switcher vers un antibiotique comme la Rifaximin. En effet, pour quelqu’un de très sensible, cet antibiotique est souvent mieux toléré que les plantes anti-microbiennes.

Soutenir le processus de digestion, réparer la paroi intestinale si nécessaire

Nous avons vu que les problèmes de digestion peuvent favoriser et entretenir le SIBO et d’autre part le SIBO est une cause fréquente d’inflammation de la paroi intestinale favorisant le leakygut (perméabilité intestinale). C’est pourquoi un soutien des processus de digestion et un soutien de la fonction de la paroi intestinale sont souvent nécessaires.

Soutenir la digestion

Nous avons vu qu’une mauvaise digestion favorise les processus de fermentation et aggrave ou favorise un SIBO, raison pour laquelle il est proposé de soutenir la digestion par des plantes amères, des enzymes digestifs et si nécessaire de la bétaïne HCL. Il faut se rappeler qu’un stress chronique mal géré, la prise prolongée d’IPP ou une gastrite chronique atrophique peut réduire les sécrétions gastriques et hépatobiliaires. Dès lors, lors de la prise en charge du SIBO, on peut envisager :

  • la prescription d’un complexe d’enzymes digestifs pendant le repas,
  • la prise avant les repas de plantes amères (exemple : élixir suédois) afin de stimuler les sécrétions gastriques et biliaires. La prise de vinaigre de pomme (1 c. à soupe dans un verre d’eau avant les repas) peut également améliorer les sécrétions gastriques.
  • En cas de doute quant à une hypochlorhydrie, on peut faire des tests simples (test au bicarbonate ou au vinaigre de pomme) pour confirmer cette hypothèse. On peut également envisager un essai avec de la Bétaine HCL 650 mg, une capsule au milieu du repas pour évaluer l’intérêt d’une supplémentation d’acide chlorhydrique. La prise de bétaïne HCL est à éviter en cas de gastrite ou d’ulcère avéré ou si la prise déclenche des brûlures gastriques. On peut également discuter de la prescription d’herbes cholagogues ou de sels biliaires (Oxbile) suite à une cholécystectomie ou de problèmes de la vésicule biliaire.

Réparer la paroi intestinale

Le SIBO en endommageant notre muqueuse intestinale la rend plus perméable. Dès lors des particules alimentaires non totalement digérées et des fragments bactériens peuvent pénétrer dans notre corps, obligeant le système immunitaire à réagir. C’est ainsi qu’un SIBO peut être accompagné d’intolérances alimentaires, de céphalées, de douleurs articulaires, d’un état de fatigue chronique, etc. Cette hyperperméabilité intestinale peut également être liée à divers troubles neurologiques (migraines, autisme) ou psychologiques (dépression, anxiété). C’est pourquoi, il est souvent conseillé d’adjoindre à la prise en charge du SIBO, un traitement afin de réparer la paroi de l’intestin. Il existe de nombreuses stratégies et compléments alimentaires qui permettent cela. Ainsi pour aider les cellules épithéliales à se réparer, on peut prescrire :

  • De la L-glutamine (5 à 10 gr/j) et/ou du zinc carnosine (75 mg 2 x par jour),
  • Des apports de vitamine D et A (selon dosage sanguin) améliorant la réparation des jonctions serrées.
  • Des substances comme le colostrum ou la lactoferrine ont également un effet anti-inflammatoire et immunostimulant sur l’intestin.
  • Certains probiotiques tels que le Saccharomyces Boulardii (14) et le lactobacillus rhamnosus GG ont une action réparatrice sur le leaky gut.

Réduire les facteurs aggravants d’un SIBO

·       En premier lieu le stress émotionnel

Il est également important de se rappeler que le stress est responsable de perturbations à tous les niveaux de la digestion. Dès lors, il est important de réduire son stress en évaluant et corrigeant dans sa vie les facteurs stressants principaux, si cela est possible. L’adjonction de techniques anti-stress favorisant l’activation du tonus parasympathique est souvent conseillée, il peut s’agir :

  • d’exercices respiratoires spécifiques (respiration alternée)
  • de la cohérence cardiaque ou de la pratique de la méditation
  • de techniques de gestion des émotions comme l’hypnose, l’EMDR, le TIPI, etc.

