Pour vos reflux d’acidité (RGO), il semble préférable d’éviter les inhibiteurs de la pompe à protons (Partie 1/3)

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2ème partie : Traiter vos reflux d’acidité (RGO) par des méthodes naturelles

3ème partie: Protocoles naturels pour traiter vos reflux d’acidité (RGO) et apprendre à vous sevrer des IPP.

Introduction

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est un trouble digestif qui concerne des millions de personnes dans le monde. Les symptômes de ce trouble sont variables pouvant se manifester par des douleurs à la poitrine, des brûlures d’estomac, des remontées d’acidité dans la bouche ainsi qu’une toux sèche persistante.

Des millions de personnes prennent chaque jour un médicament antiacide dont les plus connus sont les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, pantoprazole,,lanzoprazole, etc…). Ces médicaments sont devenus la 3ème classe de médicaments les plus vendus au monde générant des milliards de profit pour l’industrie pharmaceutique.

A l’origine, ces traitements devaient être prescrits à court terme pour traiter l’ulcère d’estomac, mais aujourd’hui ils sont le plus souvent utilisés au long cours pour traiter les reflux d’acidité et les brûlures d’estomac. En effet, il est beaucoup plus lucratif pour les firmes pharmaceutiques de vendre une pilule que vous prenez à vie plutôt que de traiter la cause en promouvant des changements de mode de vie alimentaire et de gestion du stress. Nous verrons dans cet article que la liste des effets secondaires est loin d’être exhaustive et que les études se multiplient pour remettre en question la sécurité de ces traitements antiacides. L’utilisation ponctuelle sur quelques semaines lors de gastrite érosive ou d’ulcère gastro-duodénal est justifiée, toutefois l’utilisation au long cours doit être remise en question surtout dans des reflux modérés.

Méfiez-vous des inhibiteurs de la pompe à protons

estomacLa plupart des gens ne sont pas conscients que l’acidité de notre estomac a un rôle vital pour notre santé. Le fait de réduire de façon prolongée par des médicaments l’acidité de notre estomac va avoir des conséquences néfastes. En effet la réduction de l’acidité va favoriser, entre autres ; une pullulation bactérienne, une diminution de l’absorption de nutriments, une diminution de notre résistance aux infections, une augmentation des risques de diverses maladies, dont l’infarctus du myocarde ou la démence.

Une prolifération des germes gastro-intestinaux

Des études ont confirmé que les IPP peuvent profondément altérer la population bactérienne gastro-intestinale par suppression de l’acidité de l’estomac. Ainsi des chercheurs italiens ont retrouvé une pullulation bactérienne de l’intestin grêle chez 50% des patients consommant des IPP alors qu’elle était présente seulement chez 6% des sujets contrôles (1).

Une diminution de l’absorption des nutriments, des vitamines et des minéraux

Une bonne acidité de l’estomac est un prérequis nécessaire pour une bonne digestion. La digestion de certains nutriments nécessite une fenêtre étroite d’acidité pour être optimum. Quand on mange, la sécrétion d’acide de l’estomac (HCL) permet une activation de la production de pepsine, enzyme permettant la digestion des protéines.

Si l’acidité est trop diminuée, les niveaux de pepsine sont insuffisants pour digérer correctement les protéines avec comme risque, une déficience d’acides aminés et une putréfaction intestinale par mal digestion.

De plus, avec la diminution de l’acidité, l’absorption de divers micronutriments est réduite. Plusieurs études ont examiné l’effet négatif des IPP sur l’absorption du fer (2,3) de la vitamine B12 (4).  D’autres études montrent également une réduction de l’acide folique (5), du magnésium (6) ou du zinc (7).

Une première ligne de défense contre les germes

L’acidité de l’estomac empêche les bactéries présentent dans notre nourriture d’atteindre notre intestin, dans un même temps l’acidité de l’estomac empêche également les bactéries de notre intestin de remonter vers l’estomac et l’œsophage.

L’acidité de notre estomac est par conséquent un mécanisme majeur de défense de notre organisme. Quand le ph de l’estomac est en dessous de 3 (acidité normale lors d’un repas), une bactérie ne survit pas plus de 15 minutes.  Mais si le ph monte en dessus de 5,  beaucoup de bactéries peuvent se développer.

Lorsque l’on sait qu’un médicament antiacide de type IPP réduit la sécrétion d’acidité de 90 à 95%, on comprend que notre estomac ne joue plus son rôle protecteur. Bien entendu, la plupart de ces bactéries ne vont pas nous tuer, mais certaines vont être capables de nous affaiblir et favoriser des infections intestinales sérieuses (8).

Non seulement ces médicaments augmentent notre susceptibilité à faire une infection, mais probablement affaiblissent également nos capacités immunitaires (9).

Augmentation des risques de diverses maladies, dont l’infarctus du myocarde

Une étude récente de la Stanford University a montré que les inhibiteurs de la pompe à protons sont liés à un risque augmenté d’infarctus du myocarde et de la mortalité, même chez les personnes ne souffrant pas de maladie du cœur (10). Selon les chercheurs de Stanford, les gens prenant des IPP étaient 16 à 21% plus à risque de présenter une attaque cardiaque et 122% plus à risque de mourir de maladie cardiovasculaire.