·       Attention à certains médicaments

Certains médicaments réduisent les capacités de notre intestin grêle de se nettoyer correctement et peuvent rendre plus difficile la prise en charge du SIBO. Il faut évoquer les opiacés, les antispasmodiques, les antidépresseurs tricycliques et surtout les inhibiteurs de la pompe à proton. Beaucoup de patients qui viennent pour des troubles digestifs avec SIBO sont sous IPP. Cela complique la prise en charge, car souvent les reflux gastro-œsophagiens sont favorisés par le SIBO qui réduit la vidange gastrique. En traitant le SIBO, on améliore les reflux. Toutefois, la persistance de la prise d’IPP réduit la rapidité de traitement du SIBO. Un sevrage des IPP est important pour éviter la récidive du SIBO, mais souvent le RGO s’améliore par lui-même en traitant en premier lieu le SIBO.

Comment interpréter l’efficacité d’un traitement et quand changer ou répéter un traitement ?

En général, après un traitement antimicrobien bien conduit, on peut observer 3 résultats, à savoir une amélioration de plus de 90 % des symptômes, une amélioration partielle des symptômes ou l’absence d’amélioration.

Amélioration des symptômes de > de 90 %

Dans ce cas, le traitement est considéré comme efficace. Il n’y a pas d’intérêt à refaire un test respiratoire et on peut proposer les mesures de prévention de la récidive décrites dans la 3ème partie de cet article. Si quelque temps plus tard, on assiste à une rechute, on recommence un traitement antimicrobien.

Amélioration partielle ou pas d’amélioration des symptômes

Lorsque le traitement n’a pas été suffisamment efficace ou n’a pas modifié les symptômes, il faut refaire un test respiratoire entre 10 jours à 2 semaines après l’arrêt du traitement antimicrobien.

  • La première possibilité est que le test respiratoire continue à montrer une fermentation avec augmentation des gaz. Dans ce cas, il faut envisager un nouveau traitement antimicrobien, éventuellement en changeant le traitement de plantes antimicrobiennes ou d’antibiotiques. En effet, il n’est pas toujours facile de trouver la bonne combinaison thérapeutique et il faut quelquefois tester plusieurs protocoles.
  • La deuxième possibilité est que le test respiratoire est devenu négatif. Dès lors, il faut envisager que la cause des symptômes provienne d’autres affections (candidose, parasites, protozoaires, etc.. ). Dans ce cas, des tests complémentaires décrits dans la première partie sont nécessaires. Il faut garder en tête, qu’il existe assez fréquemment une candidose associée à un SIBO. Souvent, les plantes antimicrobiennes permettent d’agir sur le SIBO et la candidose en même temps. Toutefois, il arrive que la candidose résiste plus aux plantes en se protégeant avec un biofilm. L’adjonction d’un anti-biofilm, lors d’un nouveau traitement, est souvent conseillée.

Il faut bien garder en tête que le SIBO est une affection fréquemment récidivante et que souvent plusieurs cures d’antibiotiques ou de plantes antimicrobiennes sont nécessaires.

Dans certains cas on peut extrapoler le nombre de cures antimicrobiennes par rapport à l’importance de la fermentation de certains gaz. Ainsi, on sait, par expérience, qu’une cure d’antibiotiques ou de plantes antimicrobiennes réduit en moyenne le niveau d’hydrogène de 30 ppm. Dès lors, on peut déduire qu’une personne qui a une fermentation de plus de 100 ppm, lors d’un test respiratoire, nécessite au moins 3 à 4 cures de plantes antimicrobiennes espacées tous les 2 à 3 mois.

Dr. A. D’oro

Références

  1. Rezaie A. « How to test and treat small intestinal overgrowth : an evidence-Based Approach » Curr Gastroenterol, Rep 2016 Feb;18(2):8
  2. Bruzzese E. “Pharmakokinetic drug evaluation of rifaximin for treatment of diarrhea-prdominent bowel syndrome” Expert Opin Drug Metab Toxicol 2018 Jul;14:753-760
  3. Chedid V « Herbal therapy is equivalent to rifaximin for the treatment of small intestinal bacterial overgrowth » Glob Adv Health Med 2014 May ;3(3) :16-24
  4. Zhou X “ Berberine treatment increases Akkermansia in the gut and improve high fat dietr induced atheriosclerosis in Apoe – mice” Atheriosclerosis 2018 Jan;268:117-126
  5. Li D Zheng “ Amelioration of intestinal barrier dysfunction by berberine in the treatment of non alcoholic fatty liver diseases in rats” Pharmacogn Mag. 2017 Oct-Dec;13:677-682
  6. He Y “Activation of IGF-1/IGFBP-3 signaling by berberineimproves intestinal mucosal barrier of rats with acute endotoxemia” Fitoterapia 2018 jan;+24:200-2005
  7. Al Saiqali M “Antimicrobialand anticancer potential of low molecular weight polypeptides extracted and characterized from leaves of Azadirachta indica” Int J Biol Macromol 2018 Jul 15;114:906-921
  8. Barua Dr “Efficacy of NeemExtract and Three Antimicrobial Agents Incorporated into Tissue Conditioner in Inhibiting the Growth of C. Albicans and S. Mutans” J Clin Diagn Res 2017 May;11(5)
  9. Ebani VV “Antimicrobial Activity of five essential oils against bacteria and fungi responsible for urinary tract infections” Molecules 2018 Jul 9;23
  10. Meabed EMH “Chemical analysis of aqueous extracts of Origanum and their efficacy on Blastocystis spp.cysts” Phytomedecine 2018 Apr 1;43:158-163
  11. Leontiev R “A comparaison of the antibacterial and antifungal activities of thiosulfinate analogue of allicin” Sci Rep 2018 Apr 30;8
  12. Burian JP “Fungal infection control by garlic extracts (Allium sativum L.) and modulation of peritoneal macrophages activity in murine model of sporotrichosis” Braz J Biol. 2017 Nov;77(4):848-855
  13. Terciolo C “Saccharomyces boulardiiCNCM I-745 Restores intestinal Barrier Integrity by Regulation of E-cadherin Recycling” J Crohns Colitis 2017 Aug 1;11(8):999-1010
  14. Han X “Lactobacillus rhamnosusGG prevents epithelial barrier dysfunction induced by interferon-gamma and fecal supernatants from irritable bowel syndrome patients in human intestinal enteroids and colonoids” Gut Microbes 2018 Jul 24

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle, Partie 1 : Comprendre et diagnostiquer

Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

Le SIBO, Partie 3 : Empêcher la récidive, la partie souvent oubliée

Le SIBO, Partie 4 : Intolérance à l’histamine

Dr. A. D'Oro

Dr. A. D'Oro

Consultations en Micronutrition et Alimentation Santé, site: www.plomed.ch, Email: secretairedoro@gmail.com,Tel: +41.22.301.63.38, 

  16 comments for “Le SIBO, quand vos problèmes de santé viennent de l’intestin grêle Partie 2 : La prise en charge

  1. Avatar
    David
    31 décembre 2018 at 20 h 40 min

    Merci beaucoup pour cet article qui m’a bien éclairé sur le sujet. J’ai 28 ans et ça fait maintenant environ 8 ans que je suis constamment ballonné de manière très handicapante (éructations très fréquentes). Je soupçonne bien évidemment l’IPP que j’ai pris vers l’âge de 20 ans quand je souffrais de brûlures d’estomac d’être responsable des ballonnements. Cette dernière année, j’ai enfin vraiment commencé à chercher à combattre le problème. Je me suis mis au jeûne intermittent et aux jus de légumes-fruits (merci Thierry Casasnovas). Ca soulage déjà beaucoup de ne manger plus qu’1 voir 2 repas solides journaliers, en fin de journée. Je compte maintenant m’attaquer à la source du problème. Je vais donc tester plusieurs semaines de régime FODMAP + plantes anti-microbiennes. Avez-vous des recommandations? Pensez-vous que je devrais quand même faire le test respiratoire?
    Aussi depuis 1 à 2 semaines je souffre de maux de ventre quelques temps après la plupart de mes repas bien que je passe une grande partie de mes journées à jeûner. Ca ressemble à une gastro, pensez-vous que ça puisse être autre chose?
    Merci beaucoup, cordialement et belle nouvelle année!