Les IPP semblent représenter actuellement un facteur de risque indépendant pour le risque d’infarctus du myocarde (11).Les inhibiteurs de la pompe à protons sont également accusés d’augmenter le risque d’ostéoporose par réduction de l’absorption de calcium (12).D’autres études ont montré une augmentation du risque de pneumonie surtout en milieu hospitalier (13). Ceci a été confirmé récemment dans une étude systématique de la littérature (méta analyse) (14). De plus, récemment des études ont suggéré que la consommation chronique de IPP semble également favoriser la démence en augmentant les dépôts de bêta amyloïde dans le cerveau (15, 16,17)

Les inhibiteurs de la pompe à protons, un traitement addictif

La prescription d’un IPP n’est pas un acte anodin, une fois le traitement débuté, vous risquez d’avoir beaucoup de difficultés à l’arrêter en raison de l’effet rebond d’acidité. Ainsi dans une étude médicale de 2010, on a suivi 48 personnes en bonne santé,sans symptômes, que l’on a séparées en deux groupes, un groupe prenait un placebo et l’autre groupe prenait 40mg de Pantoprazole (IPP) pendant un mois. A l’arrêt du traitement, 44% des personnes ayant pris le pantoprazole ont présenté des gastralgies lors de la première semaine d’arrêt du traitement en raison d’un rebond d’hypersécrétion d’acidité (18). Dès lors, il faut bien réfléchir lorsque l’on vous propose un traitement test d’antiacides (IPP) sans diagnostic très précis, car on risque d’ouvrir la boîte de Pandore. De plus, d’expérience, l’arrêt d’un traitement pris depuis des mois ou des années reste difficile avec des rebonds d’acidité dès la diminution du traitement faisant croire à la nécessité de la poursuite du traitement. Il est nécessaire de refaire le point avec votre médecin sur la nécessité du traitement puis de réduire le traitement progressivement de façon associée avec des traitements naturels efficaces, le mieux étant d’être accompagné dans ce sevrage.

2ème partie : Traiter vos reflux d’acidité (RGO) par des méthodes naturelles

3ème partie: Protocoles naturels pour traiter vos reflux d’acidité (RGO) et apprendre à vous sevrer des IPP.

Références :

  1. Increased incidence of small intestinal bacterial overgrowth during proton pump inhibitor therapy .Lombardo L, Foti M, Ruggia O Clin GastroenterolHepatol. 2010 Jun;8(6):504-8
  2. Gastric acid secretion in chronic iron-deficiency anaemia.Jacobs A, Lancet. 1966 Jul 23;2(7456):190-2.
  3. The importance of gastric hydrochloric acid in the absorption of non heme food iron.Bezwoda W, J Lab Clin Med. 1978 Jul;92(1):108-16.
  4. Do acide-lowering agents affect vitamin B12 status in older adults ?.Dharmarajan TS J Am Med DirAssoc 2008 Mar :9(3) :162-7
  5. Effect of antacid and H2 receptor antagonists on the intestinal absorption of folic acid. Russell RM1, Golner BB, J Lab Clin Med. 1988 Oct;112(4):458-63.
  6. Symptomatic hypomagnesemia and proton pump inhibitors.Indian
    J Crit Care Med. 2014 Nov;18(11):765
  7. Effect of Intragastric pH on the Absoption of Oral Zinc Acetate and Zinc Oxide in Young Healthy Volonteers  Lisa M Henderson, Journal of Parenteral and Enteral Nutrition 2014
  8. Systemic Review of the Risk of enteric Infection in Patients Taking Acid Suppression. Jennifer Leonard.. American journal of Gastroenterology, 2007
  9. Proton Pump Inhibitor use and enteric Infections. M. Sandra Dial American Journal of Gastroenterology 2009, 104 :S10-S16
  10. Proton Pump Ihnibitor Usage and the risk of Myocardial Infarction in the général Population Nigam H. Shah. PLOS One, june 10, 2015 http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0124653
  11. Proton pump inhibitor use represents an independent risk factor for myocardial  infarction Chia-JenShih, Int J Cardiol. 2014 Nov 15 ; 177(1) :292-7
  12. Long term proton pump ihnibitor therapy and risk of fracture Yang JAMA 2006 Dec 27 ;296 (24) :2947-53
  13. Risk of community-acquired pneumonia and use of gastric acid-suppressive drugs Laheij RJ.  JAMA 2004 Oct 27 ;(292)16 :1955-60
  14. Risk of community-acquired pneumonia without patient proton pump ihnibitor therapy : a systemic reviev and méta-analysis Lambert AA Plos One 2015 jun 4 ;10(6)
  15. Risk of dementia in eldery patients with the use of proton pump ihnibitors, Haenisch S. EurArchPsychiatry Clin Neurosc 2015 Aug ; 265(5) :419-28
  16. The proton-pump ihnibitor lanzoprazole enhances amyloid beta production Badiola N PLOS One 2013 ;8(3) : e 58837
  17. Proton pump ihnibitors : predisposers to Alzheimer disease ? Fallazadeh MK, J clin PharmTher 2010 Apr ;35 (2) :125-6
  18. Dyspeptic symptome development after discontinuation of a proton pump inhibitor : a double-blind placebo-controlled trial. Niklasson A., Am J Gastroenterol 2010 jul ;105(7) :1531-7

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