    • Dr. A. D'Oro
      4 janvier 2019 at 11 h 38 min

      Bonjour,

      Le mieux c’est de faire des bilans comme les tests respiratoires au lactulose et être
      sûre de ne pas avoir une intolérance au fructose ou au lactose. De plus l’analyse
      du microbiote par séquençage ADN est une option intéressante pour évaluer l’état de votre microbiote.

      Mais vous pouvez bien entendu faire une approche pragmatique et de traiter une suspicion de SIBO
      par une diète de type FODMAP, pauvre en glucides également avec des plantes antimicrobiennes.
      Il est important aussi de soutenir la digestion au niveau gastrique et hépato-biliaire.
      Prenez des enzymes digestifs (par exemple ceux de supersmart) pendant les repas, adjoindre
      éventuellement des plantes amères pour la bile et les sécrétions de l’estomac comme la gentiane, artichaut etc. La préparation la plus simple c’est l’élixir du suédois avant le repas. Faite le test avec la bétaine HCL pour voir si vous avez besoin d’un supplément d’acide ou non (voir aussi test au bicarbonate de soude et au vinaigre de cidre
      que vous trouvez dans l’article 2 sur le RGO).

      Bon courage

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  2. Avatar
    15 janvier 2019 at 13 h 25 min

    Bonjour,

    merci pour votre série d’article tres complets sur le SIBO. J’avais beaucoup lu d’articles américains sur le sujet mais je trouve votre approche tres globale et précise.
    Je viens justement d’etre consultée par une cliente en “errance médicale” avec d’énormes problèmes de ballonnements au niveau estomac et haut de l’intestin grele (surtout le matin à jeûn! mais aussi le reste de la journée), qui a une perméabilité intestinale OK, pas d’inflammation (calprotectine OK) mais par contre gastrite et déficit pancréato-biliaire (par contre, chose étrange, le test au bicarbonate de soude le matin montre une achlorydrie…mais son analyse de selles montre une digestion normale au niveau de l’estomac + pas de carence en B12). Selles normales et régulières aussi….

    Bref, j’ai pensé à un SIBO causé par son insuffisance pancreato-biliaire. Elle avait fait un test de gaz expiré qui ne montrait ni H2 ni méthane mais du méthyacétate. Vous n’en parlez pas dans cet article (manifestement seul Donatini le mesure). Sauriez vous me dire quelle plante antibiotique serait la plus adaptée dans ce cas? je pensais Berbérine et neem (intestin tres sensible donc je prefere eviter l’HE d’origan).
    NB: je vais aussi lui prescrire des plantes adaptées pour booster l’axe pancréatico-biliaire et l’estomac.

    Enfin, dernière question, concernant l’alimentation. On lit beaucoup de choses sur le régime SCD (regime en glucides spécifiques) qui tend à enlever toutes les céréales et les féculents,. Il apporterait de meilleurs résultats que le régime FODMAP…mais quand je vois que des aliments riches en inuline s’y trouvent (et que la patiente réagit à tout ce qui est chou, poireaux, asperges,etc…), j’ai des doutes…. Qu’en pensez vous?

    merci de votre partage d’expertise

    • Dr. A. D'Oro
      18 janvier 2019 at 23 h 58 min

      Bonjour,

      Merci pour vos commentaires et questions intéressantes.
      Je soulignerais quelque points, le test du bicarbonate n’est pas un test toujours fiable, dans le doute faire un test avec la bétaine Hcl à dose progressive. Si vous suspecter un problème d’insuffisance pancréato-biliaire, avez vous dosé l’élastase fécale et les graisses fécales dans les selles.et quel est l’état de sa vésicule biliaire (échographie). Comme complément connaissez vous chez Biotic research, Beta plus, c’est un produit a essayer.

      Le test respiratoire par le Gazdetect proposé par le Dr Donatini ne me semble largement pas fiable dans la qualité des mesures,
      il est préférable d’utiliser une machine professionnel en laboratoire avec un enregistrement toutes les 20 à 30 min sur 3 heures
      pour avoir la dynamique des gaz et une fiabilité sur les valeurs obtenues. Le methylacétate que dose le Dr Donatini n’a jamais été
      fait référence nul part comme gaz pathologique. Aucuns spécialistes, ou centre de recherche dans le monde fait référence
      à ce gaz. Les consensus internationaux sur les sujet des gaz respiratoire ne font références qu’à l’H2, le méthane et récemment des machines sont commercialisées pour l’H2S.
      Le régime SCD est vraiment très efficace mais difficile à suivre, il faut je pense le coupler avec le régime FODMAP.
      JE pense que le régime FODMAP dans les cas de colon irritable ou SIBO modéré suffit largement, dans les cas plus difficile
      un FODMAP + paléo low carb ou un FODMAP + CDC est encore plus efficace. MAis attention que dès que le digestif va mieux de rapidement réintroduire des prébiotiques selon tolérance pour ne pas appauvrir le microbiote, favorisant la récidive d ela dysbiose.

      Sincèrement
      Dr A. D’oro

  3. Avatar
    Ibrahim
    28 janvier 2019 at 9 h 22 min

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour vos articles qui sont jusqu’a present les plus complets que j’ai lus en langue francaise sur le SIBO.

    Apres plus de 10 mois de troubles gastriques intermittents dont une crise en cours depuis un mois et demi (les symptomes principaux etant eructations persistentes, genes et douleurs abdominales), deux fibroscopies, une colonoscopie, divers tests sanguins et d’intolerance, une exposition intermittente aux IPP, j’ai fait un test de respiration au glucose avant-hier qui montre : 1/ une valeur a jeun elevee (31 ppm) et 2/une augmentation a 45ppm au bout de 45 minutes pour redescnedre a 28 ppm au bout d’une heure, ce qui permet de dire que le test est positif au SIBO.

    Je pense que le SIBO a ete induit par 1/ un dysfonctionnement du CMM du a une prise prolongee d’anti-inflammatoires pour differentes causes les deux dernieres annees ainsi que des facteurs de stress et 2/ une baisse de l’acidite de l’estomac due a la prise prolongee d’IPP et a aussi des facteurs de stress. Le tout a ete exacerbe par des episodes de diete riche en FODMAP.

    Concernant la prise en charge du SIBO, vous ne semblez pas mentionner la prise de probiotiques (sans prebiotiques), notamment les lactobacillus et bifidobacteria responsable de la bonne acidite dans le duodenum, et qui semble etre une pierre angulaire de la prise en charge aux cotse du regime faible en FODMAP et du traitement anitibiotique. Vous ne les citez que dans la partie “reparer la paroi intestinale”
    https://siboguru.com/sibo-why-probiotics-are-a-necessary-part-of-treatment/

    Y a-t-il une raison particuliere pour ce differentiel de traitement ?
    Aussi j’aimerais connaitre la sequence de la prise en charge : d’abord la diete pauvre en FODMAP, ensuite les probiotiques, ensuite le traitement antibiotique, ensuite les complexes digestifs/plantes/ameres/vinaigre de cidre ? Y a-t-il un ordre a suivre en particulier ou bien tout doit se faire en meme temps ?

    Bien a vous,

    Ibrahim

    • Dr. A. D'Oro
      28 janvier 2019 at 21 h 56 min

      Bonjour,

      merci pour vos remarques qui sont particulièrement intéressante. Votre test respiratoire au
      glucose semble indiqué un SIBO, je reste un peu étonné des valeurs hautes à jeun qui sont anormalement hautes.
      Soit la préparation au test n’a pas été bonne soit il existe une possible inflammation au niveau du duodénum
      avec phénomène d’autophagie pour expliquer que vos bactéries se nourrissent à jeun.

      Si je ne parle pas des probiotiques c’est uniquement parce que le sujet n’est pas suffisamment étayé scientifiquement. Il ne semble pas y avoir de grosses contre indications à prendre des probiotiques même durant un traitement antibactérien, il suffit de prendre au moins 3 h après la dernière prise de plantes antimicrobiennes.
      L’utilité des probiotiques durant la prise en charge du SIBO dans un premier temps n’est pas démontré, on peut craindre que certains lactobacilles puissent augmenter les doses de lactates dans l’intestin grêle ce qui peut être mal tolérés. De nombreuses personnes souffrant de SIBO peuvent s’aggraver au début c’est pourquoi on les utilisent souvent dans un 2ème temps. Il existe toutefois des souches spécifiques qui peuvent aider à réduire certains symptômes durant le SIBO. Il s’agit d’un sujet assez controversé et je ne pense pas que les probiotiques soient un premier choix de suite dans la prise en charge du SIBO. D’autres spécialistes pensent le contraire, ainsi le Dr Kresser aime à prescrire des probiotiques du sol qui seraient très performants dans le SIBO toutefois les études manques dans ce domaine. Je préfère donc les donner après une phase d’anti-microbiens avec des exceptions.

      La question de la séquence du traitement est une question difficile.
      Certains spécialistes comme le Dr Pimentel propose de donner le traitement antimicrobien
      avant la diète. L’explication serait que les bactéries vont plus consommer les antimicrobiens
      dans une diète normale alors que lors d’une diète restrictive ils vont se mettre au repos. D’autres spécialistes comme la Dr Jacobi propose une approche bi phasique en commençant par la diète et l’amélioration des processus digestifs et de l’intestin avant de donner des antimicrobiens. Cela permet d’avoir moins de réaction de die off. D’autres donnent le traitement antimicrobien avec la diète. Il n’y a donc pas de vérité absolue.
      Personnellement, je donne souvent la diète FODMAP avec les produits antimicrobiens et en même temps
      je prescris si nécessaire des enzymes, des plantes amères, voir de la bétaine HCL si signes d’hypochlorhydrie.
      Après cela, je réintroduit de façon séquencée les 5 classes de FODMAP et essaye de réintroduire selon tolérance
      les aliments prébiotiques selon tolérance ainsi que des produits lacto-fermentés et des probiotiques.
      La partie la plus importante est de comprendre les facteurs qui ont amené au SIBO et de les corriger.

      Je ne suis pas convaincu de la nécessité des probiotiques dans le SIBO et cela varie d’un auteur à l’autre.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  4. Avatar
    Chuffart
    6 février 2019 at 20 h 16 min

    Bonjour ! Un SIBO a été diagnostiqué suite à une gastro-duodénoscopie. J’ai lu avec grande attention vos articles sur cette maladie. J’y ai trouvé à trois reprises une mention telle que : « la stimulation du système nerveux parasympathique permet d’optimiser le fonctionnement de l’intestin ».
    Souffrant d’une rétinopathie centrale séreuse depuis maintenant plus de 20 ans, je prends chaque jour un bêtabloqueur, un demi Concor 2.5. Grâce à ce traitement expérimental, j’ai pu conserver la vision de mon œil droit.
    Questions : 1) Serait-il possible que la motilité de mon intestin grêle soit aujourd’hui affectée par ce médicament que je ne peux pas arrêter de prendre ? 2) Le cas échéant, connaissez-vous un bêtabloqueur qui ne soit pas, ou moins, nocif pour l’intestin grêle ?
    D’avance un grand merci.

    • Dr. A. D'Oro
      10 février 2019 at 23 h 54 min

      Bonjour,

      Je ne pense pas qu’un beta bloquant puisse provoquer un SIBO. En contre partie le béta bloquant peut gêner la conversion de la T4 en T3
      avec un possiblement ralentissement de la thyroide.
      D’habitude ce sont plutôt les opiacés, les IPP, les antispasmodiques ou certains antidépresseurs qui peuvent poser problème dans le SIBO.
      Si un SIBO est vraiment confirmé, il faut le traiter et voir après les causes qui ont pu le provoquer.

      Sincèrement

  5. Avatar
    causse
    27 février 2019 at 12 h 20 min

    Bonjour
    J’ai eu des très fors taux de methyl acetate et bon SIBO également.
    J’ai eu la methode Donatini, qui n’a fait qu’aggraver ma dysbiose en M Acetate et à engendrer un SIBO (non présent au début).
    je voudrais savoir quel type de disrupteur de biofilm vous utilisez.
    Je me suis soigné seul par la suite avec ce disrupteur de biofilm: Interfase plus de chez Klaire Labs, mais tres difficile à trouver en livraison pour la France.
    J’avais utilisé aussi acide caprilic, monolaurin, allimax en liquide (utilisation de gelules avec maltodextrine est elle vraiment à proscrire pour éviter la formation de biofilm comme certains le disent?) + champignons reishi en gelules + glutamine etc….et forts regimes!
    apres un mieux de 5 mois, rechute.
    L’utilisation d’origan n’est elle pas hépatotoxique? idem cannelle?
    Bien cordialement
    RC

    • Dr. A. D'Oro
      27 février 2019 at 13 h 32 min

      Bonjour

      JE n’utilise plus les produits du Dr Donatini et je ne crois pas à la réalité scientifique du methyl acétate.
      Il est préférable de faire un test respiratoire professionnel sur 3 heures avec une machine sérieuse.
      Maintenant, à ma connaissance, le meilleure produit contre les biofilms serait
      Biofilm Phase-2 Advanced de chez Priority one.
      L’utilisation d’origan est très bien, c’est la dose qui fait le poison comme toutes les HE,
      Dans les produits du Dr Donatine, la canelle et l’origan sont à très faible dose donc pas d’inquiétude.

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

      • Avatar
        Causse
        27 février 2019 at 14 h 19 min

        Merci pour votre retour.
        Connaissez vous des praticiens sur paris le réalisant ce test?
        Sinon j avais utilise aussi dysbios aroma de chez salvia, mais très caustique…
        L’origan en extrait de racine dans les compléments avec berberine dont moins caustique qu en huile essentielle? Je suis devenu tres sensible aux HE suite au dysbios aroma niveau urinaire.

        • Dr. A. D'Oro
          27 février 2019 at 23 h 06 min

          Non,

          Je ne connais pas sur Paris qui pourrait faire ces tests,
          je sais qu’on peut les faire à distance mais c’est surtout vers des pays anglo-saxons.

          J’ai essayé à 2 reprises les préparations d^HE salvia, effectivement mal tolérées.
          J’utilise comme huile d’origan, ADP Biotic qui est une forme émulsionnée beaucoup mieux tolérée.

          Après le problème c’est de pas s’acharner à assainir sa flore mais également à retrouver un microbiote plus diversifié.

          Sincèrement

          Dr A. D’oro

  6. Avatar
    Causse
    2 mars 2019 at 14 h 54 min

    Merci bien.
    J ai également une gastrite. On m’a prescrit des IPP.
    Mais pour le sibo je prends de l allimed liquide. Cela est déconseillé avec une gastrite? Sous forme de gélule est ce mieux?
    Idem quand on a mauvaise digestion de l’estomac: hcl m’irrite et enzymes avec beaucoup de proteases aussi (chez enzynutrics total)..quoi prendre pour soulager la digestion et gastrite?
    J’ai entendu parlé de licorice (DGL), avez vius un retour dessus?
    Merci beaucoup
    Romain

    • Dr. A. D'Oro
      7 mars 2019 at 21 h 49 min

      Bonjour

      JE vous invite à lire mon dernier article sur l’hélicobacter, en 2ème partie il y a des stratégies pour réparer la muqueuse gastrique.

      La partie 3 sur le RGO donne aussi un protocole pour les gastrites

      Sincèrement

      Dr A. D’oro

  7. Avatar
    Causse
    11 mars 2019 at 10 h 19 min

    Merci pour vos retours, j avais encore quelques précisions à demander: certains auteurs affirment que la berberine est un antimicrobien a large spectre donc impactant également notre microbionte. Donc un produit moins intéressant que la cannelle (ex john herron dans theguthealthprorocol).
    Qu’en penser?
    Aussi que faire pour soulager la digestion lorsque la gastrite ne permet pas de supporter des enzymes digestives? (Enzynutrics total).

    • Dr. A. D'Oro
      15 mars 2019 at 23 h 43 min

      Bonjour

      Merci pour vos commentaires,

      Toutes les plantes antimicrobiennes ou les huiles essentielles devraient être prises
      sur des périodes limitées maximum à 3 mois,
      toutefois pour la berbérine certaines études ont montré un effet protecteur du microbiote en préservant
      les bactéries amies comme les bifidobactéries et la protection contre les pathogènes. De plus la berberine en modifiant le microbiote a un effet protecteur sur diverses maladies métaboliques.

      Modulation of Gut Microbiota by Berberine Improves Steatohepatitis in High-Fat Diet-Fed BALB/C Mice

      Berberine Directly Affects the Gut Microbiota to Promote Intestinal Farnesoid X Receptor Activation.

      Berberine treatment reduces atherosclerosis by mediating gut microbiota in apoE-/- mice

      etc..

      Sincèrement
      Dr A. D’oro

